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Mister You, un rappeur confirmé au parcours unique


“L’éducation que j’ai reçue ne me permet en aucun cas d’oublier mes origines marocaines”



Mister You, un rappeur confirmé au parcours unique
 
Mister You, de son vrai nom Younès Latifi, est un rappeur franco-marocain au parcours unique. Son ascension n’a pas d’égal dans l’histoire du rap en France. De son incarcération, précédée d’une cavale mythique, jusqu’à la consécration au sommet des charts, le rappeur parisien a côtoyé les extrêmes.
Certifié disque de platine avec son premier album «Dans ma grotte», enrichi par ses expériences personnelles et arrivé à maturité sur le plan artistique, Mister You semble fin prêt à siéger sur le trône de sa discipline : le rap.  
De passage en Algérie, où il a brillé de mille feux, dans le cadre du 36ème  Festival international de Timgad, qui s’est déroulé du 2 au 9 août courant,  notre rappeur a déclaré dans un entretien accordé au portail algérien «elmoudjahid.com», que Cheb Hassni a beaucoup influencé sa carrière musicale  «C’est un grand artiste, paix à son âme, que j’ai beaucoup écouté durant mon enfance, mon adolescence et ma jeunesse, et je ressens l’histoire tragique qui lui est arrivée qui m’avait beaucoup touché. Mes grands frères l’écoutaient et à chaque fois que je l’entends, c’est la nostalgie de mes premiers rêves qui revient », dit-il. Et de poursuivre :« J’ai une culture musicale trop basée au Maroc et au Maghreb en général. Cheb Hassni a bercé toute ma jeunesse, ça détend quand je respire la musique maghrébine. D’ailleurs, on m’a déjà fait la remarque sur le fait que je chante beaucoup de chansons d’amour. Et j’avoue que le fait d’avoir trop écouté Cheb Hassni dans ma jeunesse m’a amené à suivre ce courant».
Questionné sur sa manière de choisir les sujets qu’il aborde, Mister You a affirmé que cela varie selon les humeurs du jour :« Si je suis amoureux, je parle d’amour ; quand je suis triste, je parle de tristesse ; quand je suis énervé, mes paroles sont acerbes. Je suis souvent catalogué comme étant un rappeur qui fait dans la dérision ; j’essaye de trouver un côté dérisoire dans tout ce que je fais et de ne pas trop prendre les choses au sérieux». 
Quant à  ses liens renforcés et son attachement profond au Maroc, son pays d’origine, l’artiste a dit qu’il a reçu une éducation qui ne lui permet en aucun cas d’oublier ses origines : « Je suis d’origine marocaine, je suis né en France et je porte la nationalité française, mais quand je me regarde dans le miroir, je me sens Marocain, même très Marocain. Je n’oublie pas mes racines, Dieu merci, ce sont mes parents qui m’ont éduqué, de façon à ne jamais oublier mes origines », affirme-t-il.
Interrogé sur ses chansons en langue arabe, alors que ses albums sont produits en France, Mister You affirme sans ambages que tout a commencé avec un morceau enregistré pour s’amuser entre copains.  «Il y a plusieurs années, poursuit-il,  j’ai essayé un morceau pour le fun en marocain, et j’ai vu qu’il a eu un bon écho au Maroc. Quand je me rendais là-bas, on me disait qu’on raffole de mes chansons, mais qu’on n’y comprend rien quand je chante en français. Et à partir de là, j’ai poussé encore plus loin en faisant des morceaux en algérien et en tunisien, et à chaque fois je tente de nouveaux challenges ».
En ce qui concerne les moments difficiles que Mister You a traversés, durant sa jeunesse, et les problèmes qu’il avait eus avec  la justice française, depuis ses mois de cavale à son incarcération, l’artiste a avoué que son public a été son seul sauveur. « Je ne sais pas comment le remercier, dit-il, si ce n’est en lui donnant à chaque fois tout ce que je peux sur scène, en écrivant avec sincérité et en essayant de composer des morceaux qui le représentent ».
A propos de l’émigration des Maghrébins en Europe, le rappeur franco-marocain a identifié le rêve de ces jeunes Maghrébins d’immigrer en Europe à celui des Européens avec le rêve américain. «C’est comme parler de cet Européen qui a le rêve américain, c’est de s’imaginer vivre dans un eldorado. Mais souvent, ce n’est pas le cas. Moi qui ai grandi en France et étant d’origine maghrébine, j’ai vu beaucoup de jeunes arriver en France à la conquête de la belle vie, des jeunes qui ont délaissé leurs familles et amis, et qui hélas, assistent à la désillusion. Ils se retrouvent sans papiers, ni maison, ni travail, c’est la misère totale. Mieux vaut rester dans son pays avec les siens, entouré des gens qui vous aiment », conclut-il.
 


Mehdi Ouassat
Jeudi 14 Août 2014

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