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Vandalisme ou quand les autorités font dans le dicton du minaret et du barbier

En ciblant les forces de l’ordre, le hooligan comme le terroriste s’attaque aux symboles de l’Etat




La FRMF, département de l’Intérieur et autres autorités de la wilaya de Casablanca et préfecture de police ont encore cherché la facilité et fait dans le dicton bien de chez nous, celui ‘’du minaret et du barbier’’ dans le traitement des évènements dominicaux qui ont perturbé la métropole.
L’instance footballistique, décidément redondante comme jamais, a encore brandi son éternel huis clos comme si c’était la solution miracle. Le Wydad en a écopé ‘’ô justice’’ de quatre rencontres sans public dont une avec sursis et d'une amende de 100.000 dirhams. Son meilleur ennemi le Raja, lui s’en tire avec un match avec sursis et au diable l’avarice de 10.000 dirhams qu’il devra débourser de ses malheureuses caisses.
 De la fanfaronnade! Qu’est ce cette somme pour des clubs comme le WAC ou le RCA ? C’est à peine une prime de remplaçant pour une victoire à laquelle il n’a pas contribué ou le dixième du salaire de l’entraîneur des Rouges. A ce propos et pour rester dans le flou de notre football, on se demande comment fait La Samir, qui ‘’présentement est en cessation de paiement’’ pour, sans trop en déranger le pluriel, encore honorer les appointements de Sir John Toshack.
Quant au huis clos, il est devenu si banal dans notre championnat que l’on se posera toujours des questions quant à la véracité du programme quand il ne figure pas sur la feuille hebdomadaire des matches que nous ressortent les Fédéraux. Des dizaines d’interdictions de présence de spectateurs dans les gradins de terrains miteux, impliqués dans les violences, ont été prononcées depuis d’exemple la fameuse rencontre à Rabat ASFAR-DHJ. Qu’ont-elles changé, une année après, au degré de vandalisme sévissant toujours?
Rien, sinon que l’on constate qu’elles ont empiré et surtout que les actes de voyous deviennent de plus en plus structurés voire même prémédités. Ils bravent la façade sportive en s’attaquant aux symboles de l’Autorité, l’acte délictueux visant en premier lieu l’uniforme, ce qui doit être interprété comme une agression caractérisée contre l’ordre établi. La situation devant ces cas de figure est on ne peut plus grave et se doit d’être prise très au sérieux sans aucune tolérance envers ces voyous.
Un laxisme trop latent et d’ailleurs déjà constaté chez la plupart des différentes composantes concernées (autorités, instance régissant le jeu, médias et autres) dépassées par la situation, pourrait nous valoir des évènements dramatiques et similaires à ceux de Port Saïd en Egypte, à titre d’exemple.
En ciblant les policiers, le hooligan marocain, à l’instar d’un terroriste, s’attaque aujourd’hui à l’Etat. Il doit donc tomber sous le coup de la même loi qui régit ce dernier.
Par ailleurs, la FRMF, pour étayer ses sanctions, a mis aussi en avant les tifos provocateurs brandis des uns envers les autres et les fumigènes. Mais qu’a-t-on fait pour les empêcher?  Ni l’instance, ni les autorités qui ‘’ô miracle’’ les ont interdits, après coup, n’ont jamais cherché à contrôler ces indignes fresques, à anticiper ces fâcheux évènements ni pris le moindre sens d’initiative qui aurait pu éviter la cata.
D’un un autre côté, les motifs de la quarantaine d’arrestations en d’autres circonstances auraient prêté à sourire sans le côté dramatique de la chose et l’étendue des dégâts. Vol, ébriété manifeste, spéculation sur les billets, usurpation d'identité, personne recherchée par sa famille, possession de drogues dures, divers autres actes criminels en plus de 16 personnes appréhendées pour actes de vandalisme et dégradation des biens d'autrui. Ils étaient au bas mot plus d’un millier au regard des images sur les réseaux sociaux à avoir manifesté violemment leur misérabilisme dimanche au Complexe Mohammed V et dans ses rues avoisinantes.
Malheureusement, l’on constate qu’ici-bled on n’a pas la force de prendre notre courage à deux mains pour enrayer ce fléau qu’est le hooliganisme si ce n’est autre chose. Il est grand temps d’entreprendre les vraies réformes avant qu’il ne soit trop tard comme l’on a fait sous d’autres cieux où le phénomène a complètement disparu.
 

Mohamed Jaouad Kanabi
Jeudi 24 Décembre 2015

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