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Un mois sacré et des pratiques qui le sont moins

Quand l’alcool cède la place au cannabis




Un mois sacré et des pratiques qui le sont moins
Le mois de Ramadan est un mois sacré. Piété et dévotion sont de rigueur. Multiplier les bonnes actions est vivement recommandé. Mais est-ce le cas pour tout le monde ? Rien n’est moins sûr. D’aucuns le font parce qu’ils s’y trouvent contraints. Difficile pour eux de ne pas suivre le mouvement. Une sorte d’hypocrisie sociale afin de sauver les apparences. Alors il faut chercher des parades pour contrer les interdits. Le meilleur exemple à citer n’est autre que l’alcool qui, le temps d’un mois, cède la place au haschisch.  
Officiellement les boissons alcoolisées sont bannies lors du mois sacré. Qu’à cela ne tienne, il existe bien d’autres produits qui font planer tout autant. Alors au lieu d’arrêter cette dépendance, d’aucuns se rabattent sur des produits de substitution tels que le cannabis voire les psychotropes. C’est en bonne conscience qu’ils font ce choix. «L’interdiction de l’alcool est coranique et très sévèrement condamnée. En revanche, l’interdiction des drogues ne vaut que par analogie », Rachid en est intimement convaincu. Et il n’est pas le seul. Juste après la rupture du jeûne, il se retrouve avec sa bande de copains pour se donner du bon temps. 
La tournée rituelle du joint peut durer jusqu’à l’aube, le Ramadan étant connu pour ses longues soirées. Et pour mieux les animer, le narguilé s’y invite également. Cette pipe à eau, couramment appelée «chicha», est en passe de devenir, dans notre pays, un produit phare du Ramadan. Et pour cause, le narguilé a une image très positive : une fumée banalisée et présentée, à tort, comme non dangereuse et surtout «halal». En effet, pour certains, fumer la «chicha» est une manière de fumer du cannabis sans attirer beaucoup d’attention. «Le narguilé est une manière très discrète de fumer du hachich. La “chicha” a la réputation de ne pas être dangereuse pour la santé puisqu’on ne fume que des herbes sans danger (mâassal). Cependant, il est facile de mélanger un peu de cannabis au “mâassal” sans que personne ne s’en rende compte», indique pour sa part Ali. 
Qu’en est-il de l’approvisionnement ? «Pas si difficile que cela. Il suffit d’y mettre le prix », affirme encore Ali. Ce qui fait les affaires des dealers qui se frottent les mains et réalisent, selon l’un d’entre eux, le meilleur chiffre d’affaires de l’année. Les ventes de l’«herbe» sont dopées par une demande plus importante.
Les psychotropes ne sont pas en reste et sont très prisés. Durant le mois de Ramadan, bon nombre de personnes y ont recours pour la longue durée de leur effet. Malheureusement, ils courent un grand danger. En effet, ces produits vendus 10 fois plus cher qu’en pharmacie peuvent être périmés ou toxiques. Ils proviennent généralement de la contrebande (Mellilia et Sebta) ou via des circuits en provenance de l’Algérie où ils sont fabriqués dans des laboratoires clandestins et vendus dans le circuit informel.  

Nezha Mounir
Jeudi 3 Juillet 2014

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