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Pour un meilleur accès de la femme aux postes de responsabilité

Parité et égalité des chances s’imposent




Pour un meilleur accès de la femme aux postes de responsabilité
Le débat sur la parité et l'égalité des chances s'impose de nouveau à l'occasion de la célébration ce samedi de la Journée internationale de la femme, une occasion pour faire un état des lieux de la situation de la femme marocaine toujours aspirant à renforcer ses acquis, en particulier en matière d'accès aux postes de responsabilité.
Au-delà des acquis qu'elle a su arracher aussi bien sur le plan des droits sociaux, économiques que politiques, la femme marocaine aspire à faire évoluer davantage son statut de manière à pouvoir jouir pleinement de ses droits avec l'institutionnalisation des règles de la parité dans la gestion de la chose publique, condition sine qua non pour un accès égalitaire avec les hommes aux postes de responsabilité et à la prise de décision, tant au niveau local que national.
Laila Miyara, présidente de l'Association des femmes chefs d'entreprises (AFEM), résume la réalité complexe de la condition féminine au Maroc: d'un côté, une Constitution garantissant l'égalité homme-femme et la parité, et de l'autre, un quotidien nourri de contraintes pour les femmes, ce qui pousse à s'interroger sur leur capacité à se positionner et s'imposer en tant que force de proposition dans la gestion des affaires publiques.
En plaçant, cette année, la Journée internationale de la femme sous le thème "L'égalité pour les femmes, c'est le progrès pour toutes et tous", l'Organisation des Nations unies (ONU) invite l'ensemble des parties concernées à déployer davantage d'efforts pour défendre les droits des femmes et leur autonomisation, mais aussi l'égalité des sexes, "synonyme de progrès accomplis non seulement pour les femmes, mais pour tous".
Pour le cas du Maroc, une réponse efficace à cet appel reste indéniablement tributaire de la capacité des acteurs publics et des organisations de la société civile à mettre en œuvre les dispositions de la Constitution 2011 en ce qui concerne la parité et l'égalité entre les sexes, selon une approche associative et des mécanismes consensuels.
L'une des initiatives gouvernementales lancées en la matière n’est autre que le très controversé plan national pour l'égalité (IKRAM) au titre de la période 2012/2016. 
Cette initiative, à l'instar d'autres entreprises précédemment, ayant trait entre autres au projet de loi sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes, à la question du mariage des mineures, à l'introduction d'amendements au plan pénal, à l'adoption de lois organiques pour la mise en œuvre du principe d'équité-parité et la mise en place de l'instance de la parité, n'a pas manqué de faire l'objet de divergences entre le gouvernement, représenté par le ministère de tutelle et le ministère de la Justice, et les différentes composantes du tissu associatif féminin.
Les associations féminines saisissent, en effet, toute occasion pour réitérer leur attachement à l'ouverture d'une réflexion de fond sur les dossiers concernant la femme, tout en exprimant leur disposition à servir en tant que force de proposition pour apporter une contribution efficace aux efforts déployés en vue d'asseoir les bases d'une politique publique protégeant les femmes de toutes les formes de discrimination.
C'est ainsi que le "Printemps féminin pour la démocratie et l'égalité", mouvement associatif constitué de différentes organisations et instances actives dans le domaine de la promotion des droits de la femme, avait exigé, en marge d'un colloque en mars dernier, l'accélération de la mise en place de l'instance de la parité, insistant sur l'impératif qu'elle soit indépendante et dotée de prérogatives en matière de législation, de contrôle, de répression et de sensibilisation.
Les membres du réseau regrettaient alors que les femmes du Maroc soient encore loin de jouir de tous leurs droits tels que garantis par la Constitution, en particulier en matière d'équité et de parité.
Devant ces divergences, l'ouverture d'un dialogue sérieux et responsable s'avère nécessaire pour assurer plus d'efficacité des mesures prises pour la promotion de la situation de la femme, des acquis qui demeurent néanmoins fragiles en l'absence d'un arsenal juridique adéquat.
Le diagnostic établi par la ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social, en décembre dernier à Casablanca, à l'occasion de la 8ème Conférence régionale au profit des femmes élues et des femmes hauts cadres des collectivités territoriales marocaines va dans ce sens.
Les résultats obtenus dans la promotion de la participation des femmes dans la gestion des affaires locales ne reflètent pas, loin s’en faut, leur dynamique réelle quant à la gestion de plusieurs autres institutions économiques et sociales. 
Malgré leur place croissante dans le monde du travail, les femmes sont encore largement minoritaires aux postes de décision, relevait de son côté Hakima El Haité, présidente du Connecting group, groupe de femmes issues de différents horizons s'activant dans la promotion et le lobbying visant l'accès des femmes aux postes de décision.
Elle plaide notamment pour l'implication des associations féminines en tant que force de proposition pour la mise en place des mécanismes de mise en œuvre des dispositions de la Constitution 2011.
Au-delà d'un bilan mitigé en matière de promotion de la femme marocaine, il faut dire que le Maroc dispose d'une base solide pour renforcer davantage ses acquis et répondre à ses aspirations dans la perspective de la réalisation des Objectifs du millénaire, en particulier en ce qui concerne la promotion de l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes.

Samedi 8 Mars 2014

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