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Les intellectuels réclament le passage “du Makhzen à l’Etat”




Les intellectuels ne veulent pas se tenir à l’écart de la nouvelle dynamique au rythme de laquelle vit la société marocaine. Loin s’en faut. Ils s’en mêlent. Et de quelle manière ! Un manifeste pour la démocratie. Une sorte d’appel qui braque les projecteurs sur les principaux chantiers à investir pour entreprendre le passage du « Makhzen à l’Etat ». Souvent pointés du doigt à cause d’un éventuel «mutisme», les intellectuels marocains dont des poètes, romanciers, sociologues, linguistes, anthropologues, critiques, philosophes, universitaires, économistes… sont sortis exprimer leur conception d’un Maroc nouveau. Mohamed Berrada, Ahmed Khamlichi, Mohamed Achaâri, Mohamed Sabila, Abdessamad Dyalmi, Abdellah Hammoudi, Mohamed Guessous, Mohamed Said Saâdi, Salem Yaffout, Abdelilah Belkziz, Ahmed Madini, Mohamed Bennis et d’autres appellent à Maroc démocratique, fort des principes de l’équité, de la séparation des pouvoirs, de la liberté d’expression, de la justice sociale…et aussi à un Maroc où la culture doit trouver une place de choix.
Ce qui marque cette sortie des intellectuels, c’est aussi ces détails développés au sujet de principes majeurs, concernant notamment «les grands objectifs de la réforme», «l’Etat démocratique et le devoir d’investissement social », «la participation à la chose publique», «l’autorité et la domination», «la citoyenneté », « l’autorité civile et la légitimité populaire », « partage du pouvoir et séparation des pouvoirs », « la religion et l’Etat », « la langue et l’appartenance », « la monarchie et le Roi».
Mais, en tête des idées force de ce manifeste pour la démocratie, l’on peut citer la monarchie parlementaire qui permettra à «l’institution Royale, incarnation de la souveraineté nationale, d’assurer la continuité de l’Etat». Le manifeste appelle ainsi à traduire constitutionnellement le discours du 9 mars qui exprime cette tendance vers une jurisprudence ouverte. La nouvelle Constitution, selon le manifeste, devrait ainsi mettre fin à cette suprématie constitutionnelle, « laquelle n’a connu sur le fond aucun changement notoire dans le texte de la Constitution de 1962, ni dans les réformes qui suivront jusqu’à aujourd’hui».   
Par ailleurs, les intellectuels marocains ont mis le doigt sur les disparités et distorsions qui étouffent la société marocaine, non seulement au niveau de la répartition inégale des richesses, mais également sur le plan des indicateurs de la scolarisation, l’accès aux services de santé, électricité, eau potable, emploi, logement, entre autres…
Pour les intellectuels marocains, le Mouvement du 20 février a souligné les points saillants à corriger, en clamant le slogan « A bas le népotisme, la corruption, la dépravation…», estimant qu’il s’agit de la principale introduction à la réforme   et au changement. Lesquels passent  inéluctablement par la fin de ce mariage «illicite» entre pouvoir politique et pouvoir économique et financier, pur produit du système makhzénien, concluent-ils.

Mustapha Elouizi
Jeudi 9 Juin 2011

Lu 488 fois


1.Posté par fouad le 09/06/2011 10:59 (depuis mobile)
...ils ont été lents...á se manifester...par manifeste...

2.Posté par naji diouri le 09/06/2011 14:04
alors il faudrait supprimer les postes du wali, gouverneur, caid et moqadem. le ministère de l'interieur dépendrait directement du 1 er ministre en sa qualité de chef d'état
le mieux serait une autonomie régionale ou fédérale et les autorités locales seraient issues des urnes pour créer une notion de concurrence entre partis politiques et les inciter à faire mieux le tout serait sous control du gouvernement central, un peu à l'image d'Espagne ou d'Allemagne quant à la justice, le model américain que nous avons connu par l'affaire DSK semble le meilleur, tout le monde trouve son compte
la défense nationale, les affaires islamiques et les fortes décisions en rapport avec l'integrité du territoire national resteront dans les pouvoirs du souverains

3.Posté par M. Alaoui Yazidi le 09/06/2011 20:56

A la bonne heure ! Nos intellectuels ont mis du temps pour faire front commn; et, rédiger ce manifeste. Cependant , je ne suis pas d'accord sur lechoix du concept .Le terme manifeste renvoie au manifeste communiste de K. Marx, au manifeste de l'indépendance , aux quotidiens Al bayane.Ringard, il comporte en plus , des relents de communisme.J'ai relevé également l'absence tonitruante de Abdellah Laroui, de Laâbi,etc., des artistes intello, comme Seddiki et j'en passe .C'est regrettable.,
Si j'étais à leur place, j'aurais choisi ces appellations:
*Le temps de la démocratie;
*Pour un Etat citoyen;
*La démocratie, un choix salvateur;
*Pour une monarchie decomplexée;
*Ensemble, pour un Etat démocratique.
Bonne chance à nos intellos

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