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Petites bonnes devenues bachelières

Une fierté pour l’Association INSAF




Petites bonnes  devenues bachelières
Bravo pour Karima, Zahra et Raja. Elles ont décroché leur baccalauréat. Rien d’extraordinaire à première vue sauf qu’il s’agit de trois jeunes filles qui ont été  retirées du travail domestique à 13 ans et réinsérées dans leur famille et à l'école. Sauvées des affres de la pauvreté, leur destin a changé grâce au soutien de  l’Institut national de solidarité avec les femmes (INSAF).   Dans ce cadre, un programme de lutte pour l’éradication de l’exploitation des filles mineures, a été lancé dans la région  Marrakech-Tensift-El Haouz avec l’appui d’un certain nombre d’acteurs locaux et internationaux. Le bilan est encourageant puisque quatre autres jeunes filles ont déjà rejoint l’Université. Une nouvelle preuve, s’il en est encore besoin,  que la ténacité, l’effort et le labeur assidu finissent par payer.
Un combat qui dure depuis 2005, date à laquelle l’Association INSAF a fait de la lutte contre  le travail des petites bonnes une priorité. Les programmes de l’association essentiellement en milieu rural, consistent à retirer les «petites bonnes» du travail, les protéger, les réinsérer dans leur famille et à l’école et les accompagner sur les plans social, psychologique et scolaire. C’est ainsi que, comme se plait à l’expliquer Omar El Kindi, président de l’association, le travail de l’ONG consiste à identifier ces petites filles et à négocier avec leurs parents leur réinsertion en famille et leur retour à l’école moyennant un parrainage financier allant jusqu’à 300 DH par mois, en contrepartie d’un engagement d’assurer le suivi scolaire. Pour aider ces familles à subvenir à leurs nouvelles charges, l’association s’occupe de la totalité des frais de scolarité, des soins médicaux et du soutien scolaire, entre autres. C’est ainsi que 350 filles mineures de la région Tensift-Al-Haouz ont pu être sauvées de cette situation, retirées du travail domestique, réinsérées dans leur famille et ont pu retrouver leur place initiale, c'est-à-dire les bancs de l’école. INSAF tire une grande fierté du fait que “dans 19 communes sur les 35 que compte la région de Chichaoua où a travaillé l’association, plus personne ne donne sa fille en location”. 
Ce qui est loin d’être le cas pour le reste du pays où le travail des petites bonnes fait partie du quotidien. Un marché prospère qui fait la joie des intermédiaires sans scrupules. Ces derniers profitent allégrement de la pauvreté, de la vulnérabilité voire de l’analphabétisme des parents et de leur ignorance des droits élémentaires de l’enfant. Et puis  l'absence de dispositions et de moyens pour la mise en œuvre des textes sur la scolarisation obligatoire et sur l’interdiction du travail des enfants de moins de 15 ans, arrange encore mieux leurs affaires. A titre d’exemple, le Code du travail interdit formellement le travail des enfants avant l’âge de 15 ans, tandis qu’une loi instaure la scolarisation obligatoire. Mais quid de l’application? 

Nezha Mounir
Lundi 30 Juin 2014

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