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Violences sexuelles et conflits, un tandem d’enfer

Le débat porté devant l’ONU




Violences sexuelles et conflits, un tandem d’enfer
De tout temps et quelles qu’en soient les victimes, la violence a toujours été condamnée. Mais la violence sexuelle en période de conflits l’est encore davantage. Et pour cause, elle s’est invitée dans les plus hautes instances internationales lors d’un débat organisé récemment par le Conseil de sécurité. Ouvrant les débats, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, a déclaré que la question des violences sexuelles liées aux conflits était d’une importance cruciale, dans la mesure où non seulement elles détruisent des vies individuelles mais défont le tissu social même d’une nation. L’occasion pour  Omar Hilale, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l'ONU, de souligner pour sa part que «les femmes, souvent, dépourvues de protection et de soutien, pâtissent le plus des conséquences dévastatrices des conflits et payent un lourd tribut en raison de leur vulnérabilité accrue et leurs conditions de vie délabrées ». 
Poursuivant sur sa lancée, il n’a pas manqué d’indiquer que le rapport du secrétaire général sur le sujet,  constitue un recueil exhaustif des incidents survenus durant la période sous examen et des expériences nationales, riches en enseignements, qui dénotent d'une volonté d'appropriation nationale et de maîtrise du phénomène de violence sexuelle par les pays touchés. A souligner que l’expression «violences sexuelles liées aux conflits» recouvre des actes tels que le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution, la grossesse et la stérilisation forcées, ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable, perpétrés contre des femmes, des hommes ou des enfants, et ayant un lien direct ou indirect (temporel, géographique ou causal) avec un conflit. Mais, comme l’a rappelé encore M. Hilale, le viol est, souvent, la forme la plus répandue de violence sexuelle dans les camps des réfugiés et des déplacés, qui «n'offrent, malheureusement, aucune sécurité pour les femmes, notamment, célibataires ou chefs de famille, en raison de la prolifération des armes légères et l'infiltration d'éléments armés parmi les populations réfugiées, voire la militarisation des camps ». 
Par ailleurs, le responsable onusien a fait savoir que la résolution 2106 (2013) s'inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer l'arsenal juridique existant en matière de protection des femmes contre les multiples formes de violence. Cette résolution, a-t-il ajouté, a permis de définir une stratégie globale de prévention, à travers des mesures concrètes, ciblées et adaptées à des situations spécifiques. L’une de ses dispositions considère à juste titre que « pour décourager et prévenir les violences sexuelles, il est indispensable que ceux qui en commettent soient régulièrement et sévèrement poursuivis et que les pays assument leurs responsabilités et entreprennent de s’attaquer aux causes profondes des violences sexuelles commises en période de conflit armé, de même qu’il faut lutter contre les idées fausses selon lesquelles ces violences sexuelles sont un phénomène culturel, une conséquence inévitable de la guerre ou un délit mineur ». Portant le flambeau de la lutte contre l’innommable,  le Royaume-Uni annonce la tenue à Londres, du 10 au 13 juin prochain, d’un sommet sans précédent visant à mettre fin au viol comme arme de guerre. Allant dans le même sens, la France a indiqué pour sa part qu’elle présenterait un projet de résolution permettant de déférer les principaux auteurs de violences sexuelles, leurs commanditaires, quels qu’ils soient, à la Cour pénale internationale (CPI). 
Encore faut-il que tous ces efforts portent leurs fruits. 

Nezha Mounir
Mardi 29 Avril 2014

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