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Les déshérités de l’école publique




Les déshérités  de l’école publique
Ils ont entre 6 et 10 ans. Et même plus, parfois. Ils se trouvent, chaque matin, entassés dans des salles exiguës. Une cinquantaine d’enfants par classe. Ils suffoquent … le système éducatif aussi. Ils y viennent pour apprendre… et réaliser leurs aspirations ! Même en temps de chômage parmi les diplômés, l’on continue d’y croire malgré une conjoncture difficile. Pour les encourager, on leur donne les derniers exemples d’une réussite éclatante.
A l’entrée de leur école, un graphiste chevronné avait tracé en rouge sur le mur de clôture : école de la réussite … Ensemble pour une école de qualité ! Des manuels distribués, des formations dispensées et des réunions tenues à longueur d’année. Le résultat est toujours le même : des classes archicombles qui ne peuvent traduire les objectifs dessinés. Un paradoxe flagrant entre discours et réalité de l’école marocaine (primaire et collège confondus).
Dans l’enceinte des écoles, le spectacle est surréaliste. Une image de ce qu’est devenue l’école publique … une école qui souffre. Tous les pédagogues modernes soulignent que la qualité nécessite un certain nombre de conditions à remplir dont le choix de l’espace immédiat et environnant … Il doit être favorable. Et puis, le nombre d’apprenants en classe qui devrait permettre à tous de prendre part à un acte participatif de qualité. On prépare le citoyen et le responsable de demain.  
Rien de cela n’est actuellement résolu. Même les partisans de l’école publique  commencent à réaliser que le choix officiel est de se débarrasser d’un tel secteur. Un choix irréfléchi sur le plan stratégique, dans la mesure où l’on a débouché sur un enseignement à plusieurs vitesses. Les décideurs d’aujourd’hui ont leurs écoles bien connues et reconnues qu’il est difficile d’intégrer.
Les classes moyennes ont compris le jeu. Elles ont presque tranché la question : finie l’école publique, comme ascenseur social. Même certaines franges des classes à revenu modeste osent aujourd’hui s’aventurer et inscrire leurs enfants dans des écoles privées dont une grande partie ne diffère en rien de la rentabilité de l’école publique. C’est ce qu’on peut appeler : l’école publique payante.
C’est pourquoi, une certaine catégorie d’élèves, précisément celle qui s’entasse aujourd’hui dans les classes de l’école publique, n’est plus vouée à décider ni à prendre part aux grands chantiers du pays, encore moins à devenir des citoyens bien avertis … sinon à constituer un lourd fardeau.
L’âge d’or de l’école publique est donc révolu. Son sort est pitoyable. Il reflète celui d’une classe grandissante des déshérités. Il y a vingt ans, nous avions entendu quelqu’un le dire : « Notre système éducatif est bon à former des générations sans compétences requises » 

Mustapha Elouizi
Mardi 23 Septembre 2014

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