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Réunion de la commission ministérielle pour rectifier les cahiers des charges de Mostafa El Khalfi : Benabdallah reprend en main le dossier de l’audiovisuel




Réunion de la commission ministérielle pour rectifier les cahiers des charges de Mostafa El Khalfi : Benabdallah reprend en main le dossier de l’audiovisuel
Nouveau rebondissement dans les cahiers des charges des médias audiovisuels publics. Une commission inter-ministérielle,  constituée pour procéder au « nettoyage » des cahiers des charges élaborés par le ministre islamiste de la Communication, Mostafa El Khalfi, a tenu sa première réunion samedi 5 mai, en fin d’après-midi, à Rabat.   Le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, en a confié la présidence à  Nabil Benaballah, le leader du PPS et ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Politique de la ville. Un choix qui doit probablement s’expliquer par le fait que N. Benabdallah  est à l’origine des premiers cahiers des charges des télévisions et radios publiques, alors qu’il était ministre de la Communication sous le gouvernement Driss Jettou.
A cette réunion qui s’est tenue au siège de la primature, chaque parti de la coalition gouvernementale y est représenté par l’un de ses ministres. Le Mouvement populaire a été représenté au sommet par son secrétaire général et ministre de l’Intérieur, Mohand Laenser. L’Istiqlal a dépêché Mohamed Louafa, le ministre de l’Education nationale. Du côté du PJD, l’on notera la présence (étrange)  du ministre de la Justice et des Libertés, Mostafa Ramid, en plus de celle de son collègue du département de la Communication, auteur de ces nouveaux cahiers charges qui ont suscité un vif débat au sein de la société politique et civile, Mostafa El Khalfi qui n’a pas été complètement déchargé de ce dossier.
Au cours de cette longue rencontre qui se serait déroulée dans un climat qualifié de « positif » et une ambiance « constructive », les membres de la commission ministérielle ont élaboré une méthodologie de travail et identifié les points qui posent problème dans les cahiers des charges de M. El Khalfi. Autrement dit, les dispositions qui doivent changer ou être supprimées ont été passées en revue. Et si les ministres membres de la commission s’abstiennent de tout commentaire à la presse et ce pour « réunir les conditions de sérénité » à leur entreprise, une source proche de ce dossier croit savoir que « la question du pluralisme linguistique à la télévision et à la radio, notamment dans les JT, les quotas réservés à la production nationale, les formulations détaillées qui ont des cahiers des charges, de véritables grilles des programmes» sont des points qui ont été abordés par la commission ministérielle chargée de la rectification des cahiers des charges des médias publics. On le sait, les cahiers des charges d’El Khalfi avaient même défini le profil des invités aux émissions de débat allant jusqu’à imposer la présence d’hommes de religion.
La question du fait religieux n’aurait pas été non plus occultée par cette commission que préside Nabil Benabdallah.

