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Les vaticinations des indépendantistes catalans

Provocation d’une crise institutionnelle ou renoncement à une consultation tel est le dilemme




Les vaticinations des indépendantistes catalans
Un pas en avant et un de côté, comme pour la sardana, danse typique de Catalogne. Le gouvernement catalan avance avec prudence ses pions à six semaines d'un référendum sur l'indépendance de la région jugé anticonstitutionnel par Madrid. Artur Mas, son président, est pris en étau entre les menaces de Madrid, qui pourrait prendre des mesures de rétorsion contre les fonctionnaires catalans payés par l'Etat et impliqués dans des actes préparatoires du référendum, et les siens, en particulier les plus radicaux, qui prônent la désobéissance civile.
Lundi, le Tribunal constitutionnel, saisi en urgence par Madrid, a suspendu la loi régionale et le décret permettant d'organiser un référendum en Catalogne le 9 novembre afin de savoir si ses habitants souhaitent vivre dans un Etat indépendant, deux jours après la signature du décret par Artur Mas.  Mardi, les indépendantistes ont mobilisé des milliers de personnes dans les villes de la région de 7,5 millions d'habitants, l'une des plus puissantes d'Espagne et des plus riches, pour montrer leur force.
Mais, d'un point de vue institutionnel, l'exécutif de Catalogne en a tiré les conséquences, suspendant la campagne de publicité qu'il avait organisée en vue de la consultation, un acte qui aurait pu être jugé illégal par Madrid. Non sans un vif débat en son sein même, selon plusieurs journaux espagnols. 
Artur Mas, en même temps, tente de donner des assurances aux plus durs de son camp. Ainsi, mercredi ses services ont-ils formellement contesté devant le tribunal constitutionnel la suspension ordonnée dans l'attente d'une décision sur le fond, qui doit intervenir au plus tard dans cinq mois. 
Mercredi, le Parlement catalan a aussi validé la composition d'une commission électorale en vue de la consultation, ce qui a donné lieu à une controverse entre députés du Parti populaire (PP, conservateur au pouvoir à Madrid) et les indépendantistes, les premiers assurant que cet acte du Parlement, préparatoire du scrutin, est illégal. Mais là encore, aucun décret du gouvernement n'a pour l'instant mis cette commission en service, sauvant les apparences de légalité selon la Generalitat, l'exécutif catalan.
Le gouvernement de M. Mas, qui a réservé un budget de 8,9 millions d'euros pour le référendum, se refuse à livrer la date limite de démarrage des véritables actes d'organisation logistique du scrutin, mais de toute évidence, il devra tôt ou tard se décider: basculer dans l'illégalité en allant de l'avant et provoquer une crise institutionnelle sans précédent depuis l'avènement de la démocratie en Espagne, ou renoncer à une consultation en bonne et due forme le 9 novembre. 
 

AFP
Vendredi 3 Octobre 2014

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