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​Anaruz, tout un réseau pour combattre la violence faite aux femmes

Lancement d’une campagne de grande envergure




 Au Maroc comme partout ailleurs dans le monde, la femme est en proie à des sévices autant corporels que psychologiques. Avec une moyenne de 9 actes de violence subis par femme en 2014,  se pencher sur la résolution de cette fatalité devient plus qu’urgent. En ce sens, il faut non seulement recenser et publier des statistiques sur la violence contre les femmes, mais sensibiliser l’opinion publique et combattre ce fléau. Justement, la capitale du Royaume a accueilli vendredi dernier le lancement d’une campagne de communication intitulée Anaruz, organisée par le Réseau national des centres d’écoute des femmes victimes de violence.
19 associations et centres d’écoute, ainsi qu’une quarantaine de membres représentent le socle fondateur du réseau Anaruz. Cette initiative qui a vu le jour au printemps 2004, a pour principaux objectifs de renforcer les capacités associatives au Maroc, notamment dans les domaines de la défense des droits des femmes et la lutte contre les violences dont elles sont victimes, mais également,  promouvoir l’adoption d’un mécanisme de procédures institutionnelles de protection des femmes.
Par ailleurs, ladite campagne entend braquer les projecteurs sur les multiples lacunes et dysfonctionnements du Code de la famille. Le but affiché était de proposer une réforme de ce code dont l’approche se veut participative et portée par une ligne de conduite reposant sur la Constitution et les Conventions internationales.
Adopté en 2004, le Code de la famille fut unanimement considéré comme une avancée majeure à l’échelle des réformes législatives marocaines. Toutefois, 12 ans après, l’euphorie s’est estampée, atténuée par de nombreux couacs relatifs à la gestion des affaires de la famille et la promotion de l'égalité effective entre ses membres. 
A y voir de plus près, tous les reproches convergent vers l’article 19. La campagne espère une évolution de ce dernier afin de réduire les disparités entre l’homme et la femme en matière  de droits et libertés dans les domaines civil, politique, économique, social, culturel et environnemental. Un vaste programme, tant l’obtention de la parité entre homme et femme  s’apparente à un chemin de croix. Mais force est de constater que c’est un passage obligé vers le développement de la société et un principe fondamental du Code de la famille.
Les revendications du réseau visent aussi l'interdiction de la polygamie et le mariage des mineures, la mise en place de mécanismes juridiques pour la gestion équitable des biens acquis pendant la relation conjugale, l'unification des procédures de divorce de façon à garantir les intérêts et les droits de toutes les parties sans discrimination et la soumission de la reprise d’une relation conjugale après le divorce au consentement mutuel des deux parties. 
Sachant que la communication audiovisuelle est un rouage important dans la diffusion et la sensibilisation, le réseau Anaruz a lancé des campagnes de sensibilisation destinées au grand public, abordant différentes thématiques et dispositions du Code de la famille, pour diffuser la culture et l’égalité entre les genres. 
Pour ce qui est de la communication digitale, outre une base de données uniformisée sur les violences à l'égard des femmes et installée dans tous les centres du réseau Anaruz, un portail Internet fédérateur a été mis en ligne dont le contenu dévoile différents sites spécifiques dédiés au centre d’écoute, en plus de kits de formation et une publication des rapports annuels sur les violences à l'égard des femmes au Maroc.
Il est à noter qu’une seconde campagne : "Hata Ana" fut également lancée. Elle vise à briser l’omerta qui règne dans les rangs des femmes victimes de viols, en leur offrant un soutien psychologique à même d’inverser le processus de honte qui les accable, et par la même occasion, révéler à la société marocaine l’ampleur de ce phénomène qui gangrène notre pays.
 

Chaabi Chady
Lundi 11 Décembre 2017

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