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​Rashida Tlaib, farouche opposante de Trump et critique d'Israël

Lorsque j'ai remporté l'élection pour siéger au Congrès, de nombreux Palestiniens ont eu un sentiment d'espoir, l'espoir d'avoir enfin une voix




Fille d'immigrés palestiniens, ex-avocate, la démocrate Rashida Tlaib ne siège au Congrès américain que depuis janvier mais s'est déjà fait un nom à coups de polémiques autour d'Israël et de ses appels, parfois tonitruants, à destituer Donald Trump.
Se décrivant comme une "guerrière progressiste", elle accumule déjà, à 43 ans, plusieurs titres de pionnière.
Née à Detroit dans une famille palestinienne, Rashida Tlaib est la première élue au Congrès américain d'origine palestinienne ainsi que l'une des deux premières femmes musulmanes à siéger à la Chambre des représentants.
Déjà, en 2009, elle fut la première musulmane à siéger à l'Assemblée de l'Etat du Michigan.
Avec l'autre élue musulmane du Congrès, la démocrate Ilhan Omar, Rashida Tlaib a fait cette semaine la une des médias internationaux lorsqu'Israël a refusé d'autoriser leur visite sur son territoire.
Toutes deux ont été accusées par certains d'antisémitisme, en raison notamment de leur soutien à la campagne internationale de boycott d'Israël.
Estimant que le boycott est "un droit et une partie de notre combat historique pour la liberté et l'égalité", Mme Tlaib a défendu son soutien à ce mouvement, rejetant toute accusation d'antisémitisme.
Elle défend en outre la solution d'un seul Etat pour Israéliens et Palestiniens, ce qui lui vaut également des critiques.
"Séparés tout en étant égaux ne marche pas", avait-elle expliqué en citant l'exemple de la lutte contre la ségrégation aux Etats-Unis, dans un entretien accordé au site In These Times en 2018.
Après plusieurs retournements, Rashida Tlaib a finalement annoncé vendredi qu'elle renonçait à rendre visite à sa grand-mère, Muftia, en Cisjordanie occupée, en dénonçant les "conditions oppressives" imposées par Israël.
"Lorsque j'ai remporté l'élection pour siéger au Congrès américain, de nombreux Palestiniens, surtout ma grand-mère, ont eu un sentiment d'espoir, l'espoir d'avoir enfin une voix. Je ne peux pas laisser le gouvernement israélien (...) utiliser mon profond désir de voir ma grand-mère, peut-être pour la dernière fois, comme un levier politique", a-t-elle expliqué.
Aînée d'une famille de 14 enfants, mère de deux enfants, Rashida Tlaib évoque souvent avec tendresse et fierté sa famille, racontant son enfance modeste à Detroit, bastion de l'automobile du nord des Etats-Unis où les hivers sont redoutables.
"Ses deux jeunes fils sont à l'origine de sa passion indéfectible pour aider à améliorer la vie" des gens, est-il écrit sur son site officiel.
En 2018, alors qu'elle était avocate pour une organisation oeuvrant à la défense des "pauvres et des travailleurs", elle avait fait campagne sur un programme progressiste en l'emportant aisément dans sa circonscription, un bastion démocrate où les républicains n'avaient pas présenté de candidat.
Dès sa campagne puis à Washington, elle n'a cessé d'appeler à lancer une procédure de destitution contre Donald Trump, parfois dans des termes virulents.
Elle avait ainsi fait scandale quelques heures seulement après avoir prêté serment au Congrès en lâchant devant des proches, lors d'une soirée célébrant sa victoire: "Nous allons destituer ce fils de …!".
Largement relayée, la vidéo de ce moment avait provoqué l'indignation du camp républicain, Donald Trump lui-même dénonçant des propos "honteux".
"Elle s'est déshonorée et (...) a déshonoré sa famille", avait jugé le républicain.
Déjà, lors de la campagne présidentielle de 2016, Rashida Tlaib avait apostrophé Donald Trump en pleine conférence à Detroit... mais dans des termes plus policés, avant d'être expulsée de la salle.
"J'ai dit à Trump que +nos enfants méritent mieux que cela+ et je lui ai demandé de leur donner un meilleur exemple. Je l'ai supplié de lire la Constitution américaine", avait-elle expliqué dans le journal Detroit Free Press.
Face aux critiques qui avaient jugé ce comportement "inapproprié", elle avait répondu: "Je trouve inapproprié que les Américains ne s'élèvent pas contre le discours et les tactiques emplis de haine de Trump".

Mercredi 21 Août 2019

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