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​ Les dirigeants européens en quête d'un compromis sur la réponse économique au Covid-19

Sur le terrain, le virus continue de se propager ou reprend dans de très nombreux pays




​ Les dirigeants européens en quête d'un compromis sur la réponse économique au Covid-19
Malgré une nuit de tractations intenses, les dirigeants européens étaient toujours en quête lundi d'un compromis sur la réponse économique à apporter à l'épidémie de coronavirus dont la progression a conduit la France à rendre le masque obligatoire dans les lieux publics clos.
Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement, qui ont multiplié les échanges depuis vendredi dans un climat empreint parfois d'exaspération, ont convenu à l'aube de faire une pause devant se retrouver pour une nouvelle session plénière lundi en début d’après-midi
La partie s'annonce toutefois toujours aussi délicate tant les positions restent apparemment tranchées, notamment sur la question de la répartition des 750 milliards d'euros du plan de relance qui doit permettre aux économies européennes éprouvées par l'épidémie de retrouver quelques couleurs.
Les Etats dits "frugaux" (Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark), auxquels s'est associée la Finlande, qui préfèrent les prêts aux subventions, se heurtent au reste du bloc, avec Paris et Berlin en tête hostiles à tout accord qui réduirait la part des subventions, symboles à leurs yeux de la solidarité européenne.
Signe des vifs désaccords entre les deux camps, le président français Emmanuel Macron a tapé du poing sur la table dans la nuit pour dénoncer la mauvaise volonté des Etats "frugaux", selon plusieurs délégations.
Sur le terrain, le Covid-19, qui est apparu en Chine en décembre et qui a contaminé plus de 14 millions de personnes dans le monde, continue de se propager ou reprend dans de très nombreux pays.
Selon un bilan établi dimanche par l'AFP, la pandémie a fait au moins 601.822 morts depuis fin décembre. Le nombre de décès a doublé en un peu plus de deux mois et plus de 100.000 morts ont été enregistrés en 21 jours, depuis le 28 juin.
Les Etats-Unis restent le pays le plus touché tant en nombre de morts que de contaminations confirmées (140.474 décès pour 3,7 millions de cas), et connaissent depuis plusieurs semaines une flambée des infections dans le sud et l'ouest.
Viennent ensuite le Brésil (79.488 morts), le Royaume-Uni (45.273), le Mexique (39.184) et l'Italie (35.042).
Mais en proportion de la population, hors micro-Etats, c'est en Belgique que la mortalité est la plus élevée (846 morts par million d'habitants), devant le Royaume-Uni (667), l'Espagne (608), l'Italie (580) et la Suède (556).
Face à la progression du virus et à la crainte d'une deuxième vague, de nombreux pays ont décidé de renforcer les mesures sanitaires, à l'image de la France où, dès lundi, le port du masque sera obligatoire dans les lieux publics clos, sous peine d'une amende de 135 euros.
Le Premier ministre français Jean Castex a par ailleurs indiqué "surveiller de très près" la situation sanitaire en Catalogne et n'a pas exclu une nouvelle fermeture des frontières avec l'Espagne.
A Hong Kong, où la situation est jugée "critique", de nouvelles mesures ont été annoncées, dont celle de rendre obligatoire le port du masque dans les espaces publics clos ou encore l'obligation de travailler depuis la maison pour le personnel non essentiel de la fonction publique.
En Grande-Bretagne, où le risque d'une deuxième vague est jugé "élevé" par le conseiller scientifique du gouvernement, la piste d'un reconfinement est pour l'heure exclu par le Premier ministre Boris Johnson qui a prévenu qu'il n'utiliserait cette carte qu'en dernier ressort.
La réouverture complète de l'économie au Salvador, qui devait s'effectuer lundi, a pour sa part été reportée sine die en raison de l'augmentation du nombre de contaminations dans le pays.
La flambée du nombre d'infections sur le sol américain n'a en revanche pas entamé la confiance et l'optimisme de Donald Trump qui a une nouvelle fois assuré que la maladie finirait par "disparaître" et s'est dit opposé à l'idée d'imposer le port du masque au niveau national.
"J'aurai raison au final. Vous savez, j'ai dit: +ça va disparaître+. Je le dirai encore", a déclaré le président américain dans une interview à Fox News Sunday, diffusée dimanche.
Autre farouche détracteur du confinement ayant minimisé ces quatre derniers mois la gravité de la pandémie, le président brésilien Jair Bolsonaro, qui a contracté le coronavirus, a quant à lui reçu le soutien de centaines de personnes rassemblées dimanche à Brasilia.
Selon le dernier bilan, 23.529 nouveaux cas ont été confirmés dimanche dans le pays, pour un total de plus de 2 millions, et près de 80.000 morts. Des chiffres officiels sans doute inférieurs à la réalité.
Au Chili, le président Sebastián Pinera a annoncé dimanche un plan de sortie du confinement en vigueur depuis 60 jours, dont la mise en œuvre dépendra de la situation région par région.
Au Pérou voisin, le gouvernement n'entend pas non plus revenir sur son déconfinement progressif entamé le 1er juillet et qui devait se traduire lundi par la réouverture des restaurants dans le pays - et ce en dépit de la barre des 13.000 morts franchie dimanche.

​L’Afrique du Sud a franchi la barre des 5.000 morts

L'Afrique du Sud, pays le plus touché par la pandémie sur le continent, a passé la barre des 5.000 morts, selon des chiffres officiels publiés dimanche.
Le pays a enregistré, en l'espace de 24 heures, 85 nouveaux décès liés au nouveau coronavirus, ce qui porte le nombre de morts à 5.033 depuis l'apparition de la maladie.
Un total de 13.449 nouveaux cas d'infection ont aussi été officiellement diagnostiqués en un jour, portant le nombre total de cas à 364.328, selon les chiffres publiés dimanche par le ministère de la Santé.
A ce jour, l'Afrique du Sud est le cinquième pays au monde le plus touché par la pandémie en terme de cas confirmés, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le ministre sud-africain de la Santé, Zweli Mkhize, a imploré ses concitoyens de respecter les gestes barrière, se disant "extrêmement inquiet" du relâchement constaté "au moment où les contaminations explosent".
"Le gouvernement a mobilisé toutes les ressources" pour lutter contre la pandémie, a-t-il assuré dans un communiqué samedi soir.
"Mais le gouvernement ne peut pas gérer cela de façon unilatérale. (...) Nous voyons que la distanciation physique est peu respectée ou pas du tout. Le port du masque est abandonné ou les masques sont mal portés (....). Cela va avoir un impact direct sur le nombre (de cas) dans les prochaines semaines", a-t-il prévenu.
"Notre habilité à casser le cycle des infections dépend de notre volonté à rester concentrés et disciplinés", a-t-il mis en garde.
Le pic de la pandémie est attendu dans les semaines qui viennent en Afrique du Sud.
Les autorités y avaient imposé fin mars un confinement extrêmement strict, mais les mesures ont été progressivement assouplies pour éviter un effondrement de l'économie de la première puissance industrielle du continent.

Mardi 21 Juillet 2020

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