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Radio Mohammed VI leader indétrônable, Médi 1 et Al Idaâ Al Watania au top : Un sondage à prendre avec des pincettes




Radio Mohammed VI leader indétrônable, Médi 1 et Al Idaâ Al Watania au top : Un sondage à prendre avec des pincettes
 
La Radio Mohammed VI du saint Coran de la SNRT figure toujours en tête des audiences au Maroc. Elle  a même gagné un point sur les mois d'avril à juin, pour atteindre 16,18% d'audience cumulée, selon le sondage du Centre interprofessionnel de mesure d'audience radio (CIRAD) publié mardi.
La Radio Mohammed VI a profité de la baisse de forme de Médi 1 et de Chada FM depuis janvier. Les deux stations généralistes ont perdu 0,3 point par rapport au dernier sondage et ont eu respectivement 14,77% et 7,18% d'audience cumulée. De son côté, Al Idaâ Al Watania s’est maintenue à 10,7 % d'audience cumulée, sans parvenir à dépasser la chaîne tangéroise Médi 1. 
Quant au classement des autres radios, pas de grande surprise. Elles continuent à décrocher des parts d'audience ne dépassant pas les 5% avec MFM (4,9%), Hit Radio (4,84%), Med Radio (4,77%), Cap Radio (4,25%), Radio Mars (2,72%), Radio Plus (2,11%), Al Idaâ Al Amazighia (1,93%), Aswat (1,65%), Atlantic (1,35%), Chaîne Inter (0,99%) et Medina FM (0,42%). 
Pour Madani Derrouz, journaliste et auteur du livre : « L’animation radio : quel concept et quelles pratiques ? », les résultats de ce sondage sont à prendre avec précaution puisqu’il s’agit d’indicateurs approximatifs qu’il ne faut pas prendre pour des réalités définitives.
Selon lui, les critères de choix et la méthodologie choisie par les initiateurs de cette étude souffrent de certaines limites. D’abord au niveau de l’étude elle-même. Notre interlocuteur estime qu’on ne peut pas  importer l’idée comme elle est en pratique en France pour la transposer au paysage médiatique national sans faire les réglages nécessaires. « Les habitudes d’écoute sont différentes entre les deux pays sans oublier que la culture des médias n’est pas assez développée chez le citoyen marocain comme chez l’auditeur français», nous a-t-il précisé.
Au niveau de la méthode, il a indiqué que le sondage en question met sur le pied d’égalité les radios à portée nationale et celles à audience régionale et à couverture réduite. « On ne peut pas comparer le taux d’audience des radios qui ont un bassin d’écoute nationale large avec celles dont le bassin ne dépasse pas les limites d’une ville ou d’une région. Ainsi comparer Al Idaâ Al Watania avec Aswat par exemple n’a pas de sens », nous a-t-il expliqué. 
Concernant toujours la méthode de travail, notre expert s’est demandé si les initiateurs de l’étude font la différence entre un auditeur et celui qui écoute car, selon lui, dans un cas ou dans l’autre, on ne parle pas de la même chose. 
 Il s’est même demandé  si l’étude faisait la différence entre le choix porté sur une station radio et sur ses émissions. « Il faut distinguer  entre un auditeur qui écoute une station radio précise tout au long de la journée et celui qui préfère une ou plusieurs de ses émissions », nous a-t-il indiqué.
Les critiques de notre source vont porter également sur les interviews réalisées par téléphone et destinées à mesurer l’audience et sur l’échantillon représentatif de la population cible. D’après M. Derrouz, les interviews téléphoniques ne sont pas fiables dans l’absolu et leurs résultats sont à prendre avec certaines réserves.  
Quant à l’âge de l’échantillon, il pense que le choix de la tranche d’âge de 11 ans est à discuter puisque, selon lui, il est impossible de parler des habitudes d’écoute à partir de cet âge.  
En commentant les résultats de sondage, le journaliste a estimé que les chiffres annoncés pour la période d’avril-juin ne se différencient  pas trop de ceux de janvier-mars. « Il ne peut pas y avoir un changement dans le classement en trois mois même si on a constaté  que certaines retouches ont été apportées aux stratégies de certaines radios. A noter que plusieurs radios sont sur le qui-vive depuis la publication du premier sondage », nous a-t-il précisé. 
Dans ce cadre, il a révélé que le sondage de janvier-mars a suscité un sentiment de malaise au sein de plusieurs stations radios et que beaucoup de réunions ont été tenues par les responsables de ces radio afin d’apporter les réglages appropriés à leurs stratégies.
S’agissant du classement révélé par le sondage, notre source a indiqué que l’arrivée en tête de la Radio Mohammed VI est d’abord due  à la portée de ses antennes émettrices, ensuite, à la thématique religieuse qui semble provoquer un certain engouement chez les auditeurs marocains. De son côté, Médi 1 doit son succès à ses journalistes et animateurs connus par leurs dictions et leur professionnalisme.  Quant à Al Idâa  Al Wataniya, elle nous a confié que son classement a été correct et qu’elle pourra mieux faire. 
Evoquant le mauvais classement des autres stations radios, notre expert nous a expliqué que ce résultat est dû à certains dysfonctionnements qui entachent le travail de ces radios.  « Certains médias ne touchent pas au vécu quotidien du citoyen. Il y a un manque flagrant de reportages, d’enquêtes et de transmission en direct. Les programmes de divertissement y dominent largement. Je crois qu’il y a des réglages à faire. Notamment au niveau du concept de médias de proximité qu’elles érigent comme argument de vente», a-t-il observé.  
A ce propos, il a indiqué que les émissions produites par ces radios pèchent par la faiblesse des techniques d’élaboration usitées et par l’incompétence de certains animateurs. Notre interlocuteur reproche  également à ces émissions le fait qu’elles traitent toutes des mêmes sujets, de la même manière et avec le même choix d’invités. 
Même jugement concernant les journaux d’information présentés par ces radios. M. Derrouz critique l’absence de reportages et d’invités sur les plateaux, le manque d’actualités instantanées, la faiblesse du travail de terrain et le manque de professionnalisme dans la manière d’aborder l’information ainsi que la confusion des genres journalistiques. Pour lui, il est temps pour ces stations radios de revoir leurs stratégies. 
 
 
 

Hassan Bentaleb
Lundi 6 Août 2012

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