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SacrificeS Faut-il charger la seule fatalité ?




Aïd El Kébir. La Grande fête. Synonyme, en principe, de sérénité et de liesse pour toute une oumma à moins que l’on se mette du côté de ces pauvres béliers qui n’ont rien demandé à personne.
Sauf que la veille de l’Aïd, ailleurs, tout le monde était plutôt focalisé sur une autre tête qui devait être tranchée le même jour que celle des millions de moutons promis au sacrifice.
Ali Mohammed Al-Nimr, vingt et un ans à peine, avait été condamné à mort. Et pas n’importe quelle mort! Décapitation et crucifixion sur la place publique, sur ces mêmes Lieux Saints où se retrouvent quelque deux millions de fidèles entre sunnites et chiites. Faut-il le préciser? Justement, l’un des principaux torts d’Al-Nimr, c’est qu’il se trouve être chiite dans un pays où l’on n’a pas trop intérêt à l’être. Et, circonstances aggravantes, il s’est avisé de jouer à l’opposant allant jusqu’à manifester son désaccord dans un pays où il est formellement…déconseillé de l’envisager.
Nom de Dieu ! Mais pourquoi donne-t-on l’occasion à tous ces mécréants de par le monde pour s’ériger en donneurs de leçons, pour nous rappeler que tout cela est plus que barbare.
Le pire allait cependant advenir le jour du sacrifice même. Des centaines de fidèles allaient se faire mortellement piétiner par d’autres fidèles. Charger la seule fatalité serait faire montre de cécité et de mauvaise foi. Il doit bien y avoir des responsabilités à définir en plus de celles que l’on s’est empressé de montrer du doigt faisant des pèlerins les seuls coupables de cet horrible carnage qui vient, en moins d’une semaine, s’ajouter à un autre qui avait coûté la vie à bien d’autres pèlerins.
Serait-ce blasphémer que d’oser dire qu’il va falloir repenser le hajj ? On a bien accepté le changement, quand on a doté les Lieux Saints d’une infrastructure luxueuse ou luxuriante voire dont on ne soupçonnait même pas l’existence à l’époque du Prophète.
Et pendant que les hadj tombaient par centaines à La Mecque, d’autres musulmans se faisaient tuer par d’autres musulmans encore au Yémen. Là aussi une histoire de sunnites et de chiites. Sans parler de l’Irak ou de la Syrie, autres berceaux de l’islam, si l’on peut dire, et ces centaines de milliers  contraints de fuir les atrocités de la guerre pour chercher refuge sur quelque terre plus clémente, quand bien même serait-elle là aussi mécréante.
Devrait-on parler, qu’à Dieu ne plaise, de malédiction? Toujours est-il que l’on a de plus de plus de mal à déceler quelques traces de cet islam prônant indulgence, pardon, convivialité, amour et paix auprès d’un bon nombre de musulmans.

Par Mohamed Benarbia
Lundi 28 Septembre 2015

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