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Une usine de films amateurs aux abattoirs de Casablanca

Du 12 mars au 30 avril 2014




Une usine de films amateurs aux abattoirs de Casablanca
A l’initiative de l’Institut français du Maroc et en partenariat avec Casamémoire, «l’Usine de films amateurs» a été proposée et imaginée par Michel Gondry. Ce réalisateur et scénariste français a conçu un projet itinérant pour favoriser la création artistique au travers de décors de cinéma (plages, bidonvilles, chambres...) spécialement conçus pour l’occasion. 
Au sein de la Fabrique culturelle des Abattoirs, tout un chacun peut désormais réaliser un film amateur. Pour réaliser et tourner un film, trois heures sont données à un groupe constitué de 5 à 20 personnes qui se charge de désigner collectivement une personne responsable de la caméra et le cadreur. Le groupe débat du genre de film, des personnages et détermine l’intrigue. Ensuite est définie l’action, scène par scène, avec sélection des accessoires et des costumes. Enfin, à l’aide d’une petite caméra vidéo, le groupe tourne son propre film dans chacun des décors de la Fabrique culturelle des Abattoirs et trois heures plus tard, la petite compagnie quitte l’Usine avec le DVD de son film!
Ainsi, en suivant les consignes et en quelques heures, les groupes créent tous ensemble leur propre film dans un studio de cinéma. 

Une fois achevé, le film est projeté au groupe. Une copie DVD est ajoutée à la collection du club vidéo situé à l’entrée de l’exposition, où tous les films peuvent être visionnés par les visiteurs sur grand écran. Chacun est invité à visiter l’exposition sans pour autant prendre part au tournage. Proposée pour la première fois à New York en 2008, l’Usine de films amateurs s’est développée dans 10 villes dont São Paulo, Rio de Janeiro, Paris, Rotterdam, Johannesburg et Moscou. Du 12 mars au 30 avril 2014, c’est au tour du public marocain de venir découvrir ce projet. «J’ai accueilli l’idée avec bonheur. Je suis toujours curieux de voir comment la culture d’une ville va influencer la qualité et le résultat des films», précise l’initiateur du projet, Michel Gondry. Chaque décor est imprégné de Casablanca. «Il y a une ambiance qui reflète l’esprit de la ville et du pays. Il n’y a pas de recherche de profondeur, c’est réellement un prétexte pour s‘amuser», souligne-t-il.
C’est dans ce cadre qu’adultes et enfants (à partir de 6 ans) sont amenés à se rencontrer et créer en l’espace de trois heures, un petit film qu’ils pourront par la suite conserver. Tous seront encadrés par des équipes de médiation formées pour l’occasion. «Une fois le tournage terminé, la cassette du film est projetée dans une petite salle de cinéma. Le groupe se voit comme dans un miroir. C’est toujours un moment extrêmement drôle et une sortie de fierté se dégage», explique le réalisateur.
Michel Gondry a précisé que «l’Usine n’est pas une école de cinéma, mais une simple attraction. On y vient en famille, entre amis, en sortie scolaire et l’on s’y amuse (gratuitement) pendant trois heures, avec, en prime, la matérialisation d’une création commune -un film qui peut être un chef-d’oeuvre ou un ratage-, ce qui n’a aucune importance car il n’est fait que pour ceux qui l’ont fait».
Homme aux multiples talents, Michel Gondry est l’un des clippeurs les plus renommés du monde. Il a collaboré avec Björk, Iam, Radiohead, Kylie Minogue, The Rolling Stones ou encore The Whites Stripes. Egalement spécialisé dans la réalisation de spots publicitaires, il s’est exercé avec Levi’s, Gap ou encore Air France.
Il est le réalisateur de la comédie romantico-futuriste «Eternal Sunshine of the Spotless Mind» avec Jim Carrey et Kate Winslet pour lequel il obtient l’Oscar du meilleur scénario. De même, il réalise «La Science des rêves» en 2005 et travaille avec Jack Black qui devient le héros de son film «Soyez sympas, rembobinez». Il a récemment adapté le célèbre roman de Boris Vian à l’univers atypique «L’écume des jours» avec Audrey Tautou et Romain Duris. Michel Gondry a souligné qu’il lui est arrivé de proposer son Usine «dans des endroits réputés «difficiles» (…) L’énergie qui s’exprimait sous une forme agressive au départ, une fois canalisée dans un projet commun, a produit un film d’une force étonnante. L’Usine est une proposition d’activité qui nourrit et se nourrit de cette énergie». Le cinéaste a précisé que l’idée faisait appel à l’imagination des Casaouis : «Les encadrants s’assurent simplement que les participants vont regarder les textes au bon moment. En revanche, concernant le contenu des histoires, il n’y a aucune influence de la part de l’encadrement». Déjà beaucoup d’inscrits et un beau projet pour la culture marocaine. Pour la première fois, l’expérience itinérante des «Usines de films amateurs» s’installe de manière définitive à Aubervilliers. Peut-être que c’est le début de plusieurs Usines permanentes, car le réalisateur serait «très heureux de voir d’autres villes pérenniser l’expérience».
 

Danaé Pol
Samedi 15 Mars 2014

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