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Vivre ensemble dans un monde nouveau, développer la solidarité et la justice sociale : Participation active de l’USFP au séminaire de l’Alliance Progressiste

Zohra Lhioui : Si la COP21 de Paris a été la conférence des décisions, celle de Marrakech sera celle de l’action




Sous le thème «Vivre ensemble dans un monde nouveau, développer la solidarité et la justice sociale», l’Alliance Progressiste a tenu les 19 et 20 septembre son séminaire organisé et abrité par le Parti démocratique indonésien en lutte. L’USFP a pris part aux travaux de ce séminaire représenté par Zohra Lhioui, coordinatrice de la Commission des relations extérieures,aux côtés d’une trentaine de partis socialistes et sociaux-démocrates du monde entier (Australie, Costa Rica, Allemagne, Inde, Indonésie, Iraq, Malaisie, Mongolie, Birmanie, Népal, Pays-Bas, Pakistan, Palestine, Philippines, Corée du Sud, Suède, Timor Oriental, Tunisie, Royaume-Uni…) ainsi qu’une vingtaine d’organisations progressistes telles que l’IUSY (L’Union internationale des jeunes socialistes, le S&D Group (Groupe des sociaux-démocrates au Parlement européen), SocDem (Le Réseau des sociaux-démocrates en Asie)…
Cette rencontre remet la question sociale au cœur du débat politique et du calendrier progressiste. Dans un contexte mondial où les inégalités sociales, économiques et culturelles ne cessent de se creuser, où les mouvements sociaux se font de plus en plus virulents et où l’intensification de la migration devient alarmante et ingérable, le combat des congressistes s’annonce rude et vital et exige plus de mobilisation et de renforcement des actions.
Après l’adoption de la plateforme de travail par le comité directeur dont l’USFP est membre, la cérémonie d’ouverture des travaux eut lieu dans une ambiance festive marquée par un spectacle de danse indonésienne traditionnelle en présence de Megawati Soekarnoputri, l’ancienne présidente de l’Indonésie, dirigeante du Parti Démocrate indonésien en lutte (PDI Perjuangan).
La question de l’environnement, des conséquences catastrophiques du changement climatique a occupé une place importante dans le débat. Lors de l’atelier « Comment atteindre la justice écologique et culturelle », l’accent a été mis sur l’urgence d’implémenter les décisions prises à l’occasion de la COP21 pour limiter le réchauffement de la planète et garantir une justice du climat. L’intervention de Zohra Lhioui, coordinatrice de la Commission des relations extérieures, s’est inscrite dans ce volet environnemental pour parler de l’engagement total du Maroc dans l’économie verte et de la vision de l’USFP à ce sujet. Comme partout dans le monde, a souligné l’intervenante, l’équilibre écologique au Maroc est menacé : sécheresse, désertification, déforestation, pollution de l’air et de l’eau, métropolisation… D’où son implication depuis plusieurs décennies dans toutes les initiatives nationales et internationales visant la protection de l’environnement, la réduction des émissions du CO2. Une politique de l’aménagement territorial a bien été mise en place, fondée sur trois principes fondamentaux : équité sociale, préservation des ressources et des milieux et efficacité économique.
Les efforts du Maroc dans ce sens, a ajouté Zohra Lhioui, ont été consacrés par les Nations unies en faisant du Maroc l’hôte de la COP22 qui aura lieu à Marrakech en novembre prochain. Si la COP21 de Paris a été la conférence des décisions, celle de Marrakech sera celle de l’action. Il était pertinent de rappeler que la COP7 sur les changements climatiques a été également abritée par le Maroc à Marrakech.D’un autre côté, il n’y a pas meilleur exemple de l’engagement du Maroc dans la sauvegarde de l’environnement que le projet titanesque de la plus grande centrale solaire dans le monde connue sous le nom de Noor et implantée à Ouarzazate, ville du Sud marocain. La première phase du projet a déjà été inaugurée en 2015 par le Roi Mohammed VI et quand il arrivera à son terme en 2020, sa capacité de production sera de 2000 MW, ce qui représente le 1/10ème du Plan solaire de la Méditerranée.
L’intervenante a cependant réaffirmé la position de l’USFP qui estime que le passage à l’économie verte n’est pas accompagné par une véritable stratégie de reconversion de certains secteurs. L’exemple des sacs en plastique est assez révélateur. Suite à l’entrée en vigueur brutale le 1er juillet dernier de la loi n° 77-15 d’interdiction de la production, l’importation, l’exploitation, la commercialisation et l’utilisation des sacs en plastique, l’USFP a dénoncé « l’application violente de cette loi » par le gouvernement et a revendiqué une période de transition de cinq ans qui va permettre « la mise en place de mesures d’accompagnement et d’alternatives à l’utilisation des sacs en plastique ». Cette application rapide risque d’avoir des conséquences déplorables : fermetures d’usines, licenciements, plus de 50.000 familles sont concernées. L’USFP tire également la sonnette d’alarme en ce qui concerne la paupérisation urbaine, le phénomène de métropolisation qui exige un rééquilibrage entre grandes villes, villes moyennes et campagne étant donné que la concentration de la population dans des zones urbaines ne peut que renforcer les inégalités sociales, l’exclusion dans les quartiers périphériques, les problèmes environnementaux (eau, assainissement, gestion des déchets…) et la précarité des conditions sanitaires.
