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Une rencontre animée par Hassan Tarek à Safi : Les élections du 25 novembre 2011 et la nouvelle Constitution




Une rencontre animée par Hassan Tarek à Safi  : Les élections du 25 novembre 2011 et la nouvelle Constitution
A l'occasion de la nouvelle rentrée politique, et en partenariat avec le Laboratoire des recherches et des études autour de la démocratie locale et de la gouvernance, le Café littéraire à Safi vient d'organiser une rencontre autour du thème « Les élections du 25 novembre 2011 dans le cadre de la nouvelle Constitution ». Ce carrefour d'échange et de débat  massivement suivi par les Safiots, a été magistralement orchestré par Said Khomri,  directeur dudit laboratoire, et animé par  Hassan Tarek, professeur des sciences politiques à l'Université Hassan 2 de Settat, Abdelkader Azriaa, membre du conseil international du Forum social, et Ahmed Bouzz, professeur des sciences politiques à l'Université de droit Souissi à Rabat.
La rencontre qui s'inscrit selon plusieurs observateurs et acteurs politiques dans un contexte marocain marqué par certains indicateurs inquiétants sur la scène politique marocaine qui se prépare à des élections législatives anticipées le 25 novembre 2011, a été entamée par une intervention de Hassan Tarek autour de la question « Le Maroc et les élections ». L’intervenant s'est d'abord  interrogé sur la volonté politique qui pourrait orienter le processus de déclinaison des contenus avancés de la nouvelle Constitution massivement votée par les Marocains le 1er juillet 2001 : «  Allons-nous continuer à gérer la nouvelle phase avec les mêmes mécanismes et la même élite politique portant les symptômes d'une crise structurelle? » se demande Hassan Tarek qui n'a pas caché son inquiétude quant au devenir du contexte politique marocain qui n'a que le choix de la démocratisation et la transition souple d'une monarchie constitutionnelle à une monarchie parlementaire. De ce fait, le pays devrait faire une interprétation parlementaire  au nouveau texte constitutionnel qui a besoin d'une majorité parlementaire claire et d'un chef de l'exécutif fort.
D'autre part, Hassan Tarek a attiré l'attention sur certains indicateurs inquiétants ternissant le processus des réformes politiques profondes requises, telle la plus récente alliance politique qui cherche à condamner l'idéologie au profit de certains «  grands titres » qui se cachent derrière des discours consommés  comme le modernisme et la protection du pays des formes d'extrémisme et de nihilisme, discours qui vont à l'encontre de l'esprit même des réformes politiques. «Les prochaines élections, pourront-elles répondre aux attentes et questions scandées par les jeunes du 20 février? Vont-elles permettre au pays de plier la phase des protestations grâce à une gestion démocratique des prérogatives de l'Etat ? », s'interroge encore une fois Hassan Tarek qui a remarqué le caractère dynamique de l'histoire, et a ainsi appelé à une vraie rupture avec les anciennes méthodes en vue de réconcilier les citoyens avec les urnes. « Nous avons besoin d'une vision politique claire capable de produire un vrai changement pour faire face à la demande sociale et mettre un terme à cette mauvaise atmosphère qui commence discrètement à prendre place sur la scène politique» conclut-il.
Ahmed Bouzz, dans son intervention intitulée «L'élan constitutionnel de la problématique des élections au Maroc », a présenté des idées qui tentent de remettre en question les contenus du texte constitutionnel  en relation avec la donne électorale et les limites du principe de représentativité. «A quel point la question des élections était-elle présente lors de l'élaboration de la nouvelle Constitution ?» se demande Ahmed Bouzz qui rappelle les interminables et fertiles débats entrepris autour de la question sur le plan politique et législatif depuis des décennies. La majorité parlementaire, poursuit-il, était toujours dominée par une tendance technocrate, à cause de la nomination de ministres sans appartenance politique. A cet effet, Ahmed Bouzz soulève le problème de la dualité représentative au Maroc ponctuée par la domination du secteur législatif par les dahirs Royaux. «La nouvelle Constitution a apporté une réponse à cette question de dualité représentative, mais a-t-elle pu établir le lien entre le constitutionnel et l'électoral?» s'interroge-t-il avant d'affirmer que la monarchie parlementaire reste la seule formule pour concilier régime héréditaire d'une part, et démocratie d'autre part.
Abdelkader Azriaa qui s'est penché sur la question «Le Printemps arabe : les limites et les perspectives», a choisi de mettre les mouvements de changement dans le monde arabe dans leurs contextes politiques et  économiques internes et universels marqués par une tendance dominatrice surtout avec l'avènement du néo-libéralisme et la fin du système  bipolaire avec la fin de la guerre froide qui a donné lieu à une guerre acharnée contre l'idéologie, la politique humaniste et la doctrine de l'équité sociale.
Un constat  qui, d'après Azriaa, avait  été à l'origine de mouvements sociaux, tel le Forum international social qui a appelé clairement  à une lutte contre le flux libéral par le biais du renforcement des mouvements de protestation contre le mondialisme. Le monde arabe n'était pas du reste dans cette dynamique qui a largement contribué à l'enracinement de la culture des droits et de la démocratie, et l'élargissement des mouvements civils de protestation revendiquant l'équité sociale.

Abdelali Khallad
Mardi 18 Octobre 2011

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