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Selon la dernière lettre mensuelle du CMC : 99.158 journées de travail évaporées en 2008




Selon la dernière lettre mensuelle du CMC :  99.158 journées de travail évaporées en 2008
Le marché de l’emploi subit de plein fouet les effets de la crise économique et financière. Des entreprises ferment, d’autres réduisent les horaires de travail tandis qu’une troisième catégorie licencie massivement ou vit la grève au quotidien. Même si des statistiques officielles sur les effets de la crise sur le marché de l’emploi ne sont pas encore disponibles, des indices signalent déjà l’ampleur de l’impact. «Le textile connaît des fermetures d’usines et perd des emplois par milliers, le chiffre d’affaires de l’industrie automobile a déjà considérablement baissé, l’artisanat et le tourisme subissent de plein fouet la contraction de la consommation des pays développés et les transferts de fonds des migrants connaissent une baisse considérable». C’est du moins ce qui ressort de la dernière lettre du Centre marocain de conjoncture (CMC). En effet, la détérioration de la conjoncture économique consécutive au déclenchement de la crise internationale commence à se faire sentir au niveau social. Au vu des données disponibles, les conflits du travail se caractérisent par une très nette recrudescence en 2008, à en juger par l’évolution des indicateurs ayant trait aux conflits tant individuels que collectifs. La tendance, caractérisant les conflits individuels, est fortement haussière (+14%) en ce sens qu’aussi bien le nombre de ces conflits que celui des réclamations sont en nette augmentation en 2008 comparativement au profil d’évolution affiché un an plus tôt. Il ressort des statistiques du CMC qu’au plan de leur localisation par secteur, ces conflits concernent les activités relevant de l’industrie à raison respectivement de 65,4% (24.556 conflits), du commerce et services pour 34,6% (12.982). Ces conflits ont donné lieu à 80.968 réclamations qui ont nécessité des interventions au titre de médiation. Lequel canal a permis d’atténuer, d’après le CMC, l’acuité de la conflictualité sociale en favorisant le rapprochement des points de vue des salariés et des employeurs. La médiation a permis aux réclamations de trouver une issue positive dans des proportions dépassant les 50%. Elle a, ensuite, permis la réintégration de 4.805 ouvriers licenciés dont 3.200 dans l’industrie et 1.331 dans les activités de commerce et services. Au sujet des réclamations, il y a lieu de relever que ces réclamations sont liées à des questions de préavis dans le congédiement, suivi des conflits liés au paiement des congés. Le non-paiement des salaires constitue le troisième facteur majeur de ces conflits. Le Centre marocain de conjoncture a recensé 15.997 conflits représentant 19,76% du total. A eux seuls ces trois déterminants expliquent 75% du nombre total de ces conflits. Le reliquat porte sur la discipline, l’horaire de travail, le repos hebdomadaire et les accidents de travail. Suivant la même tendance, le nombre de conflits collectifs mesurés par le nombre de grèves évitées et surtout déclenchées est en forte hausse de 25%; il en est de même du nombre d’établissements concernés par ces conflits, des journées perdues en hausse de 53,3% pour atteindre les 99.158 journées contre environ 65.000 un an plus tôt ou des effectifs grévistes. Dans l’ensemble, et malgré cette aggravation constatée en 2008, le Maroc reste un pays où la conflictualité demeure circonscrite dans des limites «acceptables». En particulier, le nombre de grèves est beaucoup plus important que celui des grèves déclenchées : 634 contre 178, intéressent 516 établissements et entreprises employant un effectif s’élevant à 67.216 personnes ; les effectifs épargnés sont beaucoup plus importants que ceux cédant aux mouvements de grèves. «Par ailleurs, le nombre de journées perdues par gréviste demeure, lui aussi, circonscrit, dans des proportions tolérables », d’après les analystes du Centre marocain de conjoncture. A noter avec le CMC que les conflits individuels qui sont des litiges qui naissent à l’occasion de l’exécution de la relation du travail portent essentiellement sur les modalités et les conditions d’exécution du contrat de travail. Ils opposent donc un salarié à son employeur. Par ailleurs, et même si la somme des conflits individuels n’est pas égale à un conflit collectif, ce dernier suppose l’existence d’un intérêt commun distinct des intérêts individuels. N’empêche qu’un ou plusieurs conflits individuels peuvent se transformer en conflits collectifs. De leur côté, les notions de conflits collectifs de travail désignent toutes les formes de litiges se traduisant par le déclenchement de grèves ouvertes (grèves déclenchées) ou même celles avortées (grèves évitées). Par ailleurs, si théoriquement, ces conflits sont motivés par des facteurs aussi variés que nombreux (conflits de solidarité, de protestation), dans les faits, ces conflits qui sont pour l’essentiel de nature économique ont pour finalité d’améliorer les conditions matérielles et morales des salariés au regard des dispositions de la loi ou de la convention collective.

Mohamed Kadimi
Mercredi 20 Mai 2009

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