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Paris appelle Lafarge à “réfléchir” à sa participation au mur de Trump




Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a appelé jeudi le groupe suisse LafargeHolcim à "bien réfléchir", avant de vendre son ciment pour le mur anticlandestins promis par le président américain Donald Trump.
Ce projet destiné à compléter la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars, est au centre d'une crise diplomatique entre Mexico et Washington et suscite des critiques à travers le monde.
"Il faut que cette entreprise réfléchisse bien", a réagi M. Ayrault, interrogé sur les propos d'Eric Olsen, patron du groupe né en 2015 de la fusion des cimentiers français Lafarge et suisse Holcim.
Dans un entretien publié jeudi par l'AFP sur sa possible participation à ce chantier controversé, M. Olsen a répondu: "Nous sommes prêts à fournir nos matériaux de construction pour tous types de projets d'infrastructures aux Etats-Unis". "Nous n'avons pas d'opinion politique", a-t-il ajouté.
"Je rappelle que les entreprises (...) ont aussi une responsabilité sociale et environnementale", a souligné jeudi le chef de la diplomatie française.
"Cette entreprise a déjà fait parler d'elle il y a peu de temps puisqu'elle a été accusée d'avoir financé Daech (acronyme en arabe des jihadistes du groupe Etat islamique, NDLR) pour pouvoir continuer des activités en Syrie", a rappelé Jean-Marc Ayrault.
LafargeHolcim a admis début mars avoir "indirectement" financé en 2013 et 2014 des groupes armés en Syrie, pays déchiré par la guerre civile, pour maintenir en activité sa cimenterie.
"Je l'appelle à ses responsabilités. Je n'ai pas de pouvoir", a ajouté le ministre français.
Pour Jean-Marc Ayrault, la multinationale "devrait bien réfléchir à ses propres intérêts, parce qu'il y a d'autres clients dans le monde qui vont regarder cela avec une certaine stupéfaction".
LafargeHolcim espère être un des grands bénéficiaires du programme d'investissements de 1.000 milliards de dollars promis par Donald Trump pour rénover les infrastructures américaines (ponts, tunnels, routes, aéroports). Ce plan, dont l'annonce est imminente, devrait inclure la construction du mur frontalier, croit savoir la presse américaine.
Egalement présent aux Etats-Unis, le cimentier irlandais CRH a pour sa part déjà fait savoir qu'il ne fournirait pas ses matériaux pour la construction du mur du président Trump, qui a signé le décret de lancement du projet de construction le 25 janvier.
Une barrière discontinue est déjà installée depuis plusieurs années sur plus d'un millier des quelque 3.140 km de frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.

Libé
Vendredi 10 Mars 2017

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