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Quand les femmes investissent “les métiers d’hommes”

L’Association marocaine des chantiers-écoles pourle développement met le holà aux préjugés




Quand les femmes investissent “les métiers d’hommes”
«Très sérieuses et très motivées» c’est ainsi que qualifie Wafae Ben Abdenbi, présidente de l’Association marocaine des chantiers-écoles pour le développement (Tétouan),  les filles en formation au sein de ladite ONG. Cette dernière prépare aux métiers liés à la réhabilitation et la valorisation du patrimoine historique. Des chantiers ouverts normalement aux seuls hommes, pourtant et grâce à cette association, on y côtoie même des jeunes filles. Une plus-value que Mme Abdenbi apprécie à sa juste valeur à travers le travail complémentaire effectué par l’ensemble des équipes.
«Certes les jeunes filles  ne représentent pour le moment que 30% au sein de notre association, mais nous œuvrons à élever ce taux afin d’atteindre 40 à 50%», nous a précisé Mme Ben Abdenbi, contactée pas Libé. Et d’ajouter :«J’ai été très étonnée par leur évolution au cours de ces deux dernières années. Elles s’investissent dans leur travail et apportent leur touche artistique. Elles sont maçons, menuisiers, l’une d’elles fait même de la ferronnerie ». Une fierté pour la présidente de l’association et qu’elle tire également de l’organisation même de son association. «C’est la seule association à travers le Maroc à accorder une bourse d’études», explique-t-elle. En effet, grâce aux services de la coopération espagnole, les élèves reçoivent une bourse d’études d’un montant de 1000 DH attribuée trimestriellement. Bien évidemment, ils sont tenus à la discipline et à la rigueur».
 C’est également une formation qui laisse une part non négligeable à l’apport personnel voire à l’esprit inventif des élèves. «Ils sont d’ailleurs en train de travailler sur un projet de feu rouge pour non-voyants», n’a pas manqué de préciser notre interlocutrice. Et d’indiquer :«On adopte ainsi une approche personnalisée, d’où l’importance de travailler en petits groupes pour les suivre de près. Ce qui explique largement le fait que le nombre d’élèves ne peut dépasser 70 à 80 personnes». Par ailleurs et pour être dans l’air du temps, Mme Abdenbi nous a indiqué que l’association compte intégrer dans sa prochaine promotion des Subsahariens. Une façon de les aider à mener une vie décente.
Mais au bout de ces formations, l’emploi est-il assuré notamment pour les jeunes filles ? En effet, il peut y avoir des réticences à chercher des compétences féminines dans «des métiers d’hommes». Les clichés sont très résistants. 
Qu’à cela ne tienne !  Mme Ben Abdenbi se veut très rassurante voire optimiste :«Déjà lors de leur formation, les jeunes filles ont pu franchir un grand pas en imposant leur choix à leurs familles sans parler des petits boulots qu’elles effectuent», indique-t-elle. Et d’ajouter :«Si on les aide à monter de petites entreprises, elles réussiront à bien les diriger du fait qu’elles ont une bonne connaissance du métier».  Et puis, «des sociétés privées sont en attente  de recevoir nos lauréats», rassure encore Mme Ben Abdenbi.

Nezha Mounir
Vendredi 23 Mai 2014

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