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« Qotbi doit arrêter son lobbying contre le ministère de la Culture»


Amine Sbihi plaide la légitimité institutionnelle et ne lâche pas les musées



« Qotbi doit arrêter son lobbying contre le ministère de la Culture»
 
Difficile de travailler avec la Fondation nationale des musées.  Amine Sbihi, le ministre de la Culture, en fait tous les jours la très désagréable expérience. Avec l’adoption de la loi portant création de la Fondation nationale des musées,  la parution des décrets d’application et le transfert de 14 musées dans le giron de cette institution muséale, les problèmes n’ont fait que commencer.  Et les ambitions hégémonistes de la fondation que préside l’artiste-peintre et lobbyiste Mehdi Qotbi  ne font que compliquer une situation pas vraiment simple.
Rue Ghandi, au siège du ministère de la Culture, on a pourtant essayé de faire bonne figure, d’écarter  toute forme de résistance, de travailler en bonne intelligence dans le cadre d’un partenariat ministère-fondation. «A l’image de ce qui se passe ailleurs, la fondation est en charge de la gestion des musées et ceci représente bel et bien une plus-value. Dans le même temps, le ministère de la Culture a le devoir de continuer de maîtriser l’expertise scientifique, l’inventaire et le volet études.  C’est le travail d’un ministère comme le nôtre qui a de plus la tutelle de l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine », explique Amine Sbihi.
Problème, les choses ne se sont pas passées exactement ainsi. Au fil des mois, les rapports entre ministère de la Culture et Fondation nationale des musées se sont détériorés. «Cela aurait pu fonctionner si la fondation se montrait respectueuse du champ d’intervention et des prérogatives du ministère de la Culture», a commenté ce responsable gouvernemental en charge de la culture.
Dans les milieux culturels, on le sait, le modèle de fondation a eu du succès ailleurs lorsque le bon  dosage entre l’autorité gouvernementale et les techniques du privé en termes de mécénat et de sponsoring a été trouvé.
Joint au téléphone vendredi matin par «Libération», Amine Sbihi ne cache pas son exaspération. Il fustige ce lobbying mené par la Fondation nationale des musées et qui porte atteinte au ministère de la Culture. Le Maroc, soutient ce ministre de gauche, accuse un grand retard dans la construction de musées aux normes internationales. «La fondation ne peut avancer que si elle travaille avec l’ensemble des acteurs concernés et dans un esprit de partenariat et d’ouverture», prévient-il.
 
La Fondation des musées, ce mystère institutionnel
Tous les grands musées du Maroc – le Musée ethnographique de Chefchaouen et le Musée Dar Si Said de Marrakech, sur les espaces et les collections muséales pour le Musée archéologique de Tétouan, le Musée ethnographique Bab Okla de Tétouan, le Musée de la Kasbah de Tanger, le Musée national des arts sahariens de Laâyoune, le Musée Batha à Fès, le Musée Dar Jamai de Meknès, le Musée Borj Belqari de Meknès, le Musée national de la poterie de Safi, le Musée Dar El Bacha de Marrakech, le Musée des Oudayas de Rabat, le Musée archéologique de Rabat et le Musée national des arts modernes de Rabat- sont donc tombés dans l’escarcelle de Qotbi. La loi  01-09 portant création de la Fondation nationale des musées et publiée au Bulletin officiel en avril 2011, du temps du gouvernement Abbas El Fassi, le stipule clairement dans son article 2 : « La fondation a pour mission d’assurer, pour le compte de l’Etat, l’administration, la gestion et la préservation des musées dont la liste est établie par décret pris sur proposition de l’autorité gouvernementale chargée de la culture. Ladite liste doit être mise à jour, en tant que de besoin, selon les mêmes modalités ». Mehdi Qotbi devrait, toujours selon la loi 01-09, agir pour le compte de l’Etat. Pas sûr que cette disposition soit respectée. Le personnage est flamboyant et  a fait montre, depuis le début,  de ses velléités d’autonomie.
«Il ne faut pas oublier que cette loi portant création de la Fondation nationale des musées a été adoptée avant la nouvelle Constitution, c’est-à-dire au moment où le paysage institutionnel était encore confus», rappelle pour l’histoire  cet observateur avant de préciser que le patrimoine muséologique doit théoriquement rester dans le giron de l’Etat». D’ailleurs, sur le site du ministère de la Culture, il est clairement précisé que la Fondation nationale des musées fait partie des institutions sous la tutelle de ce département ministériel.

 
 
 

Narjis Rerhaye
Dimanche 17 Mai 2015

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