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Représentant 20% du PIB national : Le coût logistique impacte négativement la compétitivité




Représentant 20% du PIB national : Le coût logistique impacte négativement la compétitivité
Le transport routier national assure pratiquement 75% de l’acheminement des marchandises (85% en tonnage et 95% en valeur) et 90% de la mobilité en transport de voyageurs. Pourtant, à en croire certains professionnels, le secteur va mal. Car, malgré la mise en œuvre de plusieurs réformes depuis  2002 par le ministère de l’Equipement et des Transports et malgré les quelques avancées enregistrées, le transport routier reste marqué par plusieurs aspects négatifs qui handicapent  lourdement sa gestion, son développement et sa compétitivité.
La réduction des coûts logistiques nationaux figure, en effet, parmi les priorités des autorités et des opérateurs. Représentant 20% du PIB, ils devraient être ramenés à 15% à l’horizon 2015. A titre de comparaison, les coûts logistiques affichés par les pays européens se situent dans une fourchette allant de 10 à 15%.
Réunis lors des 1ères escales sectorielles de la CGEM Transport et logistique, tenues le 21 février à Casablanca, les professionnels se sont penchés sur leur secteur. Pour eux, la situation laisse à désirer.
Pour Mohamed Marhraoui, directeur du transport routier et de la sécurité routière au ministère de l’Equipement et des Transports (MET), l’organisation actuelle du transport routier en commun des voyageurs semble montrer ses  limites. Les textes régissant le secteur et dont l’origine remonte à plus de cinquante ans sont devenus par la force des choses caducs et anachroniques, surtout qu’ils sont basés sur la notion d’agrément qui s’apparente à une rente improductive désormais anticonstitutionnelle.Selon lui, ce système des agréments de transport public des voyageurs a dévié progressivement vers un système où les autorisations n’étaient peu à peu plus délivrées aux professionnels.
M. Marhraoui a expliqué, chiffres à l’appui, que sur 3.681 agréments octroyés, 24% ne sont pas exploités et 70% d’entre eux sont soumis à l’exploitation  indirecte.  83% des transporteurs dont le nombre s’élève à 1.478 personnes,  exploitent un agrément ou deux et effectuent 2/3 des déplacements sur le réseau routier national. 73% de ces transporteurs exercent pour leur compte propre et 48% d’entre eux ne disposent pas d’agrément.
L’intervenant a indiqué, par ailleurs, que 75% des déplacements quotidiens entre les villes sont effectués pas des taxis. La part de marché du transport par autocars dans les déplacements interurbains est passée de 57% en 1976 à 52% en 1988 pour chuter à 35% en 2006.
De son côté, Larbi Ziati, directeur délégué de la Fédération du transport de la CGEM, a affirmé que le transport routier des marchandises n’est pas mieux loti que celui des voyageurs. Selon lui, le secteur souffre de quatre maux, à savoir l’atomicité du secteur, la surcapacité de l’offre, l’insuffisance du contrôle routier et la faiblesse du transport international routier des marchandises.
A cet effet, M. Ziati a révélé que ce secteur reste caractérisé par l’atomicité et la domination d’entités individuelles dont 98% d’entre elles sont non structurées et plus de 90% de celles-ci ont deux véhicules. Dans ce sens, il a souligné que le secteur connaît une offre pléthorique caractérisée par une forte proportion du parc des véhicules de TRM pour compte propre (55% contre  45% pour compte d’autrui). Ce qui a sérieusement impacté les tarifs qui sont inférieurs de 55% aux tarifs fixés par le ministère. La grande vétusté du parc des véhicules de TRM en circulation a été également pointée du doigt.  Selon lui, la moyenne d’âge reste supérieure à 13 ans alors que les normes pour l’exploitation des camions sont estimées à 10 ans avec 1 million de km roulés. Pour sortir de cette situation, les professionnels recommandent que le projet de réforme du système du transport routier en commun de voyageurs soit conforme aux dispositions de la Constitution qui institutionnalise l’économie de marché et bannit l’économie de rente.
Pour ce faire, les participants à cette escale préconisent l’établissement, dans le cadre du partenariat public-privé d’un contrat-programme définissant les actions préalables et les mesures d’accompagnement de cette mise en œuvre entre le gouvernement représenté par le ministère de l’Equipement et des  Transports et la profession du transport routier en commun des voyageurs.
Ils ont enregistré avec satisfaction, la volonté du ministère de l’Equipement et des Transports de mettre en œuvre le contenu du préambule de la loi n° 16.99 du 13 mars 2000 ayant réformé le système du transport routier de marchandises, pour que les dispositions de cette loi qui retient le professionnalisme comme critère d’accès au marché, par l’introduction de normes qualitatives, en vue de l’exercice de la profession de transporteur routier de marchandises, soient étendues à l’activité de transport routier en commun de voyageurs.

Hassan Bentaleb
Vendredi 24 Février 2012

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