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Une journée mondiale pour une meilleure sensibilisation : La triste indifférence infligée aux malades mentaux au Maroc




Une journée mondiale pour une meilleure sensibilisation : La triste indifférence infligée aux malades mentaux au Maroc
"Les moyens mis en place pour la prise en charge par l'Etat marocain des malades mentaux sont dérisoires". C'est le premier constat dont fait part Mme Nadira Barkallil quand on l'interroge sur le rôle de son Association « Al Balsam » qu'elle préside à Casablanca, et ce à l'occasion de la célébration par le Maroc avec les autres pays de la Journée mondiale de la santé mentale ce 10 octobre.
Cette journée vise à sensibiliser l’opinion aux problèmes de santé mentale. À cette occasion, les discussions franches sur les troubles mentaux, et les investissements dans les services de prévention, de promotion et de traitement sont encouragés. Cette année, le thème de la journée est: «Dépression: une crise mondiale».
D'après les données de l'OMS (Organisation mondiale de la santé), la dépression touche plus de 350 millions de personnes, tous âges confondus, dans toutes les communautés, et contribue de manière importante au fardeau mondial de morbidité. Bien qu’il existe des traitements efficaces pour soigner la dépression, l’accès au traitement est un problème dans la plupart des pays et dans certains d’entre eux, moins de 10% des personnes qui en ont besoin bénéficient d’un tel traitement.
Parmi les associations existantes au Maroc et dont le rôle réside principalement dans la mise au centre des débats du problème de la santé mentale, on trouve "Al Balsam" et "Chams" que nous avons pu contacter. La première, l’Association marocaine des parents et amis des personnes en souffrance psychique créée le 18 juin 2005 à Rabat, a pour objectif l'appui et  l’accompagnement des personnes en souffrance psychique et de leurs familles. Sa présidente Mme Barkallil nous explique que leur rôle principal est d'assurer un plaidoyer pour une prise en charge digne de ce nom à tous ces malades mais aussi à leurs familles, car la souffrance psychique concerne non seulement les malades mais aussi leurs accompagnateurs en général qui s'isolent et cessent toute vie sociale. L'Association a aujourd'hui du mal à continuer et s'est mise en "veille" d'après les propres propos de Mme Barkallil, tout en expliquant que les familles sont dépassées et n'ont pas de temps à consacrer à des activités qui viseraient à mieux connaître la maladie mentale.
La deuxième  Association basée à Marrakech et dont les informations nous sont fournies par sa présidente Mme Ilham Ibrahimi, a pour objectifs principaux la réalisation de toute  action susceptible d’améliorer le bien-être des personnes en souffrance psychique, l’accompagnement des familles en leur offrant un accueil et une écoute de leurs souffrances quotidiennes.  Un rôle de plaidoyer pour les personnes en souffrance psychique et leurs familles figure également parmi les missions fondamentales de Chams, car la maladie mentale est absente à la fois de l’espace, des débats et des préoccupations publics Un pot sera offert  à cette occasion aux patients  en séjour à l'hôpital Ibn Nafiss, dans le foyer Saladi qui leur a été consacré par Chams, pour des ateliers artistiques et d'ergothérapie, nous explique Mme Ibrahimi.
Signalons que le Maroc a beaucoup de chemin à faire dans le domaine de la santé en général et de la santé mentale en particulier. Si nous prenons l’exemple de l’Algérie, notre voisin direct, il fait mieux que nous d’après l’Atlas de la santé mentale publié par  l’OMS en 2011. En effet, l’Algérie dispose de 15 hôpitaux dédiés à la maladie mentale contre  10 pour le Maroc et de 4023 lits contre seulement 1461 pour le Royaume. Un chiffre alarmant  quand on apprend également que le nombre de  psychiatres ne dépasse pas 303 médecins, secteurs public et privé confondus.  Ils sont assistés par 740 infirmiers spécialisés. L’effectif médical et paramédical  disponible en psychiatrie est donc loin de répondre aux normes universellement établies et reconnues en la matière. Pire encore, on déplore une disparité géographique. Ainsi, 54% des psychiatres se trouvent dans l’axe Casablanca-Rabat. Bon nombre d’établissements ne disposent que d’un seul psychiatre.
 Cette célébration vient un mois après que le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a tiré la sonnette d’alarme en soulignant dans son rapport présenté le 11 septembre «l’impérieuse nécessité d’une nouvelle politique», dans ce secteur. 

Najoua Friguech
Mercredi 10 Octobre 2012

Lu 951 fois


1.Posté par TRACHEN NAIMA le 11/10/2012 22:16
Pour information, il y a une autre association à Casablanca qui existe depuis janvier 2007, c'est l'association AMALI et qui est très active. Amali a mis en place un programme psychoéducatif Canadien destiné aux familles qui ont un proche en souffrance psychique, plus d'informations sur le site
Par ailleurs demain vendredi 12/10 à 17h, nous organisons une conférence sur "bonheur et santé mentale" à la faculté de médecine de Casablanca en partenariat avec une autre association AMUP(association marocaine des usagers de la psychiatrie), récemment créée

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