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Recherché en France, Lacrim donne un concert à Rabat

La justice lui reproche la présence de ses empreintes sur des armes à feu retrouvées chez des trafiquants de cocaïne




L'artiste, double disque
d'or, qui fait l'objet d'un
mandat d'arrêt français depuis
mars 2015 a été photographié,
samedi dernier, par un
journaliste de l'AFP .
Il s'apprêtait à monter
sur scène dans
une boîte de nuit marocaine.



Certains le croyaient en vacances en Thaïlande, d'autres le pensaient toujours à Marseille. C'est finalement au Maroc que des journalistes français l’avaient rencontré en mai dernier. Faisant l'objet d'un mandat d'arrêt depuis mars 2015, celui qui se faisait habituellement discret semble aujourd’hui adopter une nouvelle stratégie. Selon une photo de l’AFP et des vidéos publiées sur Facebook, Lacrim, célèbre rappeur franco-algérien, double disque d’or, est monté sur scène, samedi dernier,  au «Too Much», une prestigieuse boîte de nuit de Rabat.
En cavale depuis sa condamnation à 3 ans de prison pour transport et détention illégale d’armes, le jeune rappeur, Karim Zenoud de son vrai nom, avait pourtant annoncé son intention de se rendre. Une annonce faite, non pas sur les réseaux sociaux où Lacrim a l’habitude de s’exprimer mais dans le dossier de presse annonçant la sortie de son dernier album «RIPRO volume 1». «Je n'ai pas l'habitude de ne pas assumer», affirmait le rappeur de 30 ans dans ledit communiqué. «Pour moi, je ne suis pas en cavale. Je ne veux pas défier la justice. Mais là j'ai des choses à préparer et après je vais y aller de moi-même; je ne vais pas attendre qu'on m'attrappe», détaillait Lacrim dans une interview exclusive pour «Clique», mise en ligne le 13 mai 2015. «J'ai une petite fille qui va naître. (...) Je vais rester un mois avec elle avant de me rendre», disait-il. Aujourd’hui, cinq mois après ses fameuses déclarations, Lacrim ne semble toujours pas prêt à se livrer à la police française. Il se permet même de faire la fête sur le sol marocain.
Absent le premier jour d’audience au tribunal correctionnel de Marseille, le rappeur comparaît pour détention et transport d’armes. La justice lui reproche en effet la présence de ses empreintes sur des armes à feu retrouvées chez des trafiquants de cocaïne. A part lesdites empreintes sur des chargeurs d’une kalachnikov, qu'il aurait déposées, selon lui, lors d'un tournage de clip, aucun lien n'a été établi entre lui et les autres prévenus.
 L’arme en question aurait, selon l’artiste, été utilisée pour les besoins d’un clip tourné à Marseille. Selon la presse française, celui que l’on surnomme le «phénomène du rap», condamné par le passé pour vols, enlèvement et séquestration, aurait déclaré aux enquêteurs vouloir utiliser une arme factice, mais faute de mieux il s’en est procuré une vraie. Il faut dire qu’il est  beaucoup plus facile de trouver une vraie Kalach qu’une fausse à Marseille.
Rappelons qu’en octobre 2012, à la suite d'une affaire de 2002 pour vol à main armée, Lacrim a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 4 ans de prison, dont 2 avec sursis. Sorti en février 2014, sa réinsertion n'a pas duré longtemps puisqu'en mars 2015 un mandat d'arrêt a été lancé contre lui pour détention et transport d'armes. S'il ne veut pas «défier la justice», Lacrim considère cette décision «illégitime».
«Cette affaire date d'avant ma dernière incarcération. Les médias disent que depuis que je suis sorti, je ne me suis pas réinséré, c'est faux (...) Depuis que je suis sorti j'ai rempli toutes les garanties nécessaires; j'ai été suivi par un SPIP [ndlr : un service pénitentiaire d'insertion et de probation]; j'y allais tous les mois, j'avais des interdictions que j'ai respectées», a-t-il précisé.
Ce long séjour de Lacrim au Maroc nous rappelle, en effet, le fameux épisode de Nabil Lbelati, un braqueur français d’origine marocaine qui narguait la police française depuis le Royaume et publiait sur les réseaux sociaux des images de sa nouvelle vie au soleil et de sa cavale de l'autre côté de la Méditerranée.
Condamné par contumace à dix ans de prison, le jeune homme est considéré comme le cerveau du braquage d'une bijouterie de luxe sur la Croisette, à Cannes. Il pensait pouvoir couler des jours heureux sur les plages marocaines, loin des prisons françaises.
Ses publications n'étaient visiblement pas du goût des autorités françaises, qui ont demandé à Rabat l'extradition d'Ibelati, dont les deux complices croupissent déjà en prison. Il a finalement été arrêté par la police marocaine à  Marrakech avant d’être extradé en France.

Mehdi Ouassat
Mercredi 7 Octobre 2015

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1.Posté par Remork le 06/10/2015 20:48 (depuis mobile)
Le braqueur de la croisette est d'origine ALGÉRIENNE........ et non MARONCAINE

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