Tous les points de discorde évoqués

Les émissions religieuses destinées à l’éducation religieuse et à la culture de l’Ifta’a du jeune public telles que précisées par les cahiers des charges n’auraient pas été non plus passées sous silence par les ministres de la majorité, membres de la commission. En plus du fait qu’un ministère en charge du culte existe, deux médias audiovisuels thématiques, dédiés à la promotion de la religion musulmane, ont  enrichi le paysage médiatique depuis plusieurs années déjà : la télévision « Mohammed VI » et la radio « Mohammed VI » . « L’Islam n’a pas attendu l’arrivée d’El Khalfi pour investir la télévision et la radio. Pas question non plus de considérer que ce pays n’a pas un garant de l’Islam et de jeter un doute, même cathodique, sur le rôle de la commanderie des croyants », commente notre source.
La disposition relative à l’interruption des programmes pour la diffusion des appels à la prière sera-t-elle supprimée, sachant que les horaires des prières ont toujours été indiquées, en direct sur Al Oula, au bas de l’écran ? Le débat serait ouvert au sein de la commission ministérielle dont la majorité des membres est convaincue que la réhabilitation de l’Islam dans les médias est loin d’être un fait nouveau.
Jeudi 10 mai, Nabil Benabdallah présentera son tout premier rapport devant le Conseil de gouvernement. A ses pairs de l’Exécutif, ce ministre présentera un compte-rendu de la première séance de travail de la commission qu’il préside et les points de discorde des cahiers des charges de la SNRT et de 2M qui demandent rectification. Une manière pour la commission d’obtenir la validation et le feu vert de l’ensemble du gouvernement avant de se mettre à l’ouvrage et procéder aux changements à apporter.
La validation obtenue, tout devra aller très vite. Le jeudi 17 mai, en Conseil de gouvernement, Benabdallah présentera de nouveau un rapport sur les rectifications introduites dans les cahiers des charges de Mostafa El Khalfi.  Des rectifications qui prendront alors la forme d’un avenant qui sera envoyé pour approbation à la HACA, l’instance de régulation qui a observé un silence pour le moins coupable depuis l’éclatement de ce qu’il convient désormais d’appeler l’affaire des cahiers des charges.
En recevant, dimanche 22 avril, le chef de gouvernement Abdelilah Benkirane et le ministre d’Etat Abdallah Baha au sujet des cahiers des charges, le Roi avait mis en garde contre le non-respect du pluralisme linguistique et culturel dans le paysage audiovisuel marocain. « Je veux des télévisions et des radios qui rassemblent et non pas qui divisent », aurait recommandé le chef de l’Etat à MM. Benkirane et Baha. La commission ministérielle en charge de la rectification des cahiers des charges semble avoir fait de cette recommandation une profession de foi.

Narjis Rerhaye
Lundi 7 Mai 2012

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1.Posté par ouchen le 07/05/2012 18:18
en premier lieu , le fait de dessaisir le ministre de la communication d'un dossier qui concerne le secteur dont il est responsable pour le confier à une commission dont il n'assume pas la présidence est :
1/ anticonstitutionnel au regard des dispositions de l'article 95 de la constitution
2/ moralement maladroit puisqu'il constitue un désaveu implicite qui remet en cause la compétence du ministère de la communication à rectifier et à revoir sa copie initiale du cahier des charges
3/ cette pratique, qui d'ailleurs ne peut se justifier par aucune considération, ouvre la voie à des pratique qui auront pour effet de diluer les responsabilités des membres du gouvernement, demain on ne sera pas surpris de voir l'élaboration de la loi des finances confiée à une commission présidée par un autre ministre que celui des finances si jamais le parlement exige des amendements, et puis c'est un dénigrement de tous les efforts qu'il avait déployés à ce sujet.
4/ On attendra bien volontiers la copie qui sera certainement influencé par le ministre de l'habitat et puis on va la comparer avec celle de 2006 pour mesurer le degré de l'effort fourni en 2012 et qui a été occulté en 2006, car les principes, les vrais sont immuable, leur application seule qui peut évoluer
5/ encore un appel à l'opposition de se pencher sur les défaillances et les contradictions de la piètre loi 77-03 relative à la communication audiovisuelle pour qu'il puisse être vraiment le cadre transparent qui permettra l'élaboration des cahiers des charges des services publics audiovisuels, tant que cette petite loi demeure en l’état où elle a été gauchement conçue, le secteur n'avancera pas d'un iota.
6/ on a le sentiment que le PJD est en voie de devenir la victime du PPS,

2.Posté par ouchen le 08/05/2012 20:05

il faut lire l’article 93 et non 95 de la constitution qui dispose/

Les ministres sont responsables, chacun dans le secteur dont il a la charge et dans le cadre de
la solidarité gouvernementale, de la mise en Œuvre de la politique du gouvernement.
Les ministres accomplissent les missions qui leur sont confiées par le Chef du Gouvernement.
Ils en rendent compte en Conseil de Gouvernement. Ils peuvent déléguer une partie de leurs
attributions aux Secrétaires d'Etat.

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