Libération



Facebook
Rss
Twitter






Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

​Le Maroc, une alternative pour les entreprises européennes qui cherchent à raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement

Sa main-d’œuvre plus importante et moins chère devrait donner au Royaume un avantage certain sur les pays d’Europe centrale et orientale




​Le Maroc, une alternative pour les entreprises européennes  qui cherchent à raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement
Le Maroc pourrait être un choix évident pour les entreprises qui cherchent à raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement et à réduire leur dépendance de la Chine en raison de l’impact négatif du nouveau coronavirus sur les entreprises européennes, souligne le site allemand «Deutsche Welle».
La pandémie de coronavirus a révélé la dépendance excessive des entreprises et des gouvernements européens, déjà ébranlés par les tensions commerciales américano-chinoises, de la Chine pour à peu près tout, des voitures aux médicaments, souligne le portail dans un article intitulé « La débandade chinoise pourrait être bénéfique pour l’économie marocaine ».
L’auteur de l’article fait observer que le Maroc, qui constitue, selon les experts, un îlot de stabilité politique dans le voisinage sud turbulent de l’UE et un partenaire commercial fiable du bloc, pourrait être un choix évident pour les entreprises qui cherchent à raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement, rapporte la MAP.
« Si vous regardez le Maroc, il y a des conditions plus favorables là-bas pour des domaines spécifiques en particulier, en ce qui concerne les énergies renouvelables et les secteurs liés à l’environnement, le Maroc est tout à fait un précurseur et l’UE essaie de s’y intégrer », indique Guillaume Van Der Loo, du groupe de réflexion bruxellois Centre for European Policy Studies, cité par DW.
« L’idée que la Commission européenne s’est déjà exprimée sur la diversification des chaînes d’approvisionnement pourrait être bénéfique pour le Maroc et pourrait accélérer les négociations sur le nouvel accord commercial », estime Van Der Loo.
Le site rapporte également les propos du ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, en avril dernier au Parlement sur les retombées économiques de la pandémie de coronavirus assurant que «l’économie marocaine connaîtra des difficultés et des changements dans sa composition. Mais il y a aussi de grandes opportunités à saisir ».
« Les opportunités qui s’ouvrent actuellement au Maroc n’ont pas été possibles au cours des 50 dernières années », a-t-il relevé.
Selon l’auteur de l’article, M. Elalamy faisait simplement écho à ce que de nombreux experts ont dit ces derniers mois alors que les entreprises européennes, durement touchées par les perturbations massives de la chaîne d’approvisionnement causées par l’épidémie de COVID-19, s’efforcent de rendre leurs chaînes de valeur plus résistantes aux chocs futurs, notamment en réduisant leur dépendance excessive à l’égard de la Chine et rapprochement de leur fabrication.
« Le Maroc est très bien positionné en raison de sa proximité, car il fait partie des accords commerciaux régionaux de l’UE, ses règles d’origine sont en quelque sorte intégrées à celles de l’UE », a fait savoir Alessandro Nicita de la CNUCED, dont les propos ont été rapportés par DW.
Le Royaume, considéré par beaucoup comme une porte d’entrée pour les investissements occidentaux en Afrique, est l’un des rares pays au monde à avoir conclu des accords de libre-échange avec les Etats-Unis et l’Europe, qui sont actuellement en pourparlers pour des discussions encore plus approfondies et globales, poursuit la même source.
Ses liens économiques et commerciaux en plein essor, en particulier avec l’UE, les investissements massifs dans les infrastructures et les incitations telles que les allégements fiscaux et les parcelles de terrain gratuites l’ont fait émerger comme un chef de file pour attirer les investissements étrangers directs en Afrique, avec la France en tête de la plupart des investissements en 2018, selon DW.
Les gains de la refonte attendue des chaînes d’approvisionnement pour le Maroc seraient plus visibles dans le secteur automobile, écrit le site allemand, précisant que le Royaume est devenu au cours des dernières années un hub pour les constructeurs automobiles ciblant les marchés d’Afrique et d’Europe, soutenu par des investissements massifs de constructeurs automobiles européens. Le Maroc abrite des filiales des grands constructeurs français Renault et propriétaire de Peugeot PSA.
« Le Maroc sera un concurrent sérieux pour bénéficier de la restructuration de Renault et de PSA, car l’industrie manufacturière du pays est dominée par ces deux équipementiers et leurs chaînes d’approvisionnement sont déjà bien développées dans le pays », ont déclaré des analystes de Fitch Solutions, rapportés par DW. La main-d’œuvre plus importante et moins chère du Maroc devrait lui donner un avantage sur les pays d’Europe centrale et orientale (PECO), qui pourraient également bénéficier des plans de restructuration des constructeurs automobiles, souligne le portail allemand.

Lundi 20 Juillet 2020

Lu 893 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 27 Septembre 2020 - 18:00 L'événementiel en quête de perspectives meilleures