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​La violence ordinaire constitue un frein à l’éducation de qualité

Journées d’études internationales à la Faculté des sciences et des lettres à Rabat




​La violence ordinaire constitue un frein à l’éducation de qualité
A bien vouloir éduquer les enfants et surtout de les rendre dociles, parents et professionnels de l’éducation recourent souvent aux tapes, fessées, humiliations, cris et secousses, sans se soucier des conséquences que ces brimades pourraient engendrer sur la vie des enfants.
Bien qu’il soit quelquefois difficile de la  percevoir, cette pratique masque mal une forme de violence beaucoup plus subtile que celle faite  à l’égard des enfants : la violence éducative ordinaire (VEO). 
Pour bien comprendre et cerner cette pratique, qui touche aussi bien le milieu familial que les institutions chargées de la prise en charge des enfants, la Faculté des sciences et des lettres à Rabat organise des Journées d’études internationales sur le thème : « La violence éducative ordinaire : définir, repérer et prévenir dans un contexte de respect de la diversité ».
Prévues les 14 et 15 mai courant, ces journées visent à sensibiliser les décideurs, les professionnels de l’éducation et les parents; apporter des données issues de différentes  recherches sur les conséquences néfastes de la violence éducative ordinaire; échanger des expériences nationales et internationales sur des pratiques qui protègent les enfants et les aident à bien grandir ainsi qu’à proposer des contenus et des outils à développer auprès des professionnels de la petite enfance dans le cadre de leur formation, entre autres.
D’après diverses études menées à travers le monde, plus de 8 enfants sur 10 subissent cette forme de violence de leurs parents ou de leurs éducateurs et que la plupart d’entre eux estiment que le recours aux châtiments est indissociable de la bonne éducation, indiquent les organisateurs. Alors que des études scientifiques ont démontré que ces pratiques sont loin d’être sans conséquences sur l’être humain et qu’elles « constituent un frein à l’éducation de qualité, particulièrement dans les premières années de la vie de l’enfant ».
Selon les mêmes études, elles affectent même « le développement du cerveau de l’enfant, la construction de sa personnalité et de sa santé à court, moyen et long termes ».
Autant dire que l’organisation de ces deux journées est d’une grande importance d’autant plus qu’en dépit du fait que la ligne de démarcation entre maltraitance et violence éducative ordinaire varie d’une région à l’autre, il n’en demeure pas moins vrai que ces pratiques restent d’actualité dans de nombreux pays dont le Maroc où l’on recourt toujours aux coups de bâton, raclées et privations de nourriture pour éduquer les enfants. Des journées qui seront marquées par des interventions de plusieurs spécialistes de ces questions issus de France, Belgique, Suisse et du Maroc. Ces derniers traiteront plusieurs questions en rapport avec cette forme de violence qui, rappellent les organisateurs, « se caractérise par un manque de respect envers l’enfant en tant qu’être humain à part entière, sujet de droits ».
Ainsi, les différents intervenants examineront de fond en comble ce phénomène lors de la première journée qui s’ouvrira en matinée par plusieurs allocutions inaugurales.
Juste après, Brigitte El Andaloussi (Maroc) dressera une typologie de ce phonème et avant d’en faire un état des lieux; Chakib Guessous (Maroc) interviendra sur la « Transmission de la violence éducative : des msids au système d’enseignement marocain»; Olivier Maurel (France) communiquera sur « La violence éducative ordinaire et ses effets  sur le comportement des enfants et des adultes », tandis que Malika Benradi (Maroc) axera son intervention sur « Les violences à l’égard des enfants au Maroc : une protection juridique inachevée ». 
De leur côté, Marie-Laure Bonnabesse, Dominique Malleval et  Clarisse Mortelecque (France) se pencheront sur « Du respect de la diversité à la dénonciation des violences éducatives ordinaires : un équilibre fragile à trouver ». Ce dernier exposé sera suivi d’un débat.  Dans l’après-midi, les participants seront invités à prendre part à trois ateliers devant permettre d’identifier les situations et les causalités de la violence  éducative ordinaire au préscolaire, à l’école, dans les centres d’accueil et de protection de l’enfant. 
Notons que la restitution de ces ateliers, animés par une pléiade de spécialistes, n’interviendra qu’en fin d’après-midi.
La deuxième journée s’ouvrira par une conférence sur les conséquences de la violence éducative ordinaire à court, moyen et long termes. Les exposés porteront sur « Les conséquences de la violence ordinaire sur le cerveau de l’enfant » (Catherine Gueguen, France) et « Les conséquences comportementales de la violence éducative ordinaire » (Cornélia Gauthier, Suisse).
Dans sa deuxième partie, la conférence examinera les approches institutionnelles pour prévenir la violence éducative ordinaire. Seront ainsi abordés : « La prévention et la lutte contre la violence en milieu urbain » (ministère de l’Education nationale, Maroc), la « « Bien-traitance » : l’apport d’un nouveau concept dans l’évolution des pratiques professionnelles » (Daniel Rapoport, France) et « L’action de l’ONE au sein du système protectionnel et de lutte contre les maltraitances infantiles en communauté française » (Etienne de Maere, Belgique). 
Comme la veille, ces interventions seront suivies dans l’après-midi d’un débat et d’ateliers. Ces derniers s’articuleront autour « Des approches pédagogiques novatrices pour prévenir la violence éducative ordinaire » au préscolaire, à l’école et dans les centres d’accueil et de protection d’enfance.
La clôture de ces journées d’études interviendra en fin de journée, après une ultime conférence sur des approches formatives pour prévenir la violence  éducative ordinaire. Les interventions porteront sur deux thèmes : « Approche formative de la VEO » (El Haiatte Erghouni, Maroc) et « Un outil pour aborder  nos représentations de la violence  éducative ordinaire » (Marie-Laure Bonnabesse, Dominique Malleval et Clarisse Mortelecque, France). 

Alain Bouithy
Mardi 12 Mai 2015

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