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Première édition du Festival national de la poésie amazighe à Timahdite

Quand la société civile revisite son patrimoine poétique amazigh




Première édition du Festival national de la poésie amazighe à Timahdite
Il est rare de rencontrer ce toponyme dans les sphères culturelles nationales. Le lieu n’est connu qu’en tant que trait d’union entre Ifrane et Errachidia, sinon par ses éleveurs professionnels. Cette fois, Timahdite, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a droit de cité grâce à son potentiel culturel, notamment en matière de poésie amazighe. Du 6 au 8 septembre courant, la petite ville située au cœur du Moyen Atlas a accueilli plusieurs troupes populaires et poètes amazighs de tous les coins du pays. L’occasion a été l’organisation de la première édition du Festival national de la poésie amazighe sous le thème : « La promotion de la poésie amazighe, un enrichissement pour la culture marocaine ».  
 En dépit du contretemps qui a failli impacter négativement l’organisation de cette rencontre culturelle et artistique, le public a répondu présent. Les rares parkings de la place n’ont pas suffi à accueillir le flux de voitures qui commençaient à affluer dès le début de soirée. Les restaurants de fortune de la place ont fermé boutique très tôt, la demande était tellement forte. C’est nettement clair à travers les immatriculations des voitures sur place, le festival a réussi dans sa première édition à attirer des gens de Fès, Meknès, Errachidia et même de Rabat et Casablanca. Les arts populaires et la poésie amazighe sont un beau prétexte pour faire le déplacement.  Les femmes de la région étaient, en revanche, facilement reconnaissables à leurs costumes  traditionnels, mais aussi leur déplacement en groupe et leur parler local. Pendant toute la soirée, leurs you-yous avaient réchauffé ce climat naturellement froid.   Une preuve que les habitants de la région avaient bien attendu une pareille opportunité pour manifester leur amour et leur passion pour les arts populaires. Ici à Timahdite, on ne regarde pas les autres jouer, danser ou chanter … le public fait partie intégrante du spectacle. Devant chaque tente « takhamt », est organisé une petite fête avec son maestro. Ahidous est bien évidemment maître des lieux. Au cours des soirées de Timahdite, les poètes attendent le moment propice pour déclamer leurs poèmes. Tout dénote d’un enrichissement et d’un patrimoine oral à collecter et à mettre en valeur afin de l’ériger en facteur de développement. Outre cette dimension culturelle et artistique, il y a lieu de souligner le rôle socioéconomique d’une pareille manifestation. En effet, les organisateurs veulent, à travers ce festival, déclencher une dynamique commerciale dans cette commune rurale située sur l’axe routier (la RN13) entre Meknès  et Errachidia, en passant par Azrou ou Ifrane. Faire connaître cette ville aux indéniables atouts naturels reste un objectif principal. En effet, il s’agit de mettre en valeur les richesses touristiques de l’arrière pays, une manière de promouvoir le tourisme rural sous tous ses aspects.
L’impact du festival doit s’étendre tout au long de l’année. Une vision que les organisateurs comptent bien renforcer lors des prochaines éditions. «Aydoud Inchaden» que les organisateurs entendent désormais consacrer en rendez-vous annuel, a ainsi été l’occasion de permettre aux poètes amazighs de rivaliser en images, thèmes actuels, versification et rythme. D’ailleurs, les poètes et les troupes choisis sont passés d’abord par l’épreuve de la sélection. « C’est également une manière d’encourager la création parmi les artistes et de ne pas se contenter de présenter ce qu’on avait déjà dans son répertoire », a déclaré à Libé Mohamed Zakri, directeur artistique de cette manifestation, initiée par l’Association Oued Guigou pour le développement et le tourisme de montagne, la société civile locale, ainsi que la délégation régionale de la Culture.
 Deux soirées artistiques ont été organisées en plein air, en présence d’une foule enthousiaste. Par ailleurs, les organisateurs ont fait la part belle à l’art "Tamawayt" et à l’équitation traditionnelle (Tbourida) avec de jeunes cavaliers de la nouvelle Association locale de Timahdite qui ont offert au public des spectacles inédits de ce patrimoine ancestral.

Timahdite : un village au cœur
du Moyen Atlas

 
 A 30 km au sud de la ville d'Azrou, Timahdite est un village situé à 1800 mètres d'altitude, en plein cœur du Moyen Atlas dans une zone au climat rude. Au milieu d'un paysage sauvage de falaises et de pics rocheux, Timahdite est pleine de charme. Une randonnée dans n'importe quelle direction vous offre une expérience différente. En ville, presque tous les villageois se retrouvent dans les cafés, où de délicieux tajines et une tasse de café sont disponibles toute la journée. Timahdite est fièrement berbère, et ses habitants sont connus pour leur hospitalité légendaire. En échangeant quelques mots, vous serez probablement invité à un verre de thé et traité comme un vieil ami. Timahdite est un endroit idéal pour une expérience mémorable. La race ovine locale est l’une des principales du pays. Elle est réputée et appréciée pour sa viande.

Mustapha Elouizi
Vendredi 13 Septembre 2013

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