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Les usagers des taxis ballottés entre les promesses des autorités et les augmentations des tarifs




Les usagers des taxis ballottés entre les promesses des autorités et les augmentations des tarifs
Mauvaise nouvelle pour les usagers de petits taxis. Une semaine après les déclarations du ministre Mohamed El Ouafa, affirmant qu’il n’y aurait pas d’augmentations à la veille du mois sacré de Ramadan, les utilisateurs de petits taxis ont été surpris, mercredi 4 juin, par les tarifs qui ont été revus à la hausse dans certaines villes du Royaume. L’inquiétude s’est généralisée au sein des ONG et des association de protection des consommateurs, à cause de ces dernières hausses décidées, de manière unilatérale, par certains professionnels du secteur. 
Dans  un communiqué parvenu à la rédaction de Libé, l’Association marocaine pour la protection et l’orientation des consommateurs (AMPOC) de Sidi Ifni s’inquiète des nouvelles augmentations décidées, ce mercredi 4 juin, par les chauffeurs de petits taxis de la ville, défiant ainsi les autorités locales qui ont mis en garde contre toute tentative d’augmenter les tarifs des taxis (rouge et blanc)
«Cette décision continue de faire des mécontents à Sidi Ifni. A l’Association, on a reçu plusieurs plaintes des citoyens qui déplorent ces nouvelles augmentations que les chauffeurs de taxis viennent de décider de façon unilatérale, sans suivre les procédures légales en vigueur dans ce secteur», indique-t-on à  l’AMPOC. «Ces nouvelles hausses viennent s’ajouter aux augmentations ayant déjà touché des produits alimentaires de grande consommation, il y a quelques jours. Sachant que l’on s’attend aussi à ce que d’autres produits vont voir leur prix grimper. C’est dire que le pouvoir d’achat des consommateurs va continuer davantage à s’amenuiser», lance-t-on à l’Association, qui appelle les responsables à intervenir pour  prendre les mesures nécessaires à même de protéger les consommateurs. 
La ville de Sidi Ifni ne fait pas exception. Selon des voix associatives, plusieurs villes  ont connu des augmentations de tarif des taxis. A Casablanca, pour ne citer que la capitale économique, dans certains quartiers, malgré un communiqué diffusé, le 28 mai dernier, par la wilaya du Grand Casablanca, qui met en garde contre toute hausse des tarifs de taxis ( rouge et blanc), certains chauffeurs de taxis blancs n’ont pas hésité à augmenter leurs tarifs, de manière unilatérale. A Sidi Bernoussi, par exemple, des citoyens approchés par Libé ont affirmé qu’ils ont payé 5 dirhams (au lieu de 4,5 dirhams) à un chauffeur de taxi blanc, il y a deux jours. Une augmentation qui est considérée illégale, selon le document de la wilaya. « Les tarifs des petits et grands taxis sont soumis à la décision du wali du Grand Casablanca  (N° 272 du 27 juin 2012). Et toute tentative d’augmenter les tarifs actuels du petit et grand taxi est considéré comme illégalle. Les chauffeurs et propriétaires de taxis violant la loi feront  l’objet de sanctions conformément aux lois régissant le secteur», lit-on dans le communiqué de la wilaya, dont Libé détient copie. 
Contacté par Libé, Mustapha Chaoune, secrétaire général du Syndicat marocain des professionnels du transport déclare que «les augmentations ayant été décidées dernièrement par certains chauffeurs de taxis ne sont pas légales. Elles sont décidées de façon unilatérale par certains chauffeurs en l’absence de toute concertations avec les associations et fédérations représentant le secteur».  Mais, le syndicaliste ne manque pas de souligner que « les professionnels souffrent actuellement de difficultés importantes et ce, depuis l’application, en septembre dernier, du système d’indexation des prix du carburant ayant été revu à la hausse ». « Après l’application de ce système, le gouvernement avait décidé d’allouer un montant de 50 millions de dirhams pour subventionner les professionnels de ce secteur. Cela a même été prévu dans le cadre de la loi de Finances de 2014. Mais à ce jour, on n’a pas encore bénéficié de cette subvention dont les procédures d’allocation sont très compliquées, voire impossibles à mettre à exécution», soutient-il. 
Notre interlocuteur, qui prévient que les professionnels ne vont pas baisser les bras, annonce que «depuis quelques jours, les professionnels du transport multiplient les réunions pour décider des actions à entreprendre en vue de défendre les intérêts de leur secteur». Il ajoute que plusieurs pistes sont envisageables. «Lors de notre dernière réunion, certains ont opté pour une grève nationale pour dénoncer les augmentations du carburant, qui n’ont pas été répercutées sur les tarifs des taxis». Mais, il y a aussi une autre option, celle de poursuivre en justice le gouvernement  Benkirane, lequel refuse toujours de tenir ses promesses, à savoir son engagement d’octroyer au secteur des petits et grands taxis, un montant de 50 millions de dirhams à titre d’aide aux professionnels qui n’ont pas encore répercuté la hausse du gasoil sur leurs tarifs». Cela promet un été social terriblement chaud.

Naîma Cherii
Mardi 10 Juin 2014

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