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​Les spécificités des maladies rhumatismales dans les pays du Maghreb

Congrès national de rhumatologie à Rabat




​Les spécificités des maladies rhumatismales dans les pays du Maghreb
Par rapport au reste du monde, au Maroc, on peut noter quelques spécificités des maladies rhumatismales, qui ne concernent pas uniquement le Maroc ou les pays du Maghreb, mais plutôt les pays en voie de développement. « La polyarthrite rhumatoïde serait d’apparition un peu plus précoce puisque la moyenne d’âge dans le monde est située autour de 50 ans alors qu’elle a tendance à se déclarer une dizaine d’années plus tôt au Maroc. Elle est de sévérité un peu plus marquée par rapport à ce qui peut être observé en Europe, tout comme la spondylarthrite ankylosante », relève Pr Abdellah Maghraoui, président de la Société marocaine de rhumatologie (SMR), à l’occasion de l’organisation à Rabat de la 25ème rencontre  annuelle de formation continue sur les maladies rhumatismales qui se tient du 21 au 23 mai à Rabat.  
Pour sa part, Pr Rachid Bahir, médecin chef de l’hôpital universitaire El Avachi de Salé, établissement spécialisé dans les maladies rhumatismales du CHU Ibn Sina de Rabat « Ces spécificités pourraient s’expliquer par l’exposition plus fréquente aux infections en raison de la pauvreté et de la promiscuité car les infections comptent parmi les facteurs prédisposant de ces pathologies».  Et d’ajouter: «Nous enregistrons également des cas de rhumatismes articulaires aigus, une pathologie qui a pratiquement disparu en Europe». 
Pour Salah Eddine Maaroufi, rhumatologue à Casablanca, «nous avons pu noter, par ailleurs, une localisation prononcée de l’arthrose au niveau du genou alors que la hanche est le site le plus souvent atteint en France». «Le fort taux d’obésité chez les personnes âgées de plus de 50 ans permet en partie d’expliquer cette spécificité», note ce membre actif de la Société marocaine de rhumatologie 
Une autre pathologie très mal connue au Maroc, la polyarthrite rhumatoïde est une maladie fréquente qui touche 1 % de la population dans le monde. Elle est très handicapante à brève échéance, elle impacte négativement la qualité de vie et peut même augmenter le risque de mortalité. Elle compte parmi les pathologies qui ont connu d’importants progrès, en termes de prise en charge, au cours de ces dernières années. Les objectifs du traitement visent maintenant à obtenir la rémission ou au moins une plus faible activité de la maladie afin de prévenir la progression structurale et d’améliorer la qualité de vie des patients. Le principal obstacle reste l’accès aux traitements car les coûts sont élevés. « Il faut savoir que la polyarthrite rhumatoïde est aujourd’hui considérée comme une urgence médicale, car plus la prise en charge est instaurée tôt et meilleur est le pronostic. Le diagnostic précoce permet une prise en charge efficace le plus souvent à base de médicaments conventionnels peu coûteux, contrairement au diagnostic tardif qui complique la prise en charge et nécessite de recourir à des traitements coûteux», relève Dr Houda Kadiri, rhumatologue à Casablanca.  En effet, s’accordent les spécialistes du monde entier, lorsque le traitement est démarré au cours des trois à six premiers mois d’installation, le visage de la maladie change complètement. L’information et la sensibilisation sont donc essentielles dans le domaine de la polyarthrite rhumatoïde  
En ce qui concerne le traitement de la spondylarthrite ankylosante, autre pathologie inflammatoire, il existe également des traitements innovants très efficaces qui ont modifié le pronostic de cette maladie autrefois considérée comme très grave. Aujourd’hui, les patients, majoritairement des hommes jeunes, peuvent accéder à une qualité de vie normale ou proche de la normalité. Les traitements sont pris en charge par la plupart des mutuelles, mais tous les patients n’y ont malheureusement pas encore accès, faute de généralisation de la couverture maladie. Bien qu’il y ait une relative amélioration avec l’avènement du RAMED.
Quant à une pathologie rhumatismale qui guette de façon silencieuse au début de ce siècle, près de 30 % des femmes de plus de 50 ans sont concernées par l’ostéoporose, selon les estimations issues d’études marocaines récentes. Les complications de l’ostéoporose sont très fréquentes puisque les statistiques indiquent qu’une femme sur deux de plus de 65 ans présente une fracture vertébrale, souvent asymptomatique. L’ostéoporose est également à l’origine de nombreuses fractures de la hanche au Maroc. Ces chiffres risquent de doubler d’ici 2030 et de tripler d’ici 2050 car la proportion des personnes âgées est amenée à doubler dans les 15 prochaines années. Enfin, tient à préciser  Pr Redouane Niamane, vice-président de la SMR, la rhumatologie est une spécialité qui a connu d’importantes évolutions au cours de ces dernières années. Son  champ d’action est très large, puisque cette spécialité s’intéresse au diagnostic et au traitement des maladies de l’appareil locomoteur. Cela englobe les maladies des os, des articulations, des muscles, des tendons et des ligaments. Les rhumatologues sont également amenés à traiter des affections neurologiques périphériques comme la sciatique ainsi que les rhumatismes inflammatoires qui sont des maladies auto-immunes. Cela concerne  une dizaine de familles de pathologies différentes.  

Par Dr Anwar Cherkaoui
Vendredi 22 Mai 2015

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