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Mohamed El Baradeï démissionne de son poste de vice-président après les violences policières en Egypte

La dispersion meurtrière au Caire a fait plus de 400 victimes pour la majorité des civils




Mohamed El Baradeï démissionne de son poste de vice-président après les violences policières en Egypte
Les violences qui ont éclaté en Egypte pendant et après l'assaut des forces de sécurité contre deux campements des partisans du président déchu Mohamed Morsi, mercredi au Caire, ont fait au moins 421 morts dans l'ensemble du pays, a annoncé jeudi le ministère de la Santé.
Le précédent bilan officiel faisait état d'environ 300 morts, dont 43 policiers.
Les Frères musulmans dont est issu Mohamed Morsi, renversé par l'armée le 3 juillet, ont appelé jeudi à la poursuite des manifestations contre le "coup d'Etat militaire".
L'intervention sanglante des forces de sécurité contre les rassemblements des Frères musulmans en Egypte a ébranlé la coalition dite libérale ayant soutenu le renversement de Mohamed Morsi par l'armée.
Mohamed ElBaradeï a démissionné de son poste de vice-président mercredi pour "ne pas porter la responsabilité de la moindre goutte de sang" versée mais aucun autre responsable libéral au sein du pouvoir intérimaire mis en place par l'armée après la destitution du président islamiste le 3 juillet n'a suivi son exemple.
Dans sa lettre de démission remise au chef de l'Etat par intérim Adli Mansour, Mohamed ElBaradeï écrit: "Les bénéficiaires de ce qui s'est passé aujourd'hui sont ceux qui appellent à la violence et au terrorisme et les groupes les plus extrémistes."
Co-dirigeant du Front de salut national (FSN), coalition disparate hostile aux Frères musulmans, Mohamed ElBaradeï a apporté une caution libérale au renversement par l'armée du président démocratiquement élu Mohamed Morsi, issu de la confrérie islamiste. D'autres personnalités libérales ont cependant choisi de rester, au moins pour le moment, au sein du gouvernement intérimaire mis en place par l'armée malgré les morts recensés mercredi par les autorités. Certains semblent toutefois avoir engagé un examen de conscience.
Autre personnalité éminente du FSN, Ziad Bahaa El Dine a déclaré qu'il n'avait pas renoncé à ses fonctions de vice-Premier ministre mais il a refusé d'en dire davantage sur la situation politique actuelle.
Mohamed Aboulghar, qui dirige le Parti social-démocrate dont est issu Ziad Bahaa El Dine, a assuré qu'aucun membre du gouvernement ne démissionnerait.
De sources militaires et diplomatiques, on rapporte que Mohamed ElBaradeï avait clairement prévenu qu'il ne resterait pas en poste en cas d'usage de la force contre les manifestants pro-Morsi.
Le FSN, qui rassemble six partis, est l'une des rares forces politiques issues de la société civile toujours tolérées après la répression engagée contre les Frères musulmans, vainqueurs de toutes les élections organisées après la chute en février 2011 d'Hosni Moubarak à l'issue d'un soulèvement populaire.  Dans un communiqué, le FSN a réitéré son soutien au gouvernement et dit ne pas avoir été informé au préalable de la démission de Mohamed ElBaradeï.
Le mouvement Tamarod a quant à lui accusé Mohamed ElBaradeï de "fuir ses responsabilités".
L'activiste islamiste indépendant Abdel Rahman Youssef a en revanche salué le geste de Mohamed ElBaradeï dans un message publié sur Twitter: "Vous êtes la conscience de ce peuple".

Le Maroc exprime son émotion et sa consternation

A la suite des informations faisant état de la mort d'un grand nombre de manifestants égyptiens au Caire, le Maroc exprime son émotion et sa consternation et déplore les pertes en vies humaines, indique mercredi un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération.
 Le Maroc, poursuit le communiqué, estime que "seul le dialogue peut amener toutes les parties à dégager les compromis nécessaires à une solution politique, mues par l'intérêt supérieur du peuple égyptien".
 Le Maroc exprime, " en ces moments difficiles, sa solidarité avec le peuple égyptien et forme le souhait de voir ce grand pays frère retrouver rapidement et souverainement la voie de la stabilité politique et de la paix sociale", ajoute la même source.

Mise en place d'une cellule de communication

L'ambassade du Maroc au Caire a annoncé, jeudi, la mise en place d'une cellule de communication avec les membres de la communauté marocaine en Egypte en vue de suivre leur situation dans le contexte des événements que connait ce pays.
La cellule assurera, à partir du siège de la chancellerie, le suivi de la situation des membres de la communauté marocaine, a dit l'ambassade dans un communiqué, ajoutant que des numéros de téléphone ont été mis à la disposition des Marocains résidant en Egypte.
Suite aux violences qui se sont éclatées mercredi au Caire et dans d'autres villes égyptiennes, les autorités de ce pays ont déclaré l'état d'urgence et décrété un couvre-feu.

Reuters
Vendredi 16 Août 2013

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