2026. L’USFP prédisposé à gouverner et à restaurer la confiance


Mohamed Assouali
Jeudi 5 Mars 2026

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A l’approche des échéances de 2026, le débat ne peut être réduit à une simple compétition arithmétique. La véritable question ne se limite  pas au nombre de sièges à conquérir, mais  concerne aussi la capacité à gouverner, orienter les choix stratégiques et impulser une réforme crédible. Les élections ne sont pas une fin en soi; elles sont un instrument de transformation. L’Union socialiste des forces populaires aborde cette étape avec lucidite, réalisme, préparation méthodique et  ambition claire: convertir la dynamique que connaît le parti en une présence forte lors des prochaines échéances électorales, et affirmer sa disponibilité à être à la disposition des électeurs pour porter leurs aspirations à plus de justice sociale.

I. Une préparation structurée: la crédibilité avant la conquête

Les victoires durables ne s’improvisent pas. Elles se construisent dans la constance, la discipline organisationnelle et l’enracinement territorial.
L’USFP a engagé un travail de fond matérialisé par la tenue de plus de 72 congrès provinciaux, un dialogue direct avec des milliers de citoyens et une consolidation effective de ses structures. Le douzième congrès national n’a pas été un simple rendez-vous statutaire; il a constitué un moment de clarification stratégique et de renouvellement institutionnel.

Conseil national, commissions d’arbitrage et d’éthique, commission de contrôle financier, Bureau politique et secrétariats sectoriels ont été élus dans le respect des règles démocratiques. Cette architecture interne n’est pas formelle : elle garantit la cohérence, la discipline et la transparence.

Parallèlement, le parti a engagé une réflexion programmatique fondée sur des diagnostics territoriaux, des contributions sectorielles et des journées d’étude thématiques. Le projet n’est pas rédigé en huis-clos; il s’appuie sur des données concrètes et des expertises spécialisées.

A cette structuration s’ajoute un impératif contemporain : la maîtrise du champ numérique. A l’ère des algorithmes et de la désinformation, la bataille politique est aussi narrative. Investir l’espace digital, former des cadres compétents et défendre un discours rationnel constituent aujourd’hui une condition essentielle de compétitivité démocratique.

II. Face aux limites du modèle actuel: construire une alternative social-démocrate crédible

Le contexte national impose lucidité et courage politique. Les dysfonctionnements persistants dans la santé, l’éducation et l’emploi révèlent les limites d’une approche fragmentée du développement.

La pénurie de ressources humaines dans le système de santé, la crise de qualité dans l’éducation et la montée du chômage des jeunes traduisent un écart préoccupant entre ambitions affichées et résultats tangibles. Une logique libérale sélective et rentière a accentué les disparités territoriales au lieu de les réduire.

Peut-on consolider l’Etat social sans réhabiliter le rôle stratégique de l’Etat dans la planification et l’investissement public productif? Peut-on parler d’équité territoriale sans doter la régionalisation avancée de moyens financiers effectifs?

L'USFP essaye en effet de répondre à ces impératifs. Dans cette optique, elle offre une alternative qui repose sur quatre piliers structurants :
- Une réforme fiscale équitable et redistributive;
- Un investissement prioritaire dans la santé et l’éducation publiques;
- Une politique industrielle tournée vers l’emploi productif et l’innovation;
- Une régionalisation dotée de ressources stables et transparentes.
La croissance ne suffit pas; elle doit être inclusive. Le développement ne se mesure pas uniquement en indicateurs macroéconomiques ; il se juge à l’aune de la dignité humaine et de la justice sociale.

III. Reconquérir la confiance: cohérence, exemplarité et présence

La confiance ne se décrète pas. Elle se construit dans la cohérence entre le discours et l’action.
La prochaine bataille électorale sera autant éthique que programmatique. Un projet politique solide perd toute crédibilité sans présence effective sur le terrain et sans engagement moral clair.

Le candidat socialiste doit incarner la proximité, la compétence et l’intégrité. Il doit être présent dans les quartiers comme dans les institutions, actif dans l’espace numérique comme dans l’action locale, et doit porter un discours clair et responsable.
Mais au-delà des individus, c’est une culture politique qu’il faut consolider: transparence financière, respect des règles démocratiques, discipline interne et refus de toute influence indue.
Lorsque la préparation organisationnelle rencontre l’exigence éthique, la crédibilité devient force politique. Et lorsque la crédibilité s’installe, la confiance suit.

Conclusion: 2026, un tournant politique et non un simple scrutin

Le Maroc se trouve à un moment charnière. Soit il poursuit une gestion technocratique à impact limité, soit il engage une transition vers un modèle plus équilibré, plus solidaire et plus démocratique.
2026 ne doit pas être un simple rendez-vous électoral; elle doit constituer un tournant stratégique. L’USFP ne se prépare pas pour participer, mais pour peser. Non pour témoigner, mais pour gouverner.

Forte de ses acquis organisationnels, de sa cohérence idéologique et de son engagement éthique, l’Union socialiste met ses capacités au service d’une coordination des forces démocratiques et progressistes. L’enjeu dépasse la performance d’un parti: il s’agit de renforcer le camp réformateur et d’ouvrir un horizon démocratique renouvelé.

La véritable victoire ne sera pas numérique. Elle sera politique.
Elle se mesurera à la capacité de transformer le mandat populaire en réformes concrètes, de replacer la justice sociale au cœur de l’action publique et de restaurer durablement la confiance entre l’Etat et les citoyens.

Mohamed Assouali
Membre du Bureau politique
Secrétaire provincial du parti à Tétouan

Mohamed Assouali
Jeudi 5 Mars 2026
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