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Un mouvement d’Istiqlaliens en appelle au retrait des candidatures de MM. Fassi et Chabat : Une troisième voie pour sauver l’Istiqlal




Un mouvement d’Istiqlaliens en appelle au retrait des candidatures de MM. Fassi et Chabat : Une troisième voie pour sauver l’Istiqlal
«C’est comme à la Bourse. Les valeurs changent tous les jours. Hier, c’était Abdelouahed El Fassi qui faisait figure de favori. Aujourd’hui mercredi 15 août c’est au tour de Hamid Chabat de prendre de l’avance. Et d’ici le 22 septembre, les pronostics vont changer tous les jours un peu plus. Bien malin qui peut dire  qui sera le successeur d’Abbas El Fassi». Cette déclaration d’un cacique de l’Istiqlal a le mérite de résumer la situation du parti fondé par Allal El Fassi, un parti désormais en proie à une guerre sans merci que se mènent les deux challengers, Abdelouahed El Fassi, l’enfant bien né et Hamid Chabat, le syndicaliste trublion, candidats déclarés au poste de secrétaire général.
Si officiellement, ce sont deux candidats qui se livrent bataille pour le fauteuil de leader, la course au leadership ne sera ouverte que le 22 septembre, le jour de la tenue du conseil national de l’Istiqlal et dont les membres éliront le prochain secrétaire général. «A l’Istiqlal, nous n’avons pas de commission de candidatures.
Le 22 septembre, le président du congrès, Mohamed Ansari, posera la question de savoir qui parmi les membres du conseil  national est candidat au secrétariat général. Rien n’exclut une surprise et rien ne dit que M. Chabat ou M. El Fassi maintiendront leur candidature. Le jeu est ouvert et d’autres candidatures peuvent se déclarer le 22 septembre», explique ce membre du nouveau conseil national de l’Istiqlal, élu en juillet dernier.
En attendant, les réunions de soutien se multiplient. Les ralliés commencent à s’afficher. Le soutien d’Adil Douiri à Hamid Chabat n’a surpris aucun istiqlalien au fait des histoires de clans d’un parti qui avait su jusque-là laver son linge sale en famille. «Quant aux députés, ils ne se sont pas encore prononcés pour aucun des deux candidats», rappelle ce parlementaire du parti de la Balance.

Une force scandalisée
qui prend du poids


La maison Istiqlal n’a jamais été aussi fragile. Citadelle silencieuse jusque-là, elle a aujourd’hui les contours d’une maison de verre. Des voix istiqlaliennes brisent le silence et s’élèvent pour dire leur inquiétude pour l’avenir du plus vieux parti marocain. «On est au bord de l’explosion», affirment les militants de la première heure. «Si cela continue, on n’est plus à l’abri d’une scission», osent les Istiqlaliens de la nouvelle génération. En tout cas, ils sont de plus en plus nombreux à penser que les deux candidatures, aussi bien celle d’Abdelouahed El Fassi que celle de Hamid Chabat, feront voler en éclats le plus vieux parti marocain. «Tous les deux participent à casser notre parti entre insultes et déclarations incendiaires et autres accusations. Il y a un mouvement qui est en train de se constituer, une sorte de force scandalisée par ce qui se passe, et qui est en train de prendre du poids», nous apprend un ténor de l’Istiqlal.
Des militants en vue, appartenant à la nouvelle génération de figures de l’Istiqlal, ont d’ailleurs récemment joué les missi dominici  auprès des deux candidats au poste de leader de cette formation politique. Objectif d’une mission quasi impossible, les convaincre de se désister au profit d’une troisième candidature que les deux hommes choisiraient d’un commun accord. «Nous avons également proposé une troisième voie qui  procède de ce que j’appellerai la démocratie normale. 10 candidats se présentent le 22 septembre à l’élection du secrétaire général. Au préalable MM. Chabat et El Fassi auraient officiellement quitté la course présidentielle, au nom de l’intérêt du parti», explique notre interlocuteur.
La proposition a vite tourné en eau de boudin, et les deux candidats déclarés lui ont opposé un refus catégorique, l’un craignant une manœuvre, un nouveau coup fourré de l’autre.
Alors? Alors ceux et celles de l’Istiqlal croisent les doigts et attendent. «Quel que soit le vainqueur, El Fassi ou Chabat, il vivra un enfer pendant quatre ans. Celui qui aura perdu  et tous ceux qui l’ont soutenu mèneront la vie dure à celui qui a été élu secrétaire général. Et là la scission deviendra impossible à éviter», conclut cet ancien membre du comité exécutif de l’Istiqlal.

Narjis Rerhaye
Vendredi 17 Août 2012

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