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Tenue à Tanger des Medays : L’Afrique et le monde arabe face à leurs défis




Aujourd'hui, les événements se succèdent et s'accélèrent sur le continent africain et dans le monde arabe.  Et chaque jour semble porter son lot de révoltes et d'indignation mais aussi d'espoir et de réforme. Que ce soit au Maroc, en Egypte, en Tunisie, au Niger, en Côte d'Ivoire, en RD Congo ou ailleurs, le processus de changement semble déclenché à jamais et personne ne peut prétendre à quoi il aboutira dans les années à venir. D'où la difficulté d'une lecture objective et impartiale des événements en cours.  Lors de l'ouverture officielle du Forum du Sud Medays, tenu du 16 au 19 novembre à Tanger, Ahmet Davutoglu, ministre turc des Affaires étrangères a indiqué que le monde avait besoin aujourd'hui d'un ordre politique, économique,  social nouveau puisque l'actuel ne semble pas refléter les réalités politiques en cours. Selon lui, les 22 dernières années ont connu l'éclatement de nombreuses crises internationales sans que cet ordre parvienne à les résoudre. A ce propos, Ahmet Davutoglu a expliqué que la Turquie estime que le nouvel ordre mondial doit passer par l'instauration d'un système politique basé sur le partenariat et une grande participation des Etats du Nord et du Sud et non sur la domination d'une partie sur l'autre. Le nouvel ordre mondial demande également, selon lui,  la mise en place d'un système économique  fondé sur la productivité et la justice entre le Nord et le Sud. Autrement dit d'une nouvelle perception de l'économie qui doit s'appuyer  sur une distribution équitable des richesses. « Sans cette économie intégrée et sans ce système politique solidaire, on ne peut pas parler de paix durable », a-t-il précisé.
Evoquant le Printemps arabe, le ministre turc a affirmé que cet événement n'est pas né du vide. Il est survenu, selon lui, d’une série de déceptions et d’un manque de justice qui frappent le monde arabe depuis des décennies.  Il pense même que les événements en cours sont le prolongement de celles de la guerre froide.  « Les changements survenus en Europe de l'Est il y a 20 ans, ont dû se passer également dans le monde arabe car l'ensemble de mutations en cours dans cette région est fortement lié au contexte de la guerre froide ».
Pour lui, l'Etat turc semble décidé à soutenir pacifiquement le mouvement de démocratisation dans la région arabe, mais sans imposer ni dicter ses choix aux pays concernés. « On pense qu'un nouvel ordre mondial est en train de naître et qu'il faut contribuer à cette naissance », a-t-il souligné.
De son côté, Alejandro Celestino Toledo Manrique, ancien Président du Pérou, a expliqué que le monde arabe est en train de tourner aujourd'hui une page de son histoire. Pour lui, le Printemps arabe traduit la volonté des peuples de la région à plus de démocratie, de distribution équitable des richesses, de la dignité et des droits de l'Homme. « En Tunisie, j'ai vu les gens voter et ils étaient heureux. Certains ont même pleuré, car c'est la première fois de leur vie qu'ils avaient le droit de choisir leurs élus. Pour moi, ce choix est essentiel quel qu’en soit le résultat », a-t-il déclaré. Alejandro Celestino est convaincu que répondre aux aspirations du peuple est un exercice dur et pénible qui demande beaucoup de courage et de sagesse politique. Et d'ajouter que la démocratie n'est pas seulement d’aller voter lors des échéances électorales et de choisir les élus de la nation. La démocratie, « c'est assumer la responsabilité de gérer le pouvoir démocratiquement. C'est la capacité d'édifier ce système et de faire bénéficier à l'ensemble de la population de ses fruits », a-t-il précisé.
L'ancien Président péruvien estime également que pour consolider la démocratie, il faut une croissance économique, mais cette dernière n'est pas une fin en soi. C’est juste un moyen, selon lui, qui n'a pas de valeur si ses résultats ne sont pas partagés par l'ensemble de la population, notamment les pauvres. « Il faut donner un visage humain à cette croissance économique », a-t-il noté avant de conclure que le développement, la stabilité économique, le changement climatique et la sécurité ne trouveront de solutions que dans un nouveau multilatéralisme et une volonté d'implication. Pour sa part, Morgan Tsvangirai, Premier ministre du Zimbabwe, a déclaré que l'Afrique vit le changement et qu'elle bouge et se transforme. Selon lui, une nouvelle génération de leaders est en train d'émerger. Une élite dont le point commun est la lutte contre la corruption et l'édification de nouvelles valeurs basées sur des économies dynamiques et vivantes capables d'offrir plus d'emploi, des infrastructures diversifiées et modernes.
Il semble optimiste. Il estime que l'avenir s'annonce radieux et plein d'espoir malgré les quelques tristes événements qui perturbent cette espérance. 

DNES : Hassan Bentaleb
Vendredi 18 Novembre 2011

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