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Les oubliées de l’allocation des veuves sont légion

Le flou des critères d’éligibilité et le manque de personnel dédié augurent de l’échec du dispositif gouvernemental




Les oubliées de l’allocation des veuves sont légion
16.000 est le nombre de dossiers déposés au titre de l'allocation pour les veuves en situation de précarité ayant à charge des enfants scolarisés, a révélé  avant-hier  Bassima Hakkaoui en réponse à une question orale du Groupe socialiste à la Chambre des représentants. La ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social a également annoncé la tenue de 26 réunions des commissions provinciales permanentes chargées de trancher les demandes d’aide et d’établir des listes de veuves éligibles ou non-éligibles devant être adressées à la commission centrale chargée, entre autres, d’établir la liste finale.
Cependant, la ministre n’a pas jugé utile d’aborder les vraies questions que suscite ce dispositif et qui risquent de remettre en cause son avancement.  D’abord, les critères d’éligibilité.  Plusieurs observateurs se demandent pourquoi cette allocation s’est limitée aux seules femmes veuves et non aux mères-célibataires, aux femmes délaissées par leurs maris ou aux femmes mariées ayant la charge d’enfants en situation de handicap ? 
 La question des critères d’éligibilité pose une autre interrogation, à savoir celle de savoir pourquoi le gouvernement s’est basé sur l’obtention de la carte  RAMED comme critère sachant que cette condition est sujette à controverse.  En effet, les observateurs n’ont pas cessé d’appeler à la révision de ces conditions, d’autant plus que la pratique a démontré que certaines d’entre elles sont absurdes. A titre d’exemple, celle relative à la pauvreté qui se base sur des considérations qui n’ont rien à voir avec la réalité et qui diffère radicalement en passant des zones urbaines au milieu rural. «Aujourd’hui, la tendance est d’octroyer  la carte à n’importe quel demandeur sans vérifier s’il remplit ou non les conditions exigées. De telle sorte que dans certaines préfectures aucun dossier déposé n’a été rejeté», nous a précisé une source sous le sceau de l’anonymat. 
Autres questions et non des moindres : comment le gouvernement compte-t-il gérer ce dossier avec une seule commission centrale qui doit trancher les conclusions de plus de 90 commissions provinciales permanentes ? Comment compte-t-il garantir la fluidité et le bon déroulement de cette opération ? Et qu’en est-il  des ressources humaines mobilisées spécialement pour faire avancer ce dispositif ? Pour certaines sources contactées par nos soins, le côté ressources humaines fera tache noire. En fait, il y a un manque criant à ce niveau. Ce sont les fonctionnaires chargés du RAMED qui sont habilités à mener cette mission.   Des fonctionnaires qui ne savent pas où se donner de la tête. Ceci d’autant plus que les cellules chargées des dossiers RAMED n’ont pas encore été promues en vrais services », nous a confié une source avant d’ajouter : « Aujourd’hui, ce sont les adjoints et les Mokkadem qui reçoivent les dossiers au niveau des caïdats et des annexes administratives faute de fonctionnaires dédiés  et cela en dit long sur les chances de réussite de ce dispositif ».    

Hassan Bentaleb
Jeudi 23 Avril 2015

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