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Vignette automobile 2016 Entre engouement et réticences

L’Etat appelé à investir et les banques à gagner de l’argent




La taxe spéciale annuelle sur les véhicules automobiles (vignette) est désormais payable au Maroc depuis le début de l’année. Avec l’introduction de cette nouveauté, et pas des moindres, les citoyens se trouvent entre le zist et le zest. D’une part, un engouement est ressenti du côté de plusieurs usagers de la route et de l’autre, une forme de réticence est constatée. Ainsi, selon les derniers chiffres fournis par les services de la Direction des affaires administratives et générales relevant du ministère de l’Economie et des Finances, ce sont environ 3.000.000 de vignettes qui doivent être payées entre mi-décembre et mi-février. Et ce n’est pas tout. D’ores et déjà, plus de 64.000 paiements en ligne ont été effectués il y a deux semaines et ce, sans compter les autres modes, à savoir l’espèce et le débit de compte (guichet automatique bancaire (GAB), agences bancaires) depuis son entrée en vigueur.
En clair, ce sont de plus en plus d’automobilistes qui doivent, outre souscrire quasi-obligatoirement à cette opération, se familiariser surtout avec cette nouvelle donne qui tend à donner corps à une mesure proposée dans la loi de Finances 2016.
Les avis sont donc mitigés quant à cette procédure fraîchement installée mais globalement, l’initiative est louable, si l’on additionne les différents désagréments à l’instar des queues interminables devant les perceptions chaque premier mois de l’année. Quant au fait d’être doublement taxé soit par le biais d’un gardien ou de l’horodateur dans la zone en question, il demeure en l’état et ce contrairement à ce qui a été affirmé. Toujours est-il que  plusieurs usagers de la route s’interrogent sur les modalités de paiement et principalement le coût du service. Ils vont même plus loin en calculant la moyenne des nouveaux coûts facturés multipliée par la somme générée suite au nombre de vignettes payables via ces canaux. Et le résultat se chiffre en milliards de centimes... En fait, toujours selon ledit ministère, le service de paiement de la vignette sur les réseaux externalisés sera fatalement supporté par le contribuable précisant que ce coût varie selon le canal utilisé : 5,50 DH TTC pour le GAB et le E-banking, mobile-banking, 12 DH TTC pour Internet et 23 DH TTC pour les  agences bancaires et des points de paiement.
Ce qui est tout aussi inéluctable, c’est le transfert de cette manne qui profitera finalement aux banques. D’où des interrogations qui fusent : pourquoi le taux de paiement au niveau des banques est le plus élevé ? Et surtout pourquoi les banques et pas tous lieux agréés pour percevoir les règlements des citoyens comme les assurances, les bureaux de service ou les bureaux de change… ?
Et qu’en est-il des contrôles qui seront immanquablement limités avec les contribuables en défaut de paiement de la vignette qui, éditée sur papier libre, ne seront détectés que lors d’un contrôle éventuel par un agent de police ou un gendarme ? De plus, les pouvoirs publics devront désormais investir massivement afin de mettre en place des systèmes de contrôle des vignettes qui n’ont pas été prévus par le législateur et dont elles n’avaient nul besoin par le passé ? Pourquoi ont-ils rendu le système de contrôle des vignettes si complexe et si lent qu’il ne manquera pas d’entraver la fluidité de la circulation, de surcharger ces agents et de pénaliser les usagers de la route? Somme toute, pourquoi les pouvoirs publics se sont-ils amusés à transvaser une manne financière qui alimentait jadis des outils industriels et en rétributions qui dopaient un  tant soit peu l’emploi et la consommation des ménages vers un système financier national qui n’en avait nul besoin vu les bons résultats qu’il enregistre annuellement?
Autre bémol évoqué par une certaine catégorie de conducteurs avertis qui alpaguent la gestion des villes en rappelant que cette taxe spéciale annuelle sur les véhicules automobiles octroie le droit à tout usager de circuler ou de stationner sur des routes en bon état. Et quel est l’état des routes marocaines justement et pourquoi le contribuable se doit-il de payer doublement son droit de garer sa voiture dans les endroits permis?
Des milliards et des milliards de dirhams sont engrangés par l’Etat et au bout du compte, les routes laissent à désirer pour ne pas dire qu’elles sont carrément meurtrières avec les divers nids-de-poule, dos d’âne, crevasses qui nous renseignent sur le piteux état du réseau routier!
C’est bien beau de faire monter les procès-verbaux des infractions pour suivre les modèles des codes européens de la route, mais encore faut-il avoir des chaussées qui leur ressemblent un tantinet non ? Et quid des charrettes qui circulent encore au Maroc et causent des accidents alors qu’elles ne sont pas censées emprunter ces voies ?

Meyssoune Belmaza
Mardi 19 Janvier 2016

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