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Rabat demande, après coup, le report des négociations sur l’ALECA

Précipitation ou amateurisme ? Ou bien les deux ?




Rabat demande, après coup, le report des négociations sur l’ALECA
Apparemment le Maroc est allé plus vite que la musique en ce qui concerne les négociations d’un accord de libre-échange complet et approfondi  (ALECA) avec l’Union européenne (UE).
N’ayant pas pu suivre le rythme des Européens bien préparés et armés d’une étude d’impact préétablie, qui ne manque pas d’ailleurs de séduction, le Maroc a demandé le report  sine die des négociations.
Selon un communiqué du ministère délégué auprès du ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique, chargé du Commerce extérieur, ce report «intervient du fait que le gouvernement marocain lance actuellement des études d’accompagnement des négociations sur certains secteurs qui seront couverts par le futur ALECA et dont les résultats seront pris en considération lors des négociations». 
Vouloir hâter les choses s’est avéré, donc, porteur de risques désastreux pour un tissu économique national affaibli et loin d’être en phase avec une concurrence européenne très rude.
Fortement critiqué par la presse à ce propos, le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Mohammed Abbou, qui a pris le train en marche, cherche donc à mettre les pendules à l’heure.
Lui qui avait mis la charrue devant les bœufs en lançant une étude d’impact de la conclusion de l’ALECA sur l’économie marocaine, a voulu, dans une action qui peut s’ajouter au bêtisier diplomatique national, rectifier le tir.
Une rectification qui ne devrait, d’ores et déjà, pas être facile. Les négociations ont atteint un stade avancé et  sont au cinquième round. D’autant plus que les précédents rounds ont permis de définir un cadre préliminaire de l’accord.
Mieux encore, à quoi serviraient ces études qui devaient, normalement, constituer une plateforme pour les 11 groupes de négociateurs marocains, qui se sont penchés durant les précédentes sessions sur des questions éminemment importantes telle que la convergence réglementaire ?
Cette dernière reste l’une des clauses qui affecterait l’ensemble des secteurs économiques nationaux qui ne sont pas normalisés, vu le retard pris par le Maroc dans ce domaine. 
Un point à propos duquel les responsables du ministère, à l’image de son secrétaire général, Mohamed Ben Ayad, énumèrent les avantages qui seront tirés par les consommateurs marocains en termes de protection et de normes sanitaires, tout en éludant la question de mise à niveau nécessaire pour sauvegarder la compétitivité de plusieurs corps de métiers marocains. 
Autrement dit, il faut avoir la même comptabilité, les mêmes normes d’architecture, les mêmes formations de médecins, d’infirmiers, de juristes, d’avocats, etc.  Il faut également avoir les mêmes mesures non tarifaires sur lesquelles doit s’aligner le Maroc.
En l’attente de l’élaboration desdites études par les équipes du ministère cette demande de report s’ajoutera à la liste des couacs de ce gouvernement qui, durant sa troisième année au pouvoir, fait toujours preuve d’amateurisme en gestion. 

Mohammed Taleb
Vendredi 11 Juillet 2014

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