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Mahia: eau-de-vie ou de mort ?




Il ne passe un jour sans que l’on entende parler, ici et là, de crimes suite à l’usage de la mahia et des barbituriques. Ce phénomène prend de nos jours des proportions alarmantes et mine notre société dans ce qu’elle a de plus prometteur : les jeunes.
Certes, les barbituriques existent depuis longtemps, mais leur usage était très limité et ne donnait pas lieu à des actes criminels. L’eau-de-vie (mahia) est, par contre, un phénomène récent qui touche pratiquement toutes les villes et les régions du Maroc. Pour les connaisseurs, cette boisson alcoolisée appelée communément « mahia » n’a absolument rien à voir avec la véritable eau-de-vie du même nom. C’est une alchimie assez drôle composée d’alcool à brûler et d’adjuvants chimiques anisés. Aussi, son prix très bas attire-t-il les accros et des   jeunes désoeuvrés ; ces jeunes  qu’on rencontre à la sortie des supermarchés et qui quémandent de l’argent avant de se ruer  au rayon des alcools pour se procurer cette calamité.
Les commissariats et les tribunaux sont débordés par les affaires de crimes et d’agressions liées à la mahia et aux psychotropes. Et à chaque fois, c’est le même refrain. Les mis en cause ne se souviennent de rien, mahia oblige !
De mémoire, on n’avait jamais entendu parler d’autant de violence contre les ascendants. Aujourd’hui, les crimes contre les parents ne se comptent plus, pas plus que les actes d’inceste, les agressions sexuelles et les agressions contre les passants. Chaque jour apporte son lot de drames. Les agressions contre les passants et les automobilistes pour les délester de leurs portables et portefeuilles ne se comptent plus au point, et c’est là la gravité de la chose, qu’elles sont devenues « normales ».
A qui la faute alors ? Aux consommateurs, aux producteurs ou aux distributeurs de la mort ?
Certes, tous sont responsables mais la responsabilité des producteurs et des distributeurs est encore plus grave. Car si on arrête ou du moins on limite de façon draconienne cette calamité, on réduira à coup sûr les conséquences. Alors, imaginons qu’un jeune boit cette mahia et prend en même temps des psychotropes -  ce qui est courant malheureusement -, il faut tout simplement s’attendre à une catastrophe.
Et quand un accro n’arrive pas à se procurer de l’argent pour assouvir son vice, il faut aussi s’attendre à une catastrophe comme les braquages récents dont ont été victimes beaucoup de pharmacies. Et s’il est plus difficile de mettre fin à la contrebande notamment à la frontière d’où proviennent ces psychotropes appelés communément « karkoubi », mettre fin à  la production de la mahia, la production légale s’entend, est beaucoup moins difficile. Il y aura certes de petits ateliers pour en fabriquer de façon artisanale, mais au moins, on aura limité les dégâts. Les pouvoirs publics ne semblent pas être sensibilisés sur cette question alors qu’il s’agit du sort de nos enfants. C’est une question de santé et de salut public.    
Car si les choses continuent  à ce rythme, il  faudra s’attendre à plus de crimes, d’actes d’inceste, d’agressions sexuelles et à plus d’agressions contre les citoyens.
Alors, tentons d’arrêter le massacre.

Abdeslam KHATIB
Vendredi 5 Mars 2010

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