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​Le film colombien "Valley of Souls" de Nicolas Rincon Gille décroche l'Etoile d'Or du FIFM






Le film colombien "Valley of Souls" (Tantas Almas) du réalisateur Nicolas Rincon Gille, a décroché, samedi soir le Grand Prix "Etoile d'Or" de la 18ème édition du Festival international du film de Marrakech (FIFM), lors de la cérémonie de clôture qui s'est déroulée au Palais des congrès de la cité ocre.
Ce long métrage revient sur les événements de la Colombie en 2002 à travers le personnage de José qui, après une nuit particulièrement mouvementée, rentre chez lui et est accueilli par sa fille en pleurs qui lui apprend la tragique nouvelle : "Ils les ont emmenés". José sait alors que ses deux fils sont morts et que leurs corps ont été jetés dans le fleuve. Pour lui, c'est le début d’un terrible voyage à la recherche des corps de ses garçons disparus.
En cours de route, il est l’objet de touchantes attentions, mais doit aussi compter sur la constante menace d’une violence environnante et peut-être même sur la divine intervention des Saints. Portrait tout en finesse de la peur et du deuil, en même temps qu’odyssée troublante et curieusement sereine, "Valley of Souls" se veut un plaidoyer intense en faveur de la paix au sein d’une société que la guerre civile continue à déchirer.

Cette cérémonie de clôture a été également marquée par la remise du Prix d'interprétation masculine, décerné à l'acteur australien, Toby Wallace, pour son rôle dans le film "Babyteeth" de la réalisatrice Shannon Murphy, où il a incarné le rôle de Moses, un trafiquant de drogue à la petite semaine, plein de fantaisie bien qu’un peu perturbé, dont la jeune adolescente Milla Finlay fait la rencontre au moment même où elle doit commencer une chimiothérapie. Elle en tombe amoureuse et s’épanouit dans cette relation, au grand désespoir de ses parents, tour à tour modernes mais confus, permissifs à l’excès ou surprotecteurs.

S'agissant du Prix d’interprétation féminine, il a été attribué ex aequo aux deux actrices britanniques, Roxanne Scrimshaw et Nichola Burley pour leur performance dans le film "Lynn+Lucy" de Fyzal Boulifa, où elles ont campé le rôle de deux amies depuis l'école et jusqu'à aujourd'hui, âgées d’à peine vingt ans, qui vivent en face l'une de l'autre dans des logements sociaux. Mère de famille depuis l'âge de dix-huit ans, Lynn vient de décrocher son premier emploi. Lucy, elle, l’éternelle fêtarde, vient d’avoir un bébé. Quand Lucy est confrontée à un drame épouvantable, elle peut compter sur son amie Lynn pour lui venir en aide, même si le fidèle soutien de celle-ci peut se trouver écorné par de malveillants ragots.

Quant au Prix de la mise en scène, il est revenu au réalisateur tunisien Ala Eddine Slim pour son film "Tlamess", un long-métrage qui immerge les cinéphiles dans une expérience cinématographique étrange et singulière, une méditation unique sur les fondamentaux de l'existence actuelle et de la catastrophe à venir, ainsi que sur la relation de l'humain avec la nature, l'amour, la communion et  la procréation.
Le Prix du jury, lui, a été remporté ex aequo par les films chinois "Mosaic Portrait" de Zhai Yixiang et saoudien "Last Visit" (Akher Ziyara) d‘Abdulmohsen Aldhabaan. "Mosaic Portrait" relate l'histoire de la jeune Ying, âgée de seulement 14 ans, qui est enceinte. Quand elle désigne l'un de ses professeurs comme responsable de son état, elle met en branle tout un engrenage d’enquêtes, de dénis et autres mécanismes de défense, à forte dominante masculine, mené par un père habituellement absent, des forces de police, un journaliste d'investigation et des supérieurs peu recommandables de son collège, alors que "Last Visit" raconte l'histoire de Nasser, qui a quitté son village natal il y a plusieurs dizaines d'années pour s'installer à Riyad, avant de décider de retourner chez lui en voiture, avec son fils Waleed âgé de seize ans, pour une dernière visite à son père mourant.

S'exprimant à cette occasion, la présidente du jury, Tilda Swinton, s'est dite très heureuse d'être à Marrakech, tout en se félicitant de cette expérience "magique" vécue tout au long de cette 18ème édition du FIFM. 
Ce rendez-vous cinématographique international a permis aux membres du jury et aux cinéphiles de faire la découverte et de célébrer ensemble des films et des cinéastes formidables, tout en établissant de nouvelles connaissances dans le cadre d'un esprit de camaraderie, s'est-elle réjouie.

De leur côté, les lauréats de ce 18ème FIFM ont été unanimes à exprimer leur immense joie et leur grande émotion pour les distinctions qu'ils ont reçues dans le cadre d'un aussi prestigieux Festival devenu un rendez-vous cinématographique incontournable sur la scène mondiale.

Libé
Dimanche 8 Décembre 2019

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