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Touria Jebrane, parcours d’une figure emblématique du théâtre national




Touria Jebrane, parcours d’une figure emblématique du théâtre national
Présidente du jury de la 13ème édition du FCAK, Touria Jebrane, l’ex-ministre de la Culture, est une figure emblématique du théâtre national. Diplômée du conservatoire national d’art dramatique de Rabat, elle a entamé sa carrière en 1972 au sein de la compagnie Mâamora, avec Tayeb Seddiki, sous la direction de Farid Ben Barek. Le théâtre universitaire venait de naître.
Très vite, elle révèle ses qualités de grande actrice et s’impose comme une valeur sûre de sa génération.
Touria Jebrane continue son combat au sein de la troupe Mâamora et contribue à la création de nombreuses troupes indépendantes.
Quand Farid Ben Barek part à la TVM, elle le rejoint et entame par là même un passage prolifique à la première chaîne publique marocaine. Son travail est couronné par une multitude d’émissions, tous genres confondus : téléfilms, animation et production d’émissions, soirées…
Ses prestations à la télévision attirent l’attention des réalisateurs marocains et étrangers. Elle campe son premier rôle au cinéma en 1978, sous la direction de Mustapha Akkad, dans le film « Omar Al Mokhtar ». Suivront d’autres rôles, notamment dans « Absence » de Saad Chraïbi (1982), « Titre provisoire » de Mustapha Derkaoui (1982), « Bamou » de Driss Mrini (1982), « Noura » de Driss Kettani (1983), « Une Histoire d’amour» de Philipe Carrel (1992)…
Touria Jebrane compte également à son actif une fructueuse collaboration avec l’incontournable Tayeb Seddiki. « Al Majdoub », histoire de la ville d’Essaouira et «Le Livre des déclarations » sont autant de pièces de théâtre où l’actrice s’est acquittée de sa tâche et a confronté son talent à un réalisateur réputé pour ses exigences sur scène.
Au centre de la nouvelle expérience, initiée en 1987, nous retrouvons Touria Jebrane et Abdelouahed Ouzri, son mari, tous deux militant pour un nouveau projet de théâtre, celui qui rappelle aux souvenirs la passion et le dynamisme des années 70. La nouvelle compagnie est née de cette volonté de bâtir un théâtre meilleur, réaliste et sincère. Un théâtre où se conjuguent audace et passion. Un défi de plus.
Le but des deux initiateurs du projet est de réconcilier le public marocain avec son théâtre. Une entreprise périlleuse, qui se fera au prix de grands sacrifices. Et c’est tant mieux. La compagnie a pu livrer des spectacles de très bonne qualité. Elle parvint à multiplier les tournées nationales et les succès au grand bonheur d’un public assoiffé de vraies pièces de théâtre. Un théâtre engagé dont on garde de très bons souvenirs. Des pièces remarquables comme « Hikayat Bila Hodoud », inspirée de l’œuvre du grand écrivain syrien Mohamed Al Maghout, «Boughaba », inspirée de l’œuvre de Bertlod Brecht (1989), « Contes sans f rontières» (1987), « Les Fous sont parmi nous » (1990), « Le Soleil se meurt » (1993), « Les Beaux jours » (1994), « L’Oiseau de nuit » (1997), « Maître Puntila et son valet Mati » et bien d’autres ont fait découvrir au public un théâtre de qualité, rompant avec les clichés stéréotypés.
L’amour de la poésie rejoint la passion du théâtre et la complète. Touria Jebrane se ressource, puise sa force sur scène de la puissance du verbe, et la traduit dans des chorégraphies nerveuses et lucides. Ses poètes favoris sont nombreux. Elle en a fait des compagnons de combat.
Des Marocains, des Arabes et des Occidentaux : Abdellatif Laâbi, Adonis, Darouich, Mohamed Berrada, Mohamed Khair Eddine.... Plusieurs pièces du «Théâtre d’Aujourd’hui » sont nées d’une étroite collaboration avec des poètes qui partagent le même engagement, le même souci créatif telsque : Lamsayeh, Derham …
Tout au long de sa carrière, elle a travaillé avec une fine brochette de comédiens nationaux et arabes, multiplié les expériences et conquis les cœurs de milliers de fans. Sa notoriété dépasse les frontières nationales pour trouver écho un peu partout dans le monde arabe. La première reconnaissance vient de l’Irak, un pays qu’elle chérit particulièrement, et dont elle garde de très bons souvenirs.
A Bagdad, elle décroche en 1985 le prix de meilleure comédienne.
Quatre ans plus tard, c’est au tour du Festival de Carthage de primer son talent. Avec le même intérêt, les responsables du festival récidivent en 1991 pour lui octroyer la mention spéciale et le prix de meilleure interprétation féminine.
Une année plus tard, la reconnaissance arrive, cette fois-ci du Festival international du théâtre expérimental du Caire, où l’actrice reçoit un « Hommage spécial » pour l’ensemble de son œuvre.
Les trois derniers prix rendent hommage spécialement à des pièces de théâtre conçues et mises en scène dans le cadre du «Théâtre d’Aujourd’hui.»
Touria Jebrane a été décorée par Feu le Roi Hassan II du Wissam du mérite national. Elle est également chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres de la République française. Elle a reçu le prix Vermeil de l’Académie des «Arts Sciences Lettres » à Paris.

Chouaib Sahnoun.
Mercredi 14 Juillet 2010

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