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Pas très catholique la campagne ayant visé les manuels de l’éducation islamique

Bizarre que des critiques de circonstance qui se voulaient outrés en juin se fassent aphones en novembre




Les manuels de l’éducation islamique relatifs au primaire, collège et lycée sont disponibles. C’est ce qui ressort de l’intervention de Rachid Belmokhtar, ministre de l’Education nationale, faite dernièrement devant le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique. 144 modifications ont été opérées sur 360 manuels d’éducation islamique, a-t-il affirmé  tout en précisant qu’il y a eu également développement  de l’ensemble de ces unités pédagogiques. Un cadre du ministère avait préalablement indiqué que les élèves ne devraient plus trouver, dès septembre 2016, de contenu sexiste ou violent dans leurs nouveaux manuels. Les données sociologiques et géographiques y contenues viennent aussi d'être mises à jour. En fait, près de  400 remarques ont été relevées sur 147 manuels. Plus d'une soixantaine de ces remarques touchent la question de la parité ou de la répartition des tâches selon les sexes comme c’est le cas de certaines images ou textes présentant un père et son fils assis devant la télévision pendant que la mère et la fille faisaient la cuisine ou celles montrant des petites filles voilées.
Le ministre a indiqué, en outre, que son département n’a pas procédé seulement à une révision des contenus des manuels, mais également à une modification du processus de formation des cadres pédagogiques chargés de l’enseignement de cette matière.       
L’enseignement de l’anglais a été également sujet de débat. D’après  lui, de nouvelles approches méthodologiques ont été adoptées pour faciliter l’apprentissage de cette langue. A titre d’illustration, il a évoqué la réussite des clubs d’anglais créés dans les lycées.    
Cette annonce risquera-t-elle de susciter une levée de boucliers  comme ce fut le cas en juin dernier lorsque le ministre a été affublé de tous les noms d’oiseaux?  En effet, nombreux sont ceux qui avaient vu dans la révision des manuels de l’éducation islamique une attaque contre l’islam et ses pratiques et une décision qui va à l’encontre de la Constitution qui considère l’unité nationale et religieuse, dont l’islam est la seule expression, comme l'une des constantes de la Nation. Un débat qui a atteint son paroxysme avec la publication d’un manuel plein d’erreurs d’impression et de retranscription des versets coraniques et qui allait déclencher un tollé dans la presse et sur les réseaux sociaux. Ce manuel a été retiré et la responsabilité des erreurs y contenues imputée  à ses éditeurs.
Pourtant et jusqu’à présent, aucune réaction ou critique n’a été enregistrée suite à la mise sur le marché des nouveaux manuels de l’éducation islamique. Pour l’Association marocaine des enseignants de l’éducation islamique (AMEEI), il est encore tôt pour se prononcer sur ces nouveaux manuels et sur l’ensemble des modifications apportées par le ministère de tutelle. « Aucune évaluation n’a été opérée puisque les nouveaux manuels de l’éducation islamique viennent à peine d’être mis sur le marché », nous a indiqué Mohamed Lwadi, membre du bureau national de l’AMEEI et responsable de communication de celle-ci. Et de préciser : « Il faut du temps pour examiner et évaluer avec précision ces manuels. En d’autres termes, il faut donner du temps aux enseignants pour se familiariser avec eux et  dresser le constat des défaillances probables ».    
Même son de cloche de la part de Mohamed Sadouki, spécialiste des questions d’enseignement qui nous a indiqué que les manuels en question ne sont pas disponibles partout et que si les élèves du primaire ont bien reçu ces livres, ceux des lycées qualifiants doivent encore attendre. « En tant qu’enseignant, nous avons besoin de temps pour jauger cette révision à l’aune des objectifs annoncés. Le seul changement qu’on a constaté aujourd’hui, c’est la modification des dénominations de certaines unités comme « Tazkya » pour l’étude du Coran et la foi islamique, « Iktidaa » pour la vie du Prophète », nous a-t-il précisé.   
Concernant l’apprentissage de l’anglais, notre source reste sceptique  malgré le fait qu’elle considère cet objectif comme intéressant dans un monde de plus en plus globalisé et où l’anglais est la langue dominante. « Tout dépend des objectifs recherchés par le ministère puisque chaque fois, il change de fusil d’épaule. Une fois, il dit vouloir valoriser l’enseignement de l’arabe, une autre, il en dit de même pour le français ou l’amazigh. Le mode d’opérationnalisation de cette dernière langue en dit d’ailleurs long  sur le sort qui attend l’anglais », a-t-il conclu.

Hassan Bentaleb
Jeudi 24 Novembre 2016

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