Avant la clôture des travaux, un certain nombre de mesures ont été proposées et adoptées par les membres de l’Alliance Progressiste pour faire face aux inégalités dans le monde :
1-    « L’objectif de développement durable pour réduire l’inégalité se compose, entre autres, des sous - objectifs suivants : l’inclusion sociale, économique et politique; l’élimination des lois discriminatoires; des mesures de protection fiscale, sociale et des salaires pour atteindre une meilleure égalité;
2-    Préservation et expansion de l’Etat social : une mesure régulatrice centrale pour la solidarité organisée, la participation sociale et la justice, une quasi-égalité devant les opportunités, l’émancipation et la protection contre les difficultés existentielles. Dans ce sens, la sécurité via l’assurance santé, retraite, accident et invalidité, signifie la protection pour subvenir aux besoins existentiels au cours de la vieillesse, en cas de handicap, de maladie, d’accident ou d’invalidité professionnelle ;
3- Garantir un travail décent dans le monde entier ;
4- Promouvoir l’égalité des genres ;
5- Favoriser le facteur jeunesse pour le changement ;
6- Renforcer les syndicats ;
7- Gérer la migration : en plus des mesures à court terme pour soulager la situation des réfugiés (dans les pays de transition et d’accueil) et une amélioration à long terme des conditions de vie dans les pays d’origine, il sera nécessaire à l’avenir de gérer également la migration globale : cela inclut d’ouvrir les chemins légaux de la migration, en garantissant le financement via la création ou l’augmentation des fonds de migration ou de fuite régionaux ou globaux, en promouvant les accords régionaux et, le cas échéant, bilatéraux sur la migration circulaire et les normes de travail et de santé, mais également en réduisant les coûts financiers des envois de fonds des réfugiés.
8- Transition énergétique internationale : nous n’échapperons pas à une restructuration globale des systèmes énergétiques. La croissance de la population, la pénurie des ressources et les dommages extrêmes causés à l’environnement et au climat montrent que nous avons besoin de créer des systèmes énergétiques qui garantissent une fourniture en énergie sûre et abordable pour toutes les couches de la population, tout en protégeant l’environnement et le climat. En résumé, nous devons éviter les sources d’énergies fossiles et nucléaires pour nous tourner vers l’énergie renouvelable, l’efficacité accrue et la réduction de la consommation absolue. Les transferts de recherche et de technologie seront tout aussi importants que la décentralisation et la démocratisation des réseaux énergétiques.
9- Politique internationale sur le climat : la Conférence internationale sur le climat de Paris a été un réel succès. Mais maintenant, il est temps d’implémenter les décisions pour limiter le réchauffement de la planète et garantir une justice du climat. Pour atteindre les objectifs adoptés à Paris, qui veulent rester bien en dessous de deux degrés pour le réchauffement climatique, une décarbonisation de nos systèmes économiques doit avoir lieu et nous devons trouver des sentiers de développement à faible teneur en carbone. Mais à court terme, le focus doit également être mis sur les mesures d’implémentation contre les dommages et les pertes dus au changement climatique, qui ont maintenant aussi été incluses dans l’accord. Les mesures prises incluent des palliatifs lors des catastrophes humanitaires dues au changement climatique, comme les systèmes d’alerte précoce ou la gestion des risques. La pression pour une action politique doit être fermement maintenue, surtout lorsqu’on pense aux pays les plus vulnérables.
10- Politique progressiste culturelle : la politique progressiste culturelle ne permet pas seulement de garantir la justice susmentionnée pour la participation culturelle, l’effet constructeur d’identité et l’établissement d’une société basée sur le savoir, mais contribue également à améliorer la qualité du débat culturel et social et à gérer la coexistence culturelle dans des sociétés qui changent rapidement dans un monde globalisé. La mise à disposition d’une éducation intégrée et basée sur les valeurs, l’investissement dans les institutions culturelles, l’engagement en faveur de la Convention du patrimoine mondial de l’Unesco, une rémunération et une protection sociale appropriées pour les créatifs et les créateurs culturels, ainsi qu’une analyse critique de l’impact des accords commerciaux internationaux sur la culture et les médias sont quelques-uns des outils qui permettront d’atteindre ces objectifs». 

Denpasar - Correspondance particulière
Mercredi 28 Septembre 2016

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