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Selon le Centre marocain de conjoncture : Les opérateurs marocains dans l'expectative




Selon le Centre marocain de conjoncture : Les opérateurs marocains dans l'expectative
D'après un sondage qualitatif portant sur la réaction et les anticipations des principaux opérateurs économiques marocains face à la crise économique mondiale, au Printemps arabe et la dynamique des réformes que le Royaume connaît, publié dans le N° 20 d'Info CMC, la triennale 2009-2011 a été marquée par trois événements exceptionnels.
Ainsi, si au plan international et notamment en Europe, le principal fait marquant est constitué par la crise économique et la dette avec leurs effets fâcheux fortement ressentis par les entreprises et par les Etats eux-mêmes, la région du pourtour Sud de la Méditerranée a, quant à elle, vécu des événements d'une autre nature revêtant une grande portée. Qualifiés de Printemps arabe, ces événements ont provoqué d'importantes ruptures. Dans ce contexte, le Maroc a accéléré au plan interne la dynamique des réformes qui a été couronnée par l'adoption de la nouvelle Constitution. Cette nouvelle donne a amené le Centre à procéder à la réalisation d'un sondage d'opinion auprès des grands décideurs économiques privés, l'objectif étant de mesurer la perception par ces opérateurs des impacts ressentis en 2011 ou anticipés pour 2012.

Fort impact de la crise sur
le moral des opérateurs
Ce sondage révèle que la perception des impacts par les opérateurs est variable d'un événement à l'autre. D'une part, la persistance de la crise en Europe aurait fortement contrarié le cours normal des affaires en 2011;  c'est le cas des 75% des avis exprimés contre à peine 25% qui sont d'un avis contraire. Ils sont 60% à estimer que cette crise connaîtra une aggravation plus ou moins forte en 2012 contre seulement moins de 40% qui pensent le contraire. D'autre part, les opinions des opérateurs sont nettement plus nuancées s'agissant du Printemps arabe. Ainsi, si pour 40% des avis exprimés, ces événements ont été perçus positivement, quelque 27% sont d'un avis contraire et 33% affichent même une attitude d'indifférence. En 2012, l'intensité de ce Printemps arabe faiblirait pour 56% des opinions exprimées, contre 44% qui anticipent que cette intensité se fera sentir avec une acuité plus ou moins forte. Enfin, pour ce qui est du Maroc, l'approfondissement des réformes intervenues en 2011 aurait suscité l'adhésion de 60% des opérateurs contre seulement 40% qui seraient restés dans une attitude attentiste. Les opérateurs sont aussi nombreux à s'attendre à une accélération du rythme de ces réformes en 2012. Au total, ce sondage révèle que le sentiment d'attentisme toucherait 80% des opérateurs, attitude qui s'expliquerait principalement par la persistance de la crise dans les pays partenaires du Maroc (55% des opinions) et l'accentuation des rythmes de réformes au plan interne (40%), et très faiblement par le Printemps arabe (moins de 5%).….
En attendant les nouvelles règles de Jeu
Toutefois, et au-delà de la dimension purement conjoncturelle de cette démarche, il convient de s'interroger sur la signification profonde des indications chiffrées déduites de ce sondage. Sous cet angle, deux séries d'explication peuvent ainsi être avancées. En premier lieu, ce sondage souligne la forte corrélation entre les réalités économiques et la perception des opérateurs privés. Dans ce sens, le poids important accordé à la crise économique s'expliquerait surtout par l'importance de l'Europe dans la réalité de nos échanges extérieurs (plus de 65%), suivie bien loin de l'Asie (quelque 20%) et des Amériques, les échanges avec l'Afrique et les pays arabes de la rive Sud de la Méditerranée revêtant un caractère presque insignifiant. Le faible impact du Printemps arabe est donc conforme à la faiblesse des échanges enregistrés entre les différents pays concernés. En deuxième lieu, pour ce qui est des réformes menées au plan interne, le sentiment d'expectative qui prévaut chez la majorité des décideurs privés s'expliquerait par le principe de précaution, attitude normale dans tout contexte nouveau dont les règles de jeu n'ont pas encore été clairement définies. Sous cet angle, deux types d'observations méritent d'être relevés. D'abord, l'accélération du rythme des changements intervenus en 2011 qui est, pour une large part, l'aboutissement d'un processus entamé voilà plus de dix ans, nécessite malgré tout de la part des décideurs privés un délai d'adaptation pour en saisir toutes les implications. Même si, par ailleurs, ces opérateurs sont convaincus de la nécessité de ces réformes pour impulser un nouveau souffle à la croissance économique.
Ensuite, la loi de Finances pour l'exercice 2012, document essentiel dans lequel sont spécifiés les voies et les moyens à mobiliser pour la réalisation des objectifs de politique économique en phase avec les exigences du nouveau contexte, n'est toujours pas adoptée. D'autant qu'au plan global, les indicateurs de performance relatifs à l'exercice écoulé ne semblent pas très encourageants: dépassant les 6% du PIB, les déficits jumeaux des finances publiques et de la balance des paiements seraient synonymes de faibles marges de manoeuvre pour les politiques publiques à venir. En définitive, de tels changements institutionnels d'envergure opérés en si peu de temps, un cadre macroéconomique vulnérable, des perspectives de croissance pour 2012 en baisse, tous ces éléments pousseraient les plus avertis des opérateurs à scruter l'horizon avec circonspection.

Libé
Vendredi 24 Février 2012

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