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​En finir avec l’amalgame et le double discours !




​En finir avec l’amalgame et le double discours !
Dans notre pays, il semble qu’on peut désormais tout dire en politique. Au nom de la liberté d’expression, tout devient permis. L’apologie du terrorisme y compris. Celle-ci s’étale, manifeste, sur la une de certains journaux sans crainte de se revoir remise à l’ordre. Sans égard aux sentiments des citoyens dont le phénomène leur avait fait perdre le meilleur d’eux-mêmes. Les intérêts diplomatiques et stratégiques du Maroc, eux, sont bafoués sans qu’aucun ministre ne se sente scandalisé. A leur tête le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Vive la liberté!
En Jordanie, durant la nuit du 21 novembre, Zaki Bani Irsheid, sous-contrôleur général de la nébuleuse des Frères musulmans a été arrêté pour avoir écrit un article en mesure de porter atteinte aux relations bilatérales d’Amman avec les Emirats arabes unis. Cela ne pourrait être le cas chez nous. Quiconque peut prendre sa plume et traîner dans la boue le meilleur partenaire du Maroc.  En guise d’exemple, samedi 29 novembre, Taoufik Bouachrine a pu  soutenir impunément, dans son billet “que les avions du général Khalifa Haftar bombardent les Libyens avec l’argent des pays du Golfe, que le président égyptien, Abdelfettah Sissi “tue et égorge ses citoyens avec un couteau provenant des mêmes pays et que, la Tunisie fait front aux plans de déstabilisation émanant des QG des opérations...” de ces mêmes agitateurs. Le tout dissimulé dans un contenu équivoque qui feint une préoccupation pour la situation de notre pays. Comme celui de dire, par exemple,“nous voulons, au Maroc, rester loin de cette Fitna.“ Alors qu’en réalité c’est ce genre d’écrits diffamatoires à l’égard des pays frères,  de surcroît importants investisseurs au Maroc,  qui risquent de nuire  énormément à l’avenir des relations privilégiées que le pays entretient avec cette région du monde arabe.   La Fitna, on sait qui l’anime ici depuis longtemps, menaçant de descendre dans la rue toutes les fois qu’il se sent en panne de raisonnement et de réplique politiques,  arguant que le Printemps arabe est toujours là se baladant toujours dans les environs. La Fitna on sait qui la nourrit depuis qu’il a décidé d’adopter un discours nihiliste banalisant toutes les actions des partis politiques d’opposition et les revendications des syndicats démocratiques ainsi que tous les efforts entrepris par l’Etat en matière de droits humains. Mais le problème est ailleurs. Beaucoup plus grave et plus têtu.   Rapporter “la plaidoirie” du chef du gouvernement, en présence des hommes d’affaires du pays du Golfe,  ne peut légitimer une telle offensive. Au contraire ! Car l’imagerie du thème du thé et de la théière..., développé par M. Benkirane, ne peut servir d’argument d’autorité. Surtout lorsqu’on a juré sur le Coran de toujours servir l’allégeance aux Frères musulmans. L’invocation de la  spécificité marocaine ne peut indéfiniment pallier ici les  tendances avérées de la Taquia.   Tout le problème est là: les pays du Golfe avaient déclaré l’Organisation mondiale des Frères musulmans comme une instance internationale terroriste. Ce qui a suscité l’ire des adeptes de l’islam politique de chez nous ainsi que leurs porte-parole effrontés, ne reculant devant aucune occasion de défendre l’indéfendable. Tout alliés qu’ils soient des adeptes de cet islam, passé au crible de la fameuse théière de Benkirane, ils ne peuvent convaincre de leur autonomie idéologique et politique. Et ce, en dépit de leur incessant rejet de cette allégeance véritable à la nébuleuse des Frères.  Plus particulièrement, après l’inscription de leurs deux modèles religieux, Youssef Qaradoui et Ahmed  Raissouni, sur la liste du terrorisme!  Effectivement et bien que cela soit impossible, notre pays doit,  dans certaines limites, prendre ses distances vis-à-vis de l’anarchie qui sévit au Proche-Orient! Mais qui est-ce qui choisit délibérément de donner le micro ici,  sur ses pages,  à tous les promoteurs de la zizanie politico-islamiste de Fahmi Houidi à Wael Kandil en passant par Bari Atwan et Mohamed Al Gawwadi? Qui a décidé de faire du Maroc le terrain propice de règlements de comptes avec  l’Arabie Saoudite et le gouvernement égyptien traitant Abdelfettah Sissi, contrairement à l’avis de  l’Etat,  de putschiste ? Notamment en consacrant régulièrement ses pages à la parole d’un Wael Kandil. Une parole qui redit tout son référent haineux puisé dans la culture de l’islam politique et de l’agenda des Frères musulmans et qui vient vomir ici son dégoût de toutes les formes de pouvoir qui ne rentrent pas dans la ligne de ses désastreuses approches. Autrement dit,  exactement ce qui ressort de l’article de Bouachrine du samedi 29 commentant les fantaisies simplistes de notre chef du gouvernement. Puis qui a autorisé avec cette vitesse louche à un journal comme Al Arabi Al Jadid  d’obédience Frères musulmans, et qui vient à peine de se choisir la version “papier” de paraître au Maroc ? Al Jadid Al Arabi, a publié dernièrement un article sur l’armée marocaine et sa participation aux frappes anti-Daech, en désignant directement l’Inspecteur général Bouchaib Arroub en tant que ‘’Chef Suprême des Force Armées Royales’’ (http://www.alaraby.co.uk/politics/40dd1c7b-bf4c-4d69-980c-4cf187b7489e) . Qui sème volontairement ces amalgames au sein de l’opinion internationale ?  Nous avons vu plusieurs fois le journal Akhbar Al Youm présenter, sur ses pages, bien mis en relief les “martyrs” marocains de Daech et d’Al Nosra comme des héros dignes de la plus franche émulation. Sans nuance aucune, sans un mot sur leur passé terroriste. Ce qui participe publiquement, de la manière,  à la propagande  et à l’apologie déguisée de la violence partout condamnée dans le monde arabe. La publication, à notre avis, de la traduction des sondages orientés et sans crédibilité pour éterniser le gouvernement islamiste au Maroc, s’inscrit dans la même optique d’ancrage, dans notre pays, d’une sensibilité politique aux attaches internationales dangereuses.  Le même journal sert de caisse de résonance à l’appel de Daech au jihad contre les laïcs et ne ressent aucune gêne à souscrire aux ambiguïtés les plus épaisses là où un journalisme responsable adhère à une entière cohérence pour lever les confusions sur son discours ! Il n’y a qu’à voir des séquences de ses modes de traitement des cas de jeunes partis en Syrie pour en analyser la portée et mesurer le danger. La proximité de l’islam  politique est coûteuse. Elle nous vaut en ces moments de délire obscur énormément de vertige!   

Par Abdellatif Kinini
Mardi 2 Décembre 2014

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