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Les eurodéputés adoptent le PNR


Un nouvel outil européen de lutte contre le terrorisme



Les eurodéputés ont adopté jeudi le registre européen des données des passagers aériens, dit PNR, un nouvel outil censé permettre à l'UE de mieux lutter contre le terrorisme.
 La directive, mise sur la table en 2011 par la Commission européenne, a été votée à une large majorité (461 voix pour, 179 contre, 9 abstentions) par le Parlement européen, réuni en séance plénière à Strasbourg.
Désormais,  les transporteurs aériens sont obligés  de communiquer des données sur leurs passagers (comme leurs dates de voyages, itinéraires ou coordonnées) aux Etats européens concernés par un vol depuis ou vers un pays tiers.
 L'objectif est notamment de permettre de détecter des individus qui n'ont pas été soupçonnés de terrorisme par le passé, mais dont l'analyse des données révèle un profil suspect.
 Il appartiendra ensuite aux Etats membres d'alerter d'autres pays, si nécessaire. Ils pourront aussi demander des données PNR à d'autres, de leur propre initiative, dans le cadre d'une enquête.
 Un compromis politique sur le PNR avait été trouvé en décembre 2015 entre les négociateurs du Parlement et des Etats membres. Mais le vote du texte a ensuite pris du retard en raison de réticences des groupes parlementaires socialistes, libéraux et Verts, qui demandaient que le texte sur la protection des données personnelles soit voté en même temps.
 Le Premier ministre français Manuel Valls, qui avait appelé après les attentats de Bruxelles les eurodéputés à la "responsabilité", est venu à la rencontre de tous les groupes politiques à Strasbourg mardi, à deux jours du vote.
"Le PNR européen est un moyen supplémentaire dont nous nous dotons pour être efficaces dans la lutte contre le terrorisme mais la lutte contre le terrorisme, c'est le travail du renseignement, c'est le travail humain, ce sont de nouvelles technologies", a-t-il souligné au cours d'une conférence de presse conjointe avec le président du Parlement européen, Martin Schulz.
Tout en apportant également leur soutien au PNR, les socialistes européens (S&D) estiment pour leur part qu'il ne s'agit pas d'un "remède miracle" contre les attentats.
"La leçon la plus importante des événements tragiques de Paris et Bruxelles n'est pas que nous ne disposons pas d'assez d'informations sur les terroristes présumés mais que ces informations ne sont pas utilisées ou partagées efficacement par les agences nationales", a pointé l'eurodéputé socialiste britannique Claude Moraes.
Le groupe des Libéraux et démocrates européens a d'ailleurs annoncé mardi qu'il déposerait un amendement demandant que l'échange des informations entre les Etats membres soit obligatoire. Cet amendement pourrait obtenir le soutien d'eurodéputés socialistes et du PPE, selon des sources parlementaires.
Le groupe des Verts, qui souhaite notamment que les données des voyageurs soient conservées non pas cinq ans mais 12 mois, a pour sa part annoncé qu'il voterait contre le texte.

Libé
Vendredi 15 Avril 2016

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