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Rien ne va plus : Pourquoi il faut adhérer à la grève décidée pour ce jeudi




La FDT a décidé d’organiser une grève nationale dans la Fonction publique et les collectivités territoriales ce jeudi 11 février 2016. Les raisons en sont nombreuses. A l’image même des nombreuses décisions antisociales que le gouvernement Benkirane ne cesse de prendre et qui portent atteinte tant au pouvoir d’achat des classes laborieuses qu’aux acquis que ces dernières ont arrachés de haute lutte depuis fort longtemps. Voici par ailleurs quelques-unes de ces raisons.

Dialogue social
Depuis l’investiture de ce gouvernement au début de 2012, le dialogue social peine à décoller. Hormis quelques rares réunions tenues entre le gouvernement et les centrales syndicales, l’Exécutif  a fait piètre figure en faisant la sourde oreille aux revendications légitimes des centrales syndicales. Notamment celles visant l’amélioration de la situation des salariés du privé et des fonctionnaires pour leur permettre de mener une vie digne, l’augmentation des salaires et des pensions des retraite, la réduction de l’impôt sur salaire et l’élargissement  du seuil des salaires non imposables. Cela explique le piètre bilan de ce dialogue que le gouvernement n’a jamais considéré autrement que comme un simple monologue.  Fait inédit dans l’histoire du Maroc depuis l’institutionnalisation de ce dialogue au milieu des années 90 du siècle passé, les centrales syndicales (à l’exception bien sûr de l’UNTM qui est adossée au PJD), accusent le gouvernement de liquider tous les acquis qui ont été accumulés depuis cette date et d’appliquer une politique antisociale qui porte atteinte au pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes (hausses des prix des produits de première nécessité). L’année 2016 sera une année de tension entre les deux parties puisque la loi de Finance 2016 regorge de dispositions antisociales qui risquent d’attiser les tensions sociales.

Retraite
Le chef du gouvernement a choisi de faire cavalier seul dans le dossier de la réforme des caisses de retraite. Faisant fi des efforts consentis depuis des années dans la Commission nationale chargée de formuler les scénarios de la réforme des caisses de retraite, et marginalisant les partenaires sociaux, à savoir les centrales syndicales, Abdelilah Benkirane a proposé sa propre copie de la réforme en annonçant en décembre 2015 devant le Parlement sa décision de relever l’âge de départ à la retraite à 63 ans en 2019. Cette décision s’appliquera dans un premier temps aux fonctionnaires affiliés à la Caisse marocaine de retraite (CMR). Ella a donc suscité l’ire des centrales syndicales hormis la centrale syndicale proche du PJD. Lesquelles ont décidé d’agir en commun pour contrer ce diktat. Alors que ce projet a été soumis à la Chambre des conseillers, les centrales syndicales n’ont eu d’autre moyen que de faire pression sur le chef du gouvernement pour qu’il retire sa copie, mais il a refusé tout en leur promettant que leurs amendements seraient soutenus par les groupes de la majorité qui voteront en leur faveur, selon un quotidien proche du PJD. Mais qui garantira que ces groupes vont accepter les amendements des centrales syndicales qui savent d’expérience que le chef du gouvernement n’a jamais honoré sa parole, ni respecté ses engagements et qu’il a fait fi des accords signés entre les syndicats et les anciens gouvernements? Notamment l’accord du 26 avril 2011 dont Benkirane refuse catégoriquement d’appliquer les dispositions.

Mesures antisociales
Les mesures et les décisions successives du gouvernement Benkirane depuis plus de quatre ans n’ont cessé d’éroder le pouvoir d’achat des Marocains et notamment des classes ouvrière et moyenne. Selon l’étude du HCP rendue publique récemment, l’Indice des prix de consommation (IPC) annuel moyen a enregistré, au terme de l’année 2015, une augmentation de 1,6% par rapport à l’année 2014. La hausse a concerné aussi bien les produits alimentaires dont l’indice a augmenté de 2,7% que les produits non alimentaires dont l’indice a progressé de 0,7%. Les variations enregistrées pour les produits non alimentaires vont d’une baisse de 3,2% pour le «transport» à une hausse de 3,3% pour le «logement, eau et électricité». Et d’après l’enquête de conjoncture auprès des ménages du HCP, au quatrième trimestre de 2015, 86,2% des ménages estiment que les prix des produits alimentaires ont augmenté durant les 12 derniers mois, 13% jugent qu’ils ont stagné et 0,8 % croient qu’ils ont baissé. S’agissant des perspectives d’évolution des prix des produits alimentaires, la même étude souligne que 76,1% des ménages pensent qu’ils continueront à augmenter dans le futur contre 23,0% qui prévoient leur stagnation et 0,9% leur baisse.
Face à la cherté du coût de la vie, le gouvernement s’oppose catégoriquement à toute augmentation des salaires. Lors d’une séance parlementaire, le chef du gouvernement avait estimé que certaines revendications des syndicats sont inacceptables comme l’augmentation de 25% des salaires aussi bien dans le secteur public que privé. D’après lui, «l’exécution d’une telle mesure risquerait de grever le Budget» puisqu’«elle nécessitera la mobilisation de 27 milliards de DH supplémentaires chaque année». Sans oublier «l’impact qu’elle aura sur les entreprises et, par conséquent, sur la création de postes d’emploi».  

 Droit de grève
Le gouvernement Benkirane a inventé une pratique qu’aucun gouvernement ne peut imaginer. Il s’agit en l’occurrence des ponctions sur les salaires des grévistes de la Fonction publique. Cette pratique a été fortement condamnée par les centrales syndicales qui la considèrent comme illégale en l’absence d’une loi régissant ce droit.
Par ailleurs, l’Exécutif n’a pas daigné déposer de projet de loi organique relative  au droit de grève, laissant cette initiative au groupe de la CGEM à la Chambre des conseillers.

T.M
Lundi 8 Février 2016

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