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Mustapha Meziani une mort qui suscite les interrogations




Mustapha Meziani une mort qui suscite les interrogations
Pleurer après la mort de quelqu’un est une perte de temps, dit l’adage. Le décès, mercredi dernier au CHU de Fès de Mustapha Meziani est certes d’une tristesse ineffable, mais il n’aurait pas dû inciter à autant de réactions post-mortem. C’est en fait préalablement au drame qu’il aurait dû inciter les pouvoir publics à résoudre les problèmes qui en avaient été la cause. 
De fait, le communiqué et le démenti de la délégation générale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion datés du 13 courant et celui du ministère de la Santé qui lui a fait suite le 15 du même mois, tiennent plus d’une volonté de justifier des faits avérés que d’autre chose. Ils ne pourront néanmoins ni rendre la vie au regretté, ni, a fortiori, convaincre de quoi que ce soit et, de surcroît, imputer la responsabilité de sa propre mort à celui-ci. 
Quoi qu’il en soit, le premier de ces communiqués rappelle, pour information, que le défunt avait été « placé en prison le 11 juillet dernier, sur la base de l’ordre de  mise en détention émis par le juge d’instruction près la Cour d’appel de Fès  pour participation à un meurtre avec préméditation, et a été présenté le même  jour devant un médecin au CHU Hassan II de Fès suite aux complications de la  grève de la faim qu’il avait observée pour réclamer sa libération et  l’annulation de la décision de son exclusion de l’Université, avant de regagner  dans la journée l’établissement pénitentiaire ».
Le 19 juillet, poursuit la même source, il a été « transféré de nouveau au même hôpital où il  est resté sous contrôle médical jusqu’au 4 août 2014, date à laquelle le  médecin traitant au niveau dudit hôpital a décidé, en coordination avec le  médecin de l’établissement pénitentiaire dit « Aïn Kadous », de le transférer au CHU Hassan II de  Fès, et ce suite à la dégradation de son état de santé »,  ajoutant que le détenu qui a été « placé en réanimation, avait bénéficié jusqu’à  son décès de plusieurs soins et examens médicaux, dont les frais ont été pris  en charge par l’administration de l’établissement pénitentiaire ».
Un point sur lequel les préposés de cette direction ont insisté spécifiquement dans le démenti qu’ils nous ont adressé, précisant même que la direction du pénitentiaire a « réglé toutes les factures relatives aux prescriptions médicales faites au détenu » et « dispose des documents de cette prise en charge médicale ». 
Elle ne nous a néanmoins pas précisé qu’elle détenait ou non des preuves écrites attestant qu’elle a « fait  tout son possible pour le convaincre de cesser sa grève de la faim, en  l’informant notamment de la décision concernant sa réinscription à  l’Université, mais en vain », comme elle l’a affirmé dans son communiqué relayé par la MAP.
Ce qui est étrange, c’est que le ministère de la Santé ait attendu deux jours pour imputer le décès à « la persistance du détenu … à  poursuivre une grève de la faim de plus de deux mois », qu’il est allé « jusqu’à refuser de recevoir le sérum et que « les complications » intervenues « ont compromis toute chance de le sauver». 
Soit, mais qu’a-t-il réellement été fait pour le dissuader d’aller vers une mort qui semblait certaine ? N’aurait-il pas été plus simple et plus raisonnable de lui notifier préalablement et si possible par écrit son inscription à la Faculté à laquelle il semblait tenir plus qu’à sa propre vie ?

Mardi 19 Août 2014

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