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Madrid impute la recrudescence des flux migratoires à Rabat




Madrid impute la recrudescence des flux migratoires à Rabat
Les autorités espagnoles ont accusé, ces derniers jours, le Maroc de baisser le niveau de sa vigilance dans les côtes du Nord notamment à Tanger, ce qui explique, selon elles, l’avalanche de pateras sur les côtes de Cadix au début de cette semaine.
Cette thèse a été relayée à plusieurs reprises par les médias espagnols. Le quotidien El Pais a ainsi écrit, hier, que « les membres du sauvetage maritime, la Guardia civil sur le terrain et les experts de la Croix-Rouge confirment que le Maroc avait baissé sa vigilance dans les plages de Tanger les lundi et mardi ». La même source a ajouté que « ce fait peut expliquer qu’en deux jours 1300 immigrés ont décidé de prendre la mer à bord de plus d’une centaine d’embarcations de fortune sans que la gendarmerie ni la marine marocaine n’interviennent pour les intercepter. Ce chiffre constitue un record sans précédent, car on n’a jamais assisté à une telle avalanche de pateras sur les côtes de Cadix ».
El Pais a évoqué par la suite le mea culpa  du ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, qui aurait admis, selon le journal, l’existence de « dysfonctionnements » qu’il œuvrera à rectifier « rapidement ». Cet aveu confirmerait, selon le quotidien « les soupçons » des autorités espagnoles. « Au moment où Hassad faisait son mea culpa, les patrouilles marocaines effectuaient plusieurs sorties en haute mer, chose qu’elles avaient évité de faire ces deux derniers jours », a souligné El Pais en précisant que les autorités marocaines avaient intercepté trois pateras lors de ces opérations de contrôle.
Les Espagnols ne connaissent toujours pas les « raisons » qui ont poussé les autorités marocaines à  baisser le niveau de vigilance des forces de l’ordre les lundi et mardi. Ainsi, l’agence espagnole EFE a-t-elle affirmé que le ministre de l’Intérieur n’aurait pas précisé la nature desdits «  dysfonctionnements » et que des sources proches de la coordination policière maroco-espagnole ont affirmé qu’ «elles ne connaissaient pas les raisons exactes de ce qui s’est passé», tout en confirmant, chose étrange, que « les contacts entre les deux parties se poursuivaient et qu’ils n’avaient pas été interrompus par l’avalanche de pateras».
Pour sa part, El Pais a avancé une thèse qui peut expliquer ce qui s’est passé ces derniers jours. Citant des sources policières, le journal a soutenu que le Maroc avait décidé d’agir ainsi pour « manifester son mécontentement  au sujet de l’enquête diligentée par le juge de Mellilia, Emilio Lamo de Espinosa » suite à une plainte déposée par l’Association Andalucia Acoge, la Fédération SOS Racisme et Prodein Melilla. 
Ces ONG, rappelle-t-on, se sont basées sur une vidéo filmée le 18 juin et diffusée par une association espagnole, montrant les Forces auxiliaires marocaines en train de tabasser un migrant sous le regard complice des éléments de la Guardia civil qui  suivaient la situation depuis leur voiture.

Mourad Tabet
Vendredi 15 Août 2014

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