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Troisième âge Le cadet des soucis d’un Exécutif dépassé


Famille et solidarité à la sauce PJD



Le gouvernement Benkirane n’est même pas fichu de tenir ses promesses à l’égard des séniors

Un tableau on ne peut plus sombre vient d’être dressé de la situation des vieux par le Conseil économique, social et environnemental. Selon le CESE, une personne âgée sur dix  est pauvre, sept sur dix sont analphabètes, un sur cinq bénéficie d’une  couverture médicale et sociale, plus d’un demi-million de vieux sont atteints de maladies chroniques, et plus d’un tiers d’entre eux ont besoin de l’aide d’une tierce personne pour effectuer les principales tâches domestiques.  
Pis, de nombreuses personnes âgées vivent dans des logements inadaptés à leurs  spécificités. Elles y sont fondamentalement confrontées à des problèmes d’exiguïté, d’accessibilité, d’éloignement des services publics et à des risques d’accidents domestiques, a révélé le rapport discuté lors de l'ouverture de la 52ème session ordinaire dudit Conseil consacrée aux personnes âgées. 
D’après ce document, l’aménagement de l’espace public urbain se caractérise par l’absence d’infrastructures et de lieux de vie  adaptés aux personnes âgées, et ne favorise ni la mobilité, ni une vie sociale épanouie (trottoirs en bon état, toilettes publiques, bancs dans les parcs et les grandes artères, jardins, centres culturels à proximité, etc.).  Ceci d’autant plus que la mobilité y est entravée par un système de transport et de transit inapproprié à leur âge et à leur état de santé, et ce, indifféremment du type de transport considéré. 
La vie des personnes du troisième âge dans les centres d’accueil n’est pas tout rose. Elle se caractérise par la solitude, l’isolement, l’absence d’activités culturelles, sportives et de loisirs. Les centres idoines accueillent  des personnes aux profils parfois très divers (enfants, handicapés, personnes atteintes de maladies mentales …). Le personnel encadrant manque de formation et de motivation. Les bâtiments et les infrastructures de ces centres sont souvent inadaptés à leurs spécificités, a précisé le rapport.
Les conditions de vie des personnes âgées immigrées, et notamment celles des femmes, n’ont rien de réjouissant. Le document du CESE a indiqué que ces conditions se caractérisent par des discriminations multiples en termes d’inclusion sociale et de respect des droits prescrits en matière de couverture sociale, d’accueil dans les centres d’hébergement et de prestation de soins et de services.  L’une des raisons majeures de la fragilité de la situation sociale de ces personnes réside dans le caractère obsolète des conventions bilatérales signées entre le Maroc et les pays d’accueil. 
Des déficits importants qui rappellent étrangement l’état des lieux  dressé par le rapport sur « Les personnes âgées au Maroc : Profil, santé et rapports sociaux » élaboré en 2006 par le HCP qui a démontré que le niveau de scolarité des personnes âgées est  relativement peu élevé puisqu’une majorité d’entre elles (81,7%) n'a aucun niveau d'instruction, les femmes encore moins que les hommes (94,3% contre 68,1%) et les ruraux moins que les citadins (90,2% contre 74,1%). Ce rapport avait également indiqué que le tiers de la population âgée malade n'a pas recours aux services de soins. 59,1% d’entre elles déclarent ne pas avoir les moyens pour se faire soigner. Cette proportion est plus élevée chez les populations relativement défavorisées, à savoir les ruraux et les femmes. Seuls 13,3% des sujets âgés disposent d'une couverture médico-sanitaire.
Mais face à ce tableau si sombre, qu’est-ce que le Maroc a fait pour améliorer les conditions de vie des personnes âgées et promouvoir leurs droits ? Si les programmes et les actions entreprises par l'Etat ne manquent pas, il reste que les résultats tardent à montrer le bout du nez. A ce propos, le rapport du CESE dresse un bilan négatif des politiques publiques mises en œuvre. Tel est le cas de la « stratégie nationale » visant la valorisation, la participation, la promotion de politiques publiques à même d’améliorer les conditions de vie des personnes âgées, le renforcement de la prise en charge familiale, en plus de la formation des ressources humaines et la recherche qui a été élaborée par le ministère de la Solidarité, de la Femme et de la Famille en 2009. Ce document, rappelle-t-on, n’a pas été opérationnalisé et il devrait être revu selon le CESE qui estime que les  plans d’action et les programmes qui ont été conçus et élaborés sont toujours de nature partielle, sporadique et sectorielle. 
Le document du CESE a également pointé du doigt les retards enregistrés au niveau  de la formation des ressources humaines en gériatrie, gérontologie, psychologie et psychiatrie de la vieillesse, en travail social, etc. et les insuffisances patentes en matière de soins adaptés aux spécificités des personnes âgées.
Le partenariat entre l’Etat et la société civile concernant les prestations de soins et de services fournies aux personnes âgées est jugé lui aussi déficitaire puisqu’il ne répond plus aux attentes ; ceci d’autant plus qu’il y a une insuffisance de  subventions publiques et que la qualité de l’encadrement et de la gestion fait défaut du côté des ONG.
Pour sortir de cette situation, le CESE préconise l’élaboration d’une politique publique intégrée de protection des personnes âgées déclinée aux niveaux central et régional, basée sur le respect des droits et de la dignité. Cette politique devrait s’appuyer, selon le Conseil,  sur  une amélioration de la protection sociale des personnes âgées, et prioritairement de celles en situation de dépendance et ou de vulnérabilité, sur la définition d’un cadre juridique et institutionnel qui les protège contre les discriminations, la négligence, les mauvais traitements et la violence.
Le CESE recommande également d’améliorer la prise en charge des personnes âgées en mettant en place des structures d’aide et des programmes de formation destinés aux aides-familiaux qui prennent en charge les personnes âgées dépendantes et la révision de la loi 14.05 relative aux centres de protection sociale qui devrait être revue en vue d’inclure des normes de construction et  de prise en charge adaptées aux personnes âgées.  
 

Hassan Bentaleb
Samedi 25 Juillet 2015

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