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Mohamed Mouftakir Roi des trophées

Une comédie sociale à 50% autobiographique




«L'orchestre des aveugles»  vient
de rafler trois Prix au Festival
 international du film de Bruxelles.
«Un honneur et une fierté» pour
 son réalisateur, un homme au talent
immense et au sourire subtil.
 
Après l’Etalon d’or, le plus prestigieux Prix du cinéma africain, le Grand prix du Festival d'Oran et celui du Festival de cinéma africain de Khouribga, «L'orchestre des aveugles» du réalisateur marocain Mohamed Mouftakir  vient de rafler trois Prix au premier Festival international du film de Bruxelles (FIFB), qui a pris fin, le 20 novembre courant dans la capitale belge. Le long métrage a, en effet, remporté le Prix du meilleur réalisateur et ceux des meilleurs acteurs attribués ex aequo à Younes Megri et Ilyas El Jihani. Dans une déclaration à la presse, le réalisateur s'est réjoui de cette distinction qui constitue pour lui «un honneur et une fierté». Pascal Diot, président du FIFB a, quant à lui, estimé que la cinématographie marocaine était en pleine transition». «On voit aujourd’hui que des jeunes sont de plus en plus attirés par des films commerciaux et des comédies», a-t-il dit, ajoutant que «le festival a voulu également montrer que le Royaume était véritablement en train de bouger».
La directrice artistique du FIFB, Nabila Belkacem a, elle aussi, justifié ce choix par le développement du cinéma marocain en plus du souci de la diversité. «Au Maroc, il y a une grosse production de films par rapport aux autres pays du Maghreb et «de plus en plus d’acteurs marocains reçoivent des prix à l’international», a-t-elle précisé. Elle a, d’autre part, indiqué que ce festival se veut un hymne à la diversité et que la très importante communauté marocaine en Belgique est en droit de voir son pays d’origine représenté dans un festival de cinéma.
«L'orchestre des aveugles» était en compétition au festival bruxellois en sélection officielle aux côtés des films iranien ''Today'', algérien ''Le puits'', japonais ''The pearls of the stone man'' et le vainqueur du prix de la compétition internationale, le long métrage philippin "Bambanti".
 Pour ce qui est du jury qui a départagé les films en lice, il était présidé par le comédien américain Holt McCallany, et se composait de l'actrice belgo-albanaise Flonja Kodheli, de l'auteure, productrice et réalisatrice américaine Jade Bryan et du scénariste et réalisateur français Jérôme Bonnell.
Notons, par ailleurs, que «L’orchestre des aveugles» a également été consacré lors de la dernière édition du Festival national du film de Tanger qui lui a attribué le Prix de la réalisation et celui de la musique originale et il a même été le seul film marocain présent en compétition officielle lors du dernier Festival international du film de Marrakech. 
Le long-métrage qui est à la fois un hommage et un pardon du réalisateur à son père, où il exprime ce qu'il n'a pas pu lui dire avant sa disparition, relate l'histoire d'un orchestre populaire conduit par Hocine (Younès Megri), qui réside avec son épouse Halima (Mouna Fettou) dans la maison familiale de celle-ci, une maison animée aux personnages hauts en couleur qui vivent au rythme de l'orchestre et de ses danseuses traditionnelles. 
Les musiciens hommes de cet orchestre bien particulier sont parfois obligés de se faire passer pour des aveugles - d'où le titre du film - afin de pouvoir jouer dans les fêtes réservées aux femmes organisées par des familles marocaines conservatrices. Hocine est également le père de Mimou (Ilyas El Jihani). Il prend son rôle très à cœur et souhaite le meilleur pour son fils. 
Mais Mimou va rapidement tomber amoureux de Chama, la nouvelle bonne de leur voisine, et pour ne pas décevoir son père, il va tricher en falsifiant son bulletin de notes.  A travers ce film, Mohamed Mouftakir revient donc sur une partie de son enfance, questionnant son vécu et sa relation avec son père jusqu'à sa mort survenue alors qu'il avait 11 ans. «Il s'agit d'une comédie sociale à 50% autobiographique», comme nous l’explique le réalisateur.
Notons, dans un tout autre registre, que le Festival international du film de Bruxelles, prévu initialement du 17 au 21 novembre, a dû se clôturer prématurément le 20, suite à une menace terroriste. La séance de clôture programmée pour le 21 a, en effet, été annulée à l'instar de nombreuses activités artistiques dans la capitale belge où le niveau d'alerte terroriste a été relevé à 4. L'équipe du FIFB a, par ailleurs, tenu à remercier le public de s'être déplacé dans les salles pour assister aux projections malgré le climat tendu.

Mehdi Ouassat
Jeudi 26 Novembre 2015

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