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Une déclaration et des candidatures communes évoquées : Dans les coulisses de la résurrection de la Koutla




Dans les rangs des partis du mouvement national, ils sont nombreux à croiser les doigts. La Koutla, cette alliance historique, est en train de ressusciter. Fort heureusement, disent ces militants emplis d’espoir, personne n’avait jusque-là osé signer son certificat de décès.
Au lendemain de l’adoption de la nouvelle Constitution, les contacts entre les trois composantes du Bloc démocratique –USFP, Istiqlal et PPS- ont repris au plus haut niveau, celui des secrétaires généraux. Abbas El Fassi, le chef des Istiqlaliens, a appelé Abdelouahad Radi, le premier secrétaire de l’USFP. Au même moment, Nabil Benabdallah, le secrétaire général du PPS, avait pris sa plus belle plume pour adresser dans ce sens un courrier aux deux leaders de l’Union socialiste des forces populaires et de l’Istiqlal. Dans les coulisses, et en amont à une première réunion au sommet de la Koutla jamais tenue depuis qu’Abbas Al Fassi a été nommé premier ministre en 2007, un membre du Bureau politique du parti de la Rose a multiplié les contacts préparatoires et les initiatives pour que « renaisse la Koutla ». « D’abord, parce que les composantes de la Koutla ont toujours fait de la réforme constitutionnelle un axe central et une constance de leur ligne politique. La réforme de 1996, c’est nous. Quant à celle de 2011, il ne faut pas non plus oublier que nous en assumons le socle historique même si le Printemps arabe et le mouvement des jeunes au Maroc ont constitué un facteur d’accélération. La monarchie parlementaire est un concept clé de l’USFP. Ensuite, et c’est le plus important, la question nodale qui se pose est de savoir qui va appliquer la nouvelle Constitution. Le discours du Trône a été clair : tout relève de la mise en œuvre de la loi suprême. C’est la raison pour laquelle nous avons estimé qu’en cette phase importante, historique du Maroc, la Koutla se devait de jouer pleinement son rôle et d’assumer ses responsabilités », explique cet Usfpéiste qui a joué les missi dominici auprès des partenaires de la Koutla.
 
Pas de mémorandum commun mais beaucoup d’espoir
 
 
Après une première réunion des leaders de l’USFP, l’Istiqlal et l’USFP, une première tentative de concertation est décidée. Les trois formations politiques décident de travailler ensemble sur le projet de loi organique de la Chambre des députés qui venait d’être soumis aux partis et même de présenter un mémorandum commun. Une commission technique est formée. Le travail en commun peut commencer. L’effort unitaire achoppe principalement sur deux points de divergence, la liste nationale et le découpage électoral. On le sait, le principe de la liste nationale divise fortement les trois partenaires de la Koutla. L’USFP revendique le maintien et le renforcement de la liste nationale des femmes, l’Istiqlal a adopté le principe proposé par le ministère de l’Intérieur avec une liste nationale de 90 femmes et jeunes alors que le PPS défend la liste nationale élargie aux femmes et aux cadres. Sous la pression du temps et des délais imposés par le ministère de l’Intérieur pour la remise de la copie, il n’y aura pas de mémorandum commun de la Koutla relatif au projet de loi organique de la Chambre des députés, chacun des trois partis présentant seul ses propositions. « Il est sûr que nous nous retrouvons sur les grands principes relatifs à la construction de l’Etat de droit et des institutions. Nos points de convergence sont en fait beaucoup plus nombreux que nos divergences. Ce qu’il faut surtout retenir c’est que la Koutla  a pris conscience du fait qu’elle devait assumer ses responsabilités et redevenir ce qu’elle a toujours été, c'est-à-dire un axe central de la vie politique, un catalyseur autour duquel se forment des coalitions. En fait, les leaders du Bloc démocratique semblent avoir réalisé qu’on ne peut réussir cette nouvelle expérience si la Koutla ne joue pas son rôle », soutient Amine Sbihi, membre du bureau politique du PPS.
 
Trouver des voies de consensus
 
C’est exactement le même constat que fait le ministre istiqlalien Saad Alami en affirmant que « la Koutla n’a pas pris une ride et que, bien au contraire, le Bloc démocratique est plus que jamais d’actualité ». « Notre pays vit une étape cruciale de son histoire. Nous avons adopté une nouvelle Constitution aux dispositions avancées. Notre responsabilité est de la traduire sur le terrain. Au commencement, cette alliance est née au nom de la réforme et de la démocratie. Ce qui se passe aujourd’hui au Maroc procède des objectifs même de la Koutla. Ce qui nous appelle, nous composantes du Bloc démocratique, à trouver des voies de consensus sur les textes juridiques qui ne sont que des outils de travail et non pas des objectifs », fait valoir celui qui appartient au comité exécutif du parti fondé par Allal Al Fassi.
Les réunions entre les trois partis se poursuivent. La concertation entre les trois partis commence à fonctionner. Et c’est le plus important, déclarent à l’unisson les pro-Koutla, pas forcément fétichistes. Le principe des candidatures communes dans certaines circonscriptions –pour éviter surtout les candidatures purement militantes- est discuté. Une déclaration commune forte de la Koutla serait même attendue. « Je suis convaincu que la Koutla va reprendre du service. Avec une nouvelle Constitution, une nouvelle transition démocratique, des institutions comme le gouvernement et le Parlement qui doivent être crédibles, les composantes du Bloc démocratique ne peuvent laisser cette expérience aller à d’autres partis. La Koutla n’en a pas politiquement, moralement, le droit », conclut le PPS Amine Sbihi.

Narjis Rerhaye
Jeudi 11 Août 2011